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Le Congrès américain ne votera sur l’AEUMC qu'en 2019, indique le leader républicain au Sénat

Le leader de la majorité du Sénat, Mitch McConnell, regarde en direction des journalistes.
Mitch McConnell a expliqué à Bloomberg que des contraintes logistiques expliquent le fait que le vote ne puisse avoir lieu avant la fin de l'année. Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Radio-Canada

En dépit des ultimatums lancés au Canada par le président Trump pour renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) le plus rapidement possible, le Congrès américain attendra 2019 avant de se prononcer sur le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), conclu au début du mois, a signalé mardi le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Il n'y a aucune chance que le Sénat ou la Chambre des représentants puisse se prononcer sur la nouvelle entente entre les trois partenaires commerciaux nord-américains avant la fin de l'année, a déclaré le sénateur McConnell dans une entrevue au site d'information financière Bloomberg.

L'entente négociée avec le Mexique en août dernier et à laquelle s'est joint le Canada un mois plus tard, à l'issue de pressions du président américain, est présentée par les républicains comme un important fait d'armes de son administration.

Le sénateur McConnell a invoqué des contraintes logistiques pour justifier le délai.

« Mes conseillers en matière de commerce disent qu'il est impossible de [voter sur le texte] en raison des différentes étapes que nous devons franchir. Je n'ai pas entendu dire qu'il serait possible de régler la question cette année », a-t-il soutenu.

« Il n'y a aucun doute que cette question sera en tête des priorités » l'an prochain, a souligné M. McConnell.

Certains élus républicains, dont le président de la commission financière du Sénat, Orrin Hatch, avaient réclamé un vote cette année pour éviter que l'accord ne soit soumis à l'approbation du prochain Congrès, plus précisément de la Chambre des représentants, qui risque de basculer dans le camp démocrate à l'issue des élections de mi-mandat du 6 novembre. Le nouveau Congrès siégera à partir de janvier prochain.

Bien que de nombreux démocrates aient exprimé leur appui au libre-échange avec le Canada, ils pourraient être tentés d'obtenir des concessions de la Maison-Blanche qui, avec cette entente, revendique une victoire politique.

L’AEUMC est survenue après plus d'un an de négociations, mais aussi de menaces de se retirer de l'ALENA formulées par le président Trump.

Ce dernier a d'ailleurs évacué toute référence à l'ALENA dans la nouvelle entente, la baptisant « Accord États-Unis-Mexique-Canada » et la qualifiant de « plus important accord de l'histoire américaine ».

Les détails finaux de l'accord n'ont pas encore été réglés, et les responsables espèrent qu'ils le seront d'ici la fin novembre.

La nouvelle assemblée législative du Mexique est en bonne voie de ratifier l'accord en décembre, et le gouvernement canadien prévoit de soumettre le pacte commercial à un vote de la Chambre des communes l'an prochain.

Les États-Unis lancent des négociations commerciales avec l'UE, le Japon et le Royaume-Uni

Les services du représentant américain au commerce (USTR), Robert Lighthizer, ont par ailleurs informé le Congrès que Washington avait l'intention d'ouvrir des négociations commerciales avec l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Japon en vue d'obtenir « trois accords commerciaux séparés ».

Les règles prévoient que l'administration fédérale ne peut engager de négociations que 90 jours après avoir avisé le Congrès, ce qui mènera à la mi-janvier.

Les discussions avec le Royaume-Uni ne débuteront cependant qu’après sa sortie de l'Union européenne, fixée au 29 mars 2019, selon la lettre transmise au Congrès par le USTR.

Cette annonce apparaît comme un geste d'apaisement alors que la Maison-Blanche a constamment menacé d'imposer des taxes douanières supplémentaires sur les marchandises des partenaires commerciaux américains.

L'administration Trump souligne que les États-Unis ont accusé en 2017 un déficit commercial de 55,5 milliards de dollars américains avec le Japon, dû pour une large part au secteur automobile, et de 151,4 milliards avec l'Union européenne, dont 14,2 milliards avec le Royaume-Uni.

Avec les informations de Bloomberg, CBC, AFP, et Reuters

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