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Michael Applebaum peine à reprendre son métier de courtier immobilier

M. Applebaum sourit légèrement en marchant dans les corridors du palais de justice.
L'ex-maire Applebaum au palais de justice de Montréal, le 30 mars 2017. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson

Remis en liberté probatoire après avoir purgé le sixième de sa peine pour corruption, l'ex-maire de Montréal Michael Applebaum tente depuis plus d'un an de convaincre l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) de lui redonner le droit de pratiquer. Mais la partie est loin d'être gagnée.

L'OACIQ a d'abord refusé sa première demande de permis le 13 septembre 2017, considérant que les crimes commis par l'ancien maire « portent atteinte à l'honneur et la dignité de la profession » – une décision qui a poussé le principal intéressé à réclamer l'intervention de la Cour du Québec.

Mais lors de son retour en cour, mardi, M. Appelbaum a d'abord demandé au juge Patrick Théroux de reporter l'audition de cet appel à l'été prochain, arguant qu'il devait suivre des cours de mise à niveau et qu'il entendait déposer d'ici le 15 décembre une nouvelle requête, cette fois-ci afin d'obtenir un permis restreint de courtier immobilier agréé.

Refusant d'attendre le résultat de cette nouvelle démarche auprès de l'OACIQ, le juge Théroux a refusé le report proposé par M. Appelbaum, faisait valoir qu'il était mieux, dans l'intérêt de la justice, de procéder immédiatement.

C'est dans ce contexte – et après s'être entretenu avec son avocate – que M. Applebaum a décidé de se désister de l'appel, craignant qu'une décision défavorable du juge Théroux n'influence négativement la suite des choses.

« M. Applebaum a l'opportunité de présenter une nouvelle demande de permis, conformément aux règlements qui sont en vigueur, effectivement », a confirmé Caroline Champagne, porte-parole de l'OACIQ. « Alors s'il a des faits nouveaux à présenter, il pourra les présenter au comité de délivrance et de maintien de permis. »

Si cette nouvelle demande est déposée d'ici deux mois, comme l'a indiqué M. Applebaum mardi, le comité devrait rendre sa décision au début de 2019.

Maire pendant huit mois

M. Applebaum a dirigé la Ville de Montréal après le départ de Gérald Tremblay, de novembre 2012 jusqu'à son arrestation, le 17 juin 2013. Condamné en mars 2017 à 12 mois de prison, il a été libéré au sixième de sa peine en juin 2017.

L'ex-politicien avait travaillé comme courtier immobilier en attendant son procès. Mais son permis lui a été retiré après qu'il eut été reconnu coupable de 8 chefs d'accusation sur les 14 dont il faisait l'objet, dont fraude envers le gouvernement, complot dans le but de commettre une fraude envers le gouvernement, abus de confiance et complot dans le but de commettre un abus de confiance.

Ses conditions de libération lui imposent de chercher du travail. Or, les crimes pour lesquels M. Applebaum a été condamné n'étaient pas liés à ses fonctions d'agent immobilier, fait-il valoir.

En fait, M. Applebaum a été condamné pour avoir accepté 55 000 $ en pots-de-vin entre 2006 et 2011, à l'époque où il siégeait comme maire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, contre l'assurance que certains projets immobiliers recevraient l'aval de l'administration.

Avec la collaboration de Marc Verreault et Steve Rukavina

Grand Montréal

Justice