•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Société québécoise du cannabis prête pour la légalisation

Le reportage de Davide Gentile

Moins d'un an après avoir reçu le mandat du gouvernement Couillard de mettre sur pied une chaîne de boutiques de vente de cannabis au Québec, Alain Brunet estime avoir rempli sa mission.

Au Canada, demain sera une journée qu’on peut considérer comme historique. Premier pays du G7 à légaliser le cannabis et deuxième pays au monde à le faire, après l’Uruguay. »

Alain Brunet, président-directeur général de la Société québécoise du cannabis

Moins de 24 heures avant l’ouverture des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), son président-directeur général a expliqué que sa mission sera sociale avant toute chose.

Le concept de vente de cannabis au public, élaboré en conformité avec le projet de loi 157, sera selon lui sobre, sécuritaire et socialement acceptable.

La mission, c’est vraiment de convertir le marché noir au marché légal et c’est une mission sociale qu’on se donne.

Alain Brunet, président-directeur général de la Société québécoise du cannabis

Pas question donc de faire de la SQDC une vache à lait pour les coffres de l'État, prévient Alain Brunet, qui affirme que le mandat de la SQDC est de distribuer et vendre le cannabis de façon sécuritaire et conforme à la loi et non d'en faire la promotion.

Un tour de force

Des tablettes avec des produits du cannabis.Le cannabis présenté dans un magasin de la Société québécoise du cannabis. Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

D’un point de vue commercial, la mise sur pied d’un réseau national de succursales de vente de cannabis bien approvisionné, en moins d’un an, a été un véritable tour de force, a par ailleurs souligné Jean-François Bergeron, responsable de la mise sur pied de la SQDC.

« C’est seulement le 18 novembre dernier que le gouvernement du Québec a déposé son projet de loi légiférant la distribution et la vente du cannabis au Québec et qui mandatait par le fait même la SAQ de mettre en place un réseau de vente, un site de commerce en ligne et un réseau de distribution », a rappelé M. Bergeron.

En moins d’un an, la SQDC a ainsi dû mettre sur pied un réseau d’approvisionnement de cannabis sécuritaire et fiable, signer des contrats avec des producteurs fiables, mettre en place toutes les infrastructures commerciales, les succursales et tout le système informatique nécessaire à la réussite de l’entreprise.

Les responsables de la SQDC ont également dû faire un apprentissage accéléré des produits, de leur transport et des conditions de conservation, a ajouté Jean-François Bergeron, qui a présenté le concept des premières succursales de vente de cannabis qui ouvriront mercredi matin au Québec.

Des succursales sobres au décor dépouillé

Vue d'ensemble d'un comptoir de la SQDC.Les boutiques de la SQDC consacreront les trois quarts de leur superficie totale de 185 mètres carrés à la vente et à l'accueil. Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Dans les succursales de la SQDC, les clients devront se présenter au comptoir pour être servis. Aucun produit de cannabis ne sera en vente libre et seuls les adultes de 18 ans et plus seront admis. Un agent de sécurité sera responsable dans chaque succursale de vérifier l’âge des clients.

« On s’est préparé pour une forte affluence, concède M. Brunet. Pour commencer, les premières journées, on en a mis plus qu’un. On en a mis plusieurs pour s’assurer d’une gestion des [éventuelles] lignes d’attente. »

À l’intérieur, les clients ne verront pas les produits qui seront conservés dans des armoires. Les clients ne pourront pas non plus essayer des produits sur place. « Une fois dans l’aire de vente, c’est vraiment la question du conseil » qui sera abordée. Et pour cet aspect également, la société s'est préparée à recevoir beaucoup de monde. « On s’est assuré qu’il y ait un maximum de personnel, environ 10 à 15 personnes par magasin. »

Aucun produit ne sera par ailleurs vendu en vrac. Toute la marchandise sera emballée d’avance et scellée dans des formats et des quantités déjà établis. Comme le prévoit la loi, un client ne pourra pas se procurer plus de 30 grammes de cannabis lors de l’achat en succursale et sur le site Internet de la SQDC.

180 produits offerts

Le cannabis, quant à lui, sera vendu sous deux formes : en fleurs séchées ou en huile.

Au moins 180 produits seront offerts à terme aux consommateurs, a précisé Jean-François Bergeron, expliquant qu’environ 110 produits seront immédiatement offerts à l’ouverture des succursales. Les produits restants seront disponibles un peu plus tard.

Afin de concurrencer le marché noir, la SQDC a fixé les prix de ses produits sous la valeur du cannabis vendu dans la rue. « C’est sûr qu’on a ciblé les prix qui sont plus au niveau des prix du marché noir », confie M. Brunet.

Si la question des prix devient une barrière à l’entrée, on pourra s’ajuster.

Alain Brunet, président-directeur général de la Société québécoise du cannabis

M. Brunet convient que le processus d'obtention des permis de production est long et que les producteurs sont aujourd'hui peu nombreux pour approvisionner le pays. « Il va manquer [de cannabis], il va y avoir des ruptures. C’est pour ça qu’on a passé beaucoup de temps à sécuriser un approvisionnement », explique-t-il.

« Ça va provoquer un certain chaos à l’occasion, poursuit-il. C’est pas impossible et on devra faire avec. »

Prix de vente et livraison à domicile

Le prix de vente fixé par Québec à la SQDC sera donc de 5,25 $ le gramme, taxes incluses.

Pour ce qui est du site Internet, les clients de la SQDC pourront s’y procurer les mêmes produits qu’en succursale après avoir validé leur âge. Le cannabis leur sera ensuite acheminé par Postes Canada.

Conscient du fait que des personnes mineures pourraient faire de fausses déclarations sur Internet pour se procurer illégalement du cannabis, le responsable de la SQDC a expliqué qu’à la livraison, le colis ne sera remis qu’en main propre au client après une vérification de son identité et de son âge par le livreur.

Un personnel formé et surveillé

Quant au personnel qui servira les clients en succursale, il sera certes disponible pour conseiller la clientèle, mais pas question d’inciter les gens à consommer, a précisé Jean-François Bergeron.

Les employés auront également une formation pour informer la clientèle sur les effets négatifs ou les dangers liés à un mauvais usage du produit.

Les employés de la SQDC seront triés sur le volet et seront en observation pour les 100 premiers jours à la suite de leur embauche. Ils seront également soumis à une probation de six mois et à des évaluations régulières. Ils seront congédiés en cas d’échec, a précisé Jean-François Bergeron.

Drogues et stupéfiants

Société