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Laurent Poliquin, l’éducation sous toutes ses coutures

Un homme photographié en gros plan, Laurent Poliquin, sourit à la caméra.
Laurent Poliquin figure parmi les six candidats qui briguent un des 4 postes de commissaires de la région urbaine. Photo: Laurent poliquin
Radio-Canada

Propriétaire de sa garderie, Laurent Poliquin a aussi enseigné au primaire, au secondaire et au niveau universitaire. Il aspire maintenant à devenir, le 24 octobre, commissaire dans la région urbaine de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

La qualité de l’enseignement est ce qui interpelle le plus Laurent Poliquin, qui souhaite inscrire sa candidature dans l’action et se mettre au service des futures générations.

En vue des élections scolaires à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), les six candidats dans la région urbaine et les quatre candidats dans la région Est répondent ces jours-ci au questionnaire d’ICI Manitoba.

Qu’est-ce qui vous pousse à présenter votre candidature?

En 2014, j’ai lu un rapport qui m’a donné des frissons. Il s’agissait des résultats scolaires du Programme pancanadien d'évaluation. À l’époque, le Manitoba était la province la plus faible en science, en lecture et en mathématique. La DSFM se retrouvait au dernier rang provincial.

Heureusement, des progrès ont été réalisés depuis.

Mais la qualité de l’enseignement reste un combat de chaque instant, surtout depuis que certains acquis s’effritent, dont la perte du sous-ministre adjoint au Bureau de l’éducation française (BEF).

C’est ce qui m’interpelle le plus. Je veux m’assurer que le droit à l’éducation de chaque individu soit respecté et que chaque enfant de nos écoles apprenne à bien lire, bien écrire et bien compter.

Laurent Poliquin, candidat dans la région urbaine

Je veux également m’assurer que des programmes de très haute qualité soient mis en place afin de permettre aux différents élèves de développer leur plein potentiel, notamment les élèves qui ont des besoins spéciaux.

La réussite des élèves doit être au sommet des priorités des enseignants.

Quels sont les trois grands enjeux majeurs en ce moment à la DSFM et comment voulez-vous vous y attaquer?

Trois mots : garderie, BEF, infrastructures.

1. Garderie
Essayez de vous trouver une garderie demain matin et vous serez pris de convulsion, du moins de frustration, surtout si l’une de vos priorités est d’offrir une éducation en français à votre enfant.

La phase critique dans le développement du cerveau de l’enfant se situe dans les années préscolaires (0 à 5 ans). Pour que l’enfant soit prêt pour la maternelle dans une école française et qu’il puisse grandir au sein de sa communauté scolaire francophone, il doit être entouré de la langue française, non seulement dans le milieu familial et le milieu scolaire, mais aussi en garderie et dans les institutions sociales qui appuient son développement.

2. BEF
Le 11 juin dernier, les Partenaires en éducation ont remis au ministre responsable un deuxième rapport sur l’avenir de l’éducation en français au Manitoba.

Résultat : il y a eu un changement de ministre cet été et la communauté attend toujours une rétroaction.

Les négociations devraient reprendre sous peu, alors que le temps passe et que le Bureau de l’éducation française (BEF) est sous la responsabilité d’un sous-ministre adjoint anglophone.

Étant impliqué très tôt dans le processus de revendications, j’ai d’abord écrit au ministre de l’Éducation, signé des lettres dans La Liberté avant de déposer à la Chambre une pétition réunissant 1814 signatures de gens préoccupés par cette situation.

Je veux continuer à réclamer à la province des solutions pérennes pour l’éducation en français, telles que soulignées dans ce rapport.

3. Infrastructures
Alors que Winnipeg se développe et s’agrandit, des écoles s’ouvrent, mais pas en français.

Conséquence : des parents francophones sont tentés d’inscrire leur enfant dans des écoles d’immersion qui n’ont pas du tout la même mission de transmission culturelle et langagière que nos écoles françaises.

