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Comment parler de cannabis avec vos enfants?

Une jeune fille et un jeune garçon échangent un joint de cannabis.

Des adolescents fumant de la marijuana

Photo : getty images/istockphoto

Radio-Canada

Alors que le Canada a franchi l'étape finale vers la légalisation du cannabis, les parents sont-ils prêts à affronter cette nouvelle réalité? Devraient-ils s'asseoir avec leurs enfants pour discuter de la question? Si oui, comment?

Un texte de Marianne Meunier

Jusqu'à tout récemment, les parents avaient la loi de leur côté. Ils pouvaient interdire à leur enfant de consommer du cannabis, sous prétexte que cette drogue était illégale. Or, depuis le 17 octobre, ce n'est plus le cas. Comment faire alors pour dissuader vos enfants de ne pas consommer du cannabis, si l’argument de la légalité ne tient plus?

Selon la thérapeute et conseillère clinique Naila Alidina, les parents doivent accepter la situation. Qu’ils le veuillent ou non, le cannabis sera légal et leur enfant risque d’être tenté d’en prendre une bouffée, d'après elle. La chose à faire dans ces circonstances, dit-elle, c’est de s’assurer que les enfants sont conscients des risques liés à l’usage du cannabis.

« Il y a une façon de parler avec un enfant pour dire : " Moi, comme parent, je ne veux pas que tu l’essaies. Ce n’est pas une bonne chose, c’est mauvais pour la santé. L’utilisation de drogues, en général, ne fait pas partie de nos valeurs familiales. Si tu prends la décision de [consommer du cannabis] explore tes options », dit Naila Alidina.

Est-ce que tu vas l’essayer avec des amis proches? Est-ce que tu vas le faire dans une fête avec n’importe qui? Est-ce que tu vas le faire chez nous?

Naila Alidina, conseillère clinique en santé mentale

« Pour moi [les discussions sur le cannabis] font partie des mêmes conversations qu’on a avec les cigarettes, l’alcool et la drogue en général. C’est toujours une bonne idée d’avoir un dialogue ouvert avec les enfants », ajoute-t-elle.

Pour illustrer la réalité de certains parents, prenons comme exemple une famille saskatchewanaise au sein de laquelle grandissent deux enfants de 19 et 15 ans.

En Saskatchewan, l’âge légal pour consommer du cannabis est de 19 ans. L’aîné de la famille pourrait donc fumer à la maison en toute légalité. Comment les parents doivent-ils aborder la situation avec le jeune de 15 ans qui pourrait être tenté d’imiter son aîné?

« Si vous parlez avec un adolescent, ça peut être une conversation faite quand vous mangez, dans un espace neutre ou quand vous regardez la télévision ensemble », explique Naila Alidina.

« Il faut parler avec l’adulte de 19 ans pour savoir quel usage il fait du cannabis. Est-ce qu’il fume à la maison, devant tout le monde? Pourquoi choisit-il de consommer du cannabis? Il faut l’inclure dans la conversation », ajoute-t-elle.

En Saskatchewan, la consommation de cannabis dans les lieux publics, tels que les parcs, les garderies ou encore les écoles, est interdite. L’amende maximale imposée à une personne qui consommerait du cannabis sur le territoire d’une école est de 1400 $, en vertu de la Loi provinciale sur la réglementation du cannabis.

Les effets du cannabis sur la santé

Les centaines d’études scientifiques réalisées sur les effets du cannabis tendent à montrer que l’usage répété de cette drogue peut alimenter certaines maladies mentales telles que la dépression, les troubles anxieux et la schizophrénie.

Les jeunes consommateurs s’exposent également à un développement cérébral modifié, à des troubles cognitifs à long terme ainsi qu’à des performances scolaires moindres.

« Ce que l’on sait, c’est qu’au Canada, au cours de la dernière année, il y a eu 900 hospitalisations qui ont été précipitées par le cannabis, autant chez les enfants que chez les adolescents et les adultes », explique Richard Bélanger, clinicien chercheur au centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval, à Québec.

Toutefois, il faut mettre ces risques en perspective, dit-il. Près de 80 % des jeunes consommateurs canadiens arrêtent de fumer du cannabis après leurs études secondaires.

Difficile de dire si le nombre d’hospitalisations dues à la consommation de cannabis va augmenter après la légalisation de la drogue. Difficile aussi d'affirmer que le nombre de consommateurs de cannabis va grimper après le 17 octobre.

« D’après les données américaines des deux premiers États qui ont légalisé le cannabis en 2014, l’État de Washington et l’État du Colorado, il ne semble pas y avoir eu une hausse importante de la consommation et de la perception positive du produit », souligne Richard Bélanger.

En Saskatchewan, il est possible de cultiver jusqu’à quatre plants de cannabis par foyer. C’est le cas partout au pays, sauf au Québec et au Manitoba.

Les produits comestibles dérivés du cannabis ne deviendront toutefois pas légaux le 17 octobre, au même moment que le cannabis séché. Le gouvernement fédéral souhaite se donner encore quelques mois pour établir le cadre réglementaire entourant ces produits.

Saskatchewan

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