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Marijuana : Doug Ford accuse Justin Trudeau de négligence

Le point avec Philippe-Vincent Foisy.
Radio-Canada

À la veille de la légalisation de la marijuana, le premier ministre de l'Ontario Doug Ford a envoyé une lettre au premier ministre canadien Justin Trudeau dans laquelle il accuse le gouvernement fédéral d'avoir négligé d'offrir les outils adéquats aux forces de l'ordre pour assurer la sécurité des Ontariens.

Dans sa lettre, M. Ford explique qu’en 109 jours depuis son élection et en lien avec la légalisation de la marijuana, son gouvernement a infirmé plusieurs décisions du dernier gouvernement provincial. Il ajoute qu’il a mis de l’avant trois points non négociables, c’est-à-dire protéger la jeunesse, attaquer le marché noir et s’assurer que les routes restent sécuritaires.

C’est sur ce troisième point que M. Ford durcit le ton envers M. Trudeau : « Malheureusement, en pratique, les faits demeurent : ceux qui sont responsables de l'application de la loi ne disposent ni des outils nécessaires, ni de l’appui dont ils ont besoin de la part de votre gouvernement pour faire des tests de dépistage des drogues efficaces sur la route ».

Un dessin représentant des agents de police dont un a une plante de cannabis sur sa casquette.Doug Ford craint que la consommation de cannabis affecte la sécurité routière Photo : Radio-Canada

M. Ford fait directement référence à l’appareil de dépistage de la marijuana qui a été autorisé par le gouvernement fédéral et qui pourra être utilisé par les policiers dans le but de détecter si les chauffeurs ont récemment consommé de la marijuana.

Le Dräger DrugTest 5000 est un appareil qui teste la salive humaine dans le but de détecter des traces de THC ou de cocaïne. Son efficacité est critiquée par certains groupes d’activistes.

Des questions ont été soulevées quant à la fiabilité de l’appareil par temps froid et le fabricant indique que sa plage de fonctionnement recommandée se situe entre 4 ºC et 40 ºC.

De plus, une étude publiée en février dans le Journal of Analytical Toxicology, fondée sur l’utilisation de cet appareil en Norvège, a suscité des inquiétudes concernant un certain nombre de faux positifs et faux négatifs.

Malgré tout, le fabricant affirme que les températures hivernales canadiennes n’affecteront pas la fiabilité des tests si tous les éléments dudit appareil restent bien au chaud dans le véhicule des policiers.

M. Ford explique dans sa missive que le gouvernement fédéral « ouvre la porte à la consommation généralisée d'une drogue psychoactive dans nos communautés ». Il lui demande donc « respectueusement de prendre des mesures immédiates pour remédier à ce problème critique et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour donner à la police les outils nécessaires pour identifier et arrêter les conducteurs aux facultés affaiblies par la drogue. »

Un appareil sur un bureauLe Dräger DrugTest 5000 Photo : Radio-Canada / CBC News

La PPO en achètera tout de même

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) a confirmé plus tard mardi avoir l'intention d'acheter des Dräger DrugTest 5000 et de les utiliser dans la province.

« On m'a dit que nous achèterions certains de ces dispositifs. On ne m'a pas dit combien et où ils seraient déployés. Cela fait toujours partie du processus d'approvisionnement », a déclaré Kerry Schmidt, porte-parole de la Division de la sécurité routière de la Police provinciale de l'Ontario. « Nous en utiliserons quelques-uns dans la province. Je ne sais pas combien de temps il faudra pour les obtenir, mais je sais que le processus est en cours. »

Chaque unité du Dräger DrugTest 5000 est livrée avec un lecteur de salive coûtant environ 5000 dollars, ainsi que des cassettes qui collectent des échantillons provenant des conducteurs.

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