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  • Exclusif
  • Fumer un joint en toute impunité sur les plaines d'Abraham

    Un joint de cannabis lors du Festival d'été de Québec.
    Un joint de cannabis lors du Festival d'été de Québec Photo: Radio-Canada / Maxime Corneau

    N'en déplaise à la Ville de Québec et au maire Régis Labeaume, il sera possible de consommer du cannabis en toute légalité sur les plaines d'Abraham dès demain.

    Bien qu’elle semble pencher vers une interdiction de la substance, la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) n’a pas encore modifié sa réglementation.

    Et « à l'heure actuelle, rien dans notre réglementation n'interdit formellement le cannabis », admet Nathalie Allaire, porte-parole de la CCBN.

    « Des discussions sont en cours. La modification de notre réglementation est envisagée, mais ça ne se fait pas en criant ciseau. »

    C’est donc dire que, pour le moment, les Plaines formeront une enclave pour les consommateurs de cannabis. Ils y seront notamment à l’abri du Service de police de la Ville de Québec, qui n’y a pas juridiction.

    Impossible de sévir

    Selon Mme Allaire, la CCBN tentera de respecter l’esprit de la réglementation adoptée par la Ville de Québec, qui interdit la drogue dans tous les lieux publics.

    « Nos agents de sûreté vont intervenir, s'il y a lieu, pour demander aux gens de ne pas fumer du cannabis sur les Plaines, mais nous ne pourrons pas donner de contraventions », explique-t-elle.

    En présentant les modifications au Règlement sur la paix et le bon ordre de la Ville en prévision de l’arrivée du cannabis, le maire de Québec disait avoir eu l’assurance que la CCBN et le Port de Québec appliqueraient aussi l’interdit.

    Tant que les règlements ne sont pas modifiés, la Ville ne peut cependant « rien faire », concède Paul-Christian Nolin, attaché de presse de Régis Labeaume.

    Ce dernier envoie maintenant la balle dans le camp du député fédéral de Québec, Jean-Yves Duclos, pour qu’il clarifie la situation. « Je crois qu’il a des réponses à donner dans ce dossier », suggère M. Nolin.

    Règlement inapplicable, selon Démocratie Québec

    Pour le conseiller municipal de Démocratie Québec Jean Rousseau, le règlement que souhaite appliquer la Ville est inapplicable, et la situation sur les Plaines en est la première preuve.

    « C’est un bel exemple; déjà, le règlement est battu en brèche », dit-il.

    M. Rousseau s’était opposé à l’interdiction complète que propose la Ville. Il se range davantage aux arguments de la Santé publique, qui veut que trop de coercition nuise aux objectifs de la légalisation du cannabis.

    « Le règlement est l’expression d’une peur. C’est comme si on avait l’impression qu’il y a une armée de zombies qui allait envahir les rues et créer des dommages à la propriété. Écoutez, les gens ont leurs perceptions », déplore-t-il.

    Se refusant à banaliser la consommation du cannabis, M. Rousseau, estime néanmoins que d’appliquer les mêmes règles que pour le tabac aurait été plus raisonnable.

    Du côté du Festival d’été de Québec (FEQ), locataire des Plaines lors des concerts, aucune décision n’a encore été prise pour savoir quels règlements seront appliqués.

    Une porte-parole rappelle que le lieu est considéré comme privé une fois qu'il est loué, ce qui laisse à la direction du FEQ la latitude de décider elle-même ce qu’elle autorise ou non.

    Le cannabis était jusqu’ici interdit sur les terrains du FEQ. L’organisation dévoilera sa position au printemps.

    Avec les informations d'Olivier Lemieux

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    Justice et faits divers