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Élections municipales : au-delà du refuge dans le quartier Vanier

Photo : Chantal Mainville

Radio-Canada

La revitalisation du chemin Montréal, le méga refuge de l'Armée du salut, les fusillades dans le marché By sont des préoccupations évidentes qui méritent d'être débattues, mais cela ne doit pas se faire au détriment d'autres enjeux qui touchent le quartier Rideau-Vanier, estiment des intervenants qui se sont entretenus avec Radio-Canada.

Un texte d'Angie Bonenfant

Dans la Côte-de-Sable, par exemple, la transformation effrénée de résidences en maison de chambre pour étudiants constitue un véritable irritant, selon Susan Young, présidente de l’Action Côte-de-Sable, une association communautaire qui défend les intérêts des résidents.

« Ces résidences sont complètement hors d'échelle avec le reste du quartier », déplore-t-elle. « Le développement immobilier devrait être fait en fonction de notre communauté qui est diversifiée et qui n’est pas uniquement composée d’étudiants. » Elle constate, toutefois, que la Ville ouvre grande la porte à ce type d’habitation dans son quartier, sans égards au patrimoine.

La situation est particulièrement criante sur les rues qui bordent le campus de l’Université d’Ottawa. « Ce qu’on voit présentement ce sont de grosses boîtes résidentielles où il y avait, auparavant, des maisons et des petits blocs appartements », raconte Mme Young.

À qui s’adressent ces logements, se questionne-t-elle. « Ils ne sont certainement pas attrayants pour les locataires qui ne sont pas des étudiants. »

Les candidats

  • Mathieu Fleury
  • Matt Lowe
  • Thierry Harris
  • Salar Changiz

Dans la Basse-Ville d’Ottawa, la criminalité au quotidien est une véritable source de préoccupation pour les résidents du secteur, juge Matt Beutel, directeur général du Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville. C'est dans ce secteur qu'on y trouve la plus forte densité de population, un taux de criminalité cinq fois plus élevé que la moyenne et un taux d’enfants, qui vivent dans un contexte de faible revenu, trois fois plus élevé que la moyenne.

« La complexité [de ces[ enjeux augmente, soutient M. Beutel. On demande aux organismes livrant des services sociaux d'en faire de plus en plus et de travailler davantage en partenariat, avec les services policiers, par exemple, ce qui est tout à fait valable. Il sera donc important que la prochaine administration assure un appui soutenu aux services qui aident les résidents de la Basse-Ville. »

M. Beutel rappelle que les services sociaux et communautaires jouent un rôle important en matière de prévention du crime. « Si l’on veut que la Basse-Ville soit un quartier vibrant et qu’on s’attaque véritablement aux défis posés par les enjeux déjà nommés, il est primordial qu’on investisse de manière conséquente dans les programmes [de[ soutien aux résidents et pas seulement dans les services policiers », soutient-il.

Dans le secteur voisin, à Vanier, il y a des problèmes de pauvreté, certes, mais il y a aussi des localités qui vivent un boom économique intéressant, avance la directrice générale de la Zone d'amélioration commerciale, Nathalie Carrier. « On s'entend que ce qui se passe sur l'avenue Beechwood, qui est un très grand succès et qui va vers une direction qu'on aime beaucoup, ce n'est pas la même chose que les enjeux auxquels fait face le chemin Montréal », soutient-elle.

Comment correctement répondre aux préoccupations de ces deux milieux? se questionne Mme Carrier. Elle souhaite un représentant qui comprend cette situation unique à Vanier et qui propose des solutions qui soient adaptées.

Au BIA, dont le mandat est de faire du développement économique et communautaire, on mise justement sur une approche inclusive. Le but c'est d'attirer des entreprises sociales qui ont, évidemment, l'objectif de faire de l'argent, mais aussi l'ambition de contribuer à une cause sociale.

Vanier vit des problèmes de prostitution et de drogues. Plusieurs entreprises illégales de cannabis se sont installées sur les principaux chemins et, jusqu'à tout récemment, les entreprises de prêt sur salaire pullulaient. « On veut quelqu'un qui va aller chercher les services dont on a besoin, déclare Mme Carrier. Plus de services policiers et de transport en commun. »

Ce que vous devez savoir

En 2014, le conseiller sortant Mathieu Fleury l'avait largement emporté sur ses deux principaux adversaires, Marc Aubin et Catherine Fortin LeFaivre. Il avait remporté 51 % des voix. Quatre ans plus tôt, le résultat avait été plus serré. Mathieu Fleury avait été élu de justesse en remportant 45,69 % des voix alors que son adversaire Georges Bédard avait eu 44,84 % des votes.

Le transport en commun, des services de police communautaires, la revitalisation du marché By et la construction d’un méga refuge sur le chemin Montréal, à Vanier, font partie des thèmes qui ont été abordés par tous les candidats.

Quelques enjeux

1. CIRCULATION LOURDE, TOUJOURS UN ENJEU

C’est dans la Basse-Ville et dans la Côte-de-Sable qu’il y a le plus de passages de camions lourds, estime Susan Young. « C’est un problème de longue date, évalue-t-elle. Nous devrions avoir un système de péage pour que les camionneurs évaluent la pertinence de passer au centre-ville même s’ils n’ont aucune cargaison. » En bout de ligne, rappelle-t-elle, ce sont les résidents de son quartier qui doivent payer, via leurs taxes, la réparation des routes endommagées par des camions qui ne leur « rapportent absolument rien ».

2. LE REFUGE, UN ENJEU INCONTOURNABLE

Nathalie Carrier espère que le méga refuge de l'Armée du salut, tel que proposé, ne voit jamais le jour. « Nous, à Vanier, on n'a pas peur d'avoir des refuges. Cependant, on a peur d'avoir un refuge qui reflète une idéologie vieille d'il y a 20 ans au lieu d’avoir un refuge qui repose sur une idéologie scientifique », déclare-t-elle. « Ce qui est dommage dans toute cette histoire-là, c'est que les sans-abri ont plutôt besoin d’un logis, d’une place qui est à eux, pas d’une manufacture de 350 lits qui est plus grosse que le chemin Montréal. »

Mme Carrier rappelle qu'il coûte 20 000 $ par personne, par année, pour installer un sans-abri dans un logis, mais qu'il en coûte 100 000 $ pour le garder dans un refuge d'urgence. « Il faut se poser la question. Il y a des gens qui se font de l'argent là-dessus », dit-elle. D'où l'importance pour elle d'encourager, à Vanier, le développement d'entreprises sociales qui font de l'argent, mais qui contribuent aussi à une cause.

Portraits des quartiers d'Ottawa

À l'approche des élections municipales du 22 octobre, ICI Ottawa-Gatineau publiera une série d'articles sur des courses à surveiller dans la région. À Ottawa, nous vous proposerons des textes sur les six quartiers où la proportion de résidents ayant le français comme langue maternelle est supérieure à 25 %.

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