•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une application détecte des signes de dépression avant même que vous le réalisiez

Un homme triste consulte son téléphone. Il est assis sur le tapis de son salon consulte son cellulaire.
Une entreprise émergente a créé une application pour aider les gens souffrant de dépression. Photo: getty images/istockphoto / yacobchuk
Radio-Canada

Et si la manière dont vous tapez et faites défiler des informations sur un écran était un indice aussi révélateur qu'un test psychologique?

Quelque 45 millions d’Américains souffrent de maladies mentales, et les traitements varient d’un patient à l’autre. Mais ils ont tous, probablement, ceci en commun : un téléphone intelligent.

Une entreprise émergente de Palo Alto, en Californie, fondée par un trio de médecins, dont l’ancien directeur de l’Institut national de la santé mentale des États-Unis (US National Institute of Mental Health), tente de prouver que notre obsession de la technologie dans nos poches pourrait un jour aider à soigner la dépression, la schizophrénie, le stress post-traumatique, la bipolarité et la toxicomanie.

Mindstrong Health utilise une application pour téléphone intelligent qui évalue les facultés cognitives et la santé émotionnelle basée sur la manière dont les gens utilisent leur appareil. Une fois que le patient a téléchargé et installé l’application sur son téléphone, celle-ci surveille la manière dont les gens tapent et font défiler l’information sur leur écran lors de l’utilisation d’autres applications. Ces données sont cryptées, puis analysées à distance en utilisant l’apprentissage machine , et les résultats sont communiqués aux patients et au personnel médical.

Les multiples interactions avec un téléphone offrent des indices sur la santé mentale. Selon une étude de Mindstrong, celles-ci peuvent dénoter, par exemple, qu'un utilisateur vit une période de dépression.

Plusieurs entreprises travaillent aussi à la création d’applications, mais elles se concentrent davantage à la création de jeux pour déceler les signes de dépression. Ce qui différencie Mindstrong des autres, c’est que leur application suit l’interaction physique des utilisateurs en se concentrant non pas sur ce qu’ils font, mais sur comment ils agissent, ce qui permettrait de fournir des indices de problème de santé mentale. Leur méthode pourrait mener à une meilleure manière de déceler les maladies mentales.


Mindstrong deviendrait la première entreprise à avoir transformé le cellulaire en un objet essentiel pour détecter les signes de troubles mentaux, allant même jusqu’à les diagnostiquer avant qu’ils soient présents.

Pour l’un des fondateurs de l’entreprise, leur réussite est d’avoir trouvé un moyen d’analyser l’utilisation du cellulaire de façon à déterminer la performance cognitive d’une personne, et ce, à un niveau qui est normalement présent lorsque le patient passe de nombreux tests. L'application prélève ces données quotidiennement, en temps réel, et offre une lecture en continu du cerveau du patient. « C ’est un peu comme avoir un moniteur de glucose en permanence pour les diabétiques », dit Tom Insel, l’un des dirigeants de l’entreprise.

Ces prélèvements et la sauvegarde de ces données créent également de nombreux défis, notamment celui du respect de la vie privée. Mindstrong affirme qu’elle protège les données de ces utilisateurs, mais un bris de sécurité pourrait être fort inquiétant et nuire aux utilisateurs.

Les entreprises pourraient aussi être tentées d’utiliser l’application sur les cellulaires de leurs employés dans le cadre d’une politique de bien-être au bureau; bien entendu, personne ne voudrait que son employeur ait accès à ses données de santé mentale, et ce, malgré la promesse de sécurité en ce qui a trait à l’accès à l’information.

L’entreprise détient cinq années d’études cliniques pour confirmer sa méthode scientifique et sa technologie, et depuis mars, elle a commencé à travailler avec des patients et des médecins.

Pour l’instant, Mindstrong ne travaille qu’avec des patients souffrant de schizophrénie, de dépression et de toxicomanie, car selon l’entreprise, ceux-ci sont des utilisateurs fréquents du système de santé, mais ils n’obtiennent pas les bénéfices pour aller mieux. L’entreprise travaille également à déceler les différentes formes de dépression dans l’espoir d’améliorer les prescriptions pour de meilleurs traitements.

L’entreprise fait l’objet d’une étude de l’Université du Michigan. Les chercheurs veulent savoir si leur application pourrait aussi avoir des effets positifs sur les gens ne souffrant pas de maladie mentale, mais qui présentent un haut risque de souffrir de dépression ou de se suicider.


D’après l’article de Rachel Metz, MIT Technology Review

Techno