D’autres parents réalisent que l’école française est loin de leur demeure et choisissent pour leur enfant des écoles qui répondent au besoin de leur vie de quartier, mais qui ne sont pas en français.

Encore une fois, le temps passe, les enfants grandissent et l’action du gouvernement est à la traîne.

Laurent Poliquin, candidat dans la région urbaine

Les investissements en région pour moderniser les infrastructures se font aussi attendre. Il faut que ça cesse.

Qu’est-ce que vous apporterez comme commissaire?
Outre les enjeux mentionnés, les défis sont multiples : identité culturelle et insécurité linguistique, éducation spécialisée, petite enfance, formation postsecondaire, etc.

J’apporte plus de 20 ans d’expérience en enseignement, de la garderie (que je gère actuellement), à l’enseignement primaire, secondaire et universitaire.

Après 13 ans à l’université et cinq diplômes universitaires plus tard, je suis aussi de ceux qui croient que les commissaires d’expérience ont un rôle de transmission à jouer.

J’inscris ma candidature dans l’action et j’espère contribuer à l’avenir riche et de qualité de l’éducation de nos enfants.

Que voudriez-vous avoir accompli dans 4 ans?
Je veux contribuer à renforcer la capacité de la Commission scolaire à diriger la DSFM.

La Commission scolaire franco-manitobaine est l’institution qui décide de l'orientation de la DSFM. Nous devons former un groupe, un cercle unanime, qui dirige ses efforts vers des objectifs communs : la réussite de tous les élèves.

Nous devons également donner davantage de poids à nos décisions en communiquant de manière claire et visible avec ceux qui nous ont élus. Les candidats actuels s’en rendent bien compte, les gens connaissent peu le rôle des commissaires, alors que les décisions qui y sont prises affectent leur milieu de vie.

J’espère utiliser, avec mes collègues, la capacité dont disposent les commissaires et mettre en place un leadership clair et coordonné.

Si la communauté francophone veut récolter les fruits d’une éducation de qualité pour ses enfants, il faut rendre la CSFM plus efficace, capable de rendre des comptes concrets aux électeurs. Nous avons un rôle important à jouer. Je vais collaborer avec le ministère de l’Éducation et nos partenaires en éducation, afin d’atteindre cet objectif. Et surtout, je reste à l’écoute de la communauté.

Bloc-notes électoral

Le vote par anticipation aura lieu :

  • région est : jeudi 18 octobre, de 8 h à 20 h, au bureau divisionnaire de Lorette
  • région urbaine : vendredi 19 octobre, de 8 h à 20 h, école Précieux-Sang

Sur un plan plus personnel…

J’ai 43 ans et suis papa de trois enfants, dont un petit bonhomme de 21 mois. J’ai pris la décision d’en prendre soin à la maison et d’ouvrir un service de garderie après avoir enseigné dans une école primaire.

En 2012, j’ai déposé une thèse doctorale qui étudie les relations entre la presse écrite et la littérature pour la jeunesse et qui a été publiée aux Éditions Prise de Parole en 2017.

J’ai grandi dans un milieu où les livres étaient aussi rares que les comptes en banque. La culture aura signé l’heure de ma délivrance. La liberté commence dans les livres, dès la petite école, aussitôt que l’enfant découvre qu’une autre réalité est toujours possible, que l’imagination est la fille du rêve.

À cet effet, j’aime à citer l’humaniste et académicien Jean Guéhenno qui déclarait en 1964 que : « Tout le progrès d’un homme me semble être de passer d’une vie qu’il subit à une vie qu’il pense. » Rendre à chacun sa propre liberté et le délier d’un certain conditionnement parfois difficile à saisir.

Bloc-notes électoral

Le 24 octobre 2018, les électeurs admissibles votent dans l’école la plus proche de chez eux.

Il n’y aura pas d’élection dans les régions Sud et Nord et Ouest, où les commissaires Joël Lemoine, Denis Clément, Bernard Lesage et Antonio Simard ont été réélus sans opposition.

Manitoba

Éducation