•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le tueur en série Paul Bernardo demande d'être libéré

Photo de Paul Bernardo à bord d'une voiture.
Le meurtrier Paul Bernardo Photo: La Presse canadienne / Frank Gunn

Après 23 ans en prison, l'un des criminels les plus notoires du pays, Paul Bernardo, violeur et tueur en série reconnu coupable du meurtre de deux adolescentes dans les années 90, demande mercredi sa libération conditionnelle. Les familles de ses victimes, elles, veulent qu'il croupisse en prison pour le reste de sa vie.

Un texte de Christian Noël

Leslie Mahaffy et Kristen French avaient respectivement 14 et 15 ans. Elles ont été enlevées à 10 mois d’intervalle, en juin 1991 et en avril 1992, dans la région du Niagara. Dans les deux cas, les recherches ont duré deux semaines, avant que leurs corps mutilés ne soient finalement retrouvés.

Les familles French et Mahaffy vivent chaque jour avec cette douleur atroce. On leur a enlevé leurs filles de la pire façon imaginable. Même 25 ans plus tard, la blessure est encore vive.

Tim Danson, avocat des familles French et Mahaffy
Leslie Mahaffy et Kristen French.Leslie Mahaffy et Kristen French ont été enlevées à 10 mois d’intervalle, en juin 1991 et en avril 1992, dans la région du Niagara. Photo : Radio-Canada

Les deux adolescentes ont été enlevées, séquestrées, violées et assassinées par Paul Bernardo et sa complice Karla Homolka. À la suite d’un long procès, cette dernière a reçu une peine réduite de 12 ans de prison pour avoir coopéré avec les policiers. Elle a maintenant retrouvé sa liberté et, selon les dernières informations, elle habite dans la région de Montréal.

Paul Bernardo lui, a reçu une peine de prison à vie. Alors qu’il était en détention, il a avoué être celui que l'on surnommait le « violeur de Scarborough », et avoir agressé sexuellement une vingtaine de jeunes femmes à la fin des années 80.

« Mérite-t-il d’être libéré? »

Après 23 ans derrière les barreaux, Paul Bernardo estime qu’il a payé sa dette à la société et souhaite obtenir une libération conditionnelle. Son audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) doit avoir lieu mercredi matin.

Son avocat Fergus O'Connor, fait valoir qu'il y a droit, notamment en raison de son bon comportement en prison. Selon lui, au-delà des émotions fortes que suscite son client, c’est une analyse froide du droit qui devrait décider ou non de sa libération.

La question ce n’est pas : ''Est-ce que Paul Bernardo mérite d’être libéré ou non?'' La question doit être : ''Est-ce qu’il représente un risque pour la société?''. C’est le principe qui doit guider toute libération conditionnelle.

Fergus O'Connor, avocat de Paul Bernardo

Me O’Connor fait aussi valoir que Paul Bernardo a commis ses crimes « alors qu’il était dans la mi-vingtaine. Il est maintenant dans la mi-cinquantaine. Il a aussi un certain soutien dans la communauté ».

Impact sur les familles

L’avocat Tim Danson, qui représente les familles des victimes, est convaincu que « les chances sont minces » pour que Paul Bernardo obtienne sa libération conditionnelle. Mais il ajoute que les familles ne tiennent rien pour acquis, et qu'elles feront tout en leur pouvoir pour qu’il demeure incarcéré.

Me Danson rappelle que Paul Bernardo a reconnu être un violeur en série, qu'il a reçu l'étiquette de prédateur sexuel dangereux et qu'il a été classé psychopathe clinique, avec un score de 35 sur 40 sur l’échelle de psychopathie.

Les familles French et Mahaffy s'opposent avec véhémence à sa libération. Elles doivent témoigner mercredi matin devant la Commission, pour partager la peine et la souffrance causées par les crimes de Paul Bernardo. Se préparer pour ces audiences a été émotionnellement exténuant pour les familles, confie leur avocat.

Ça leur arrache le coeur. Le tourment et le chagrin des familles sont réels et profonds. Parfois, ça me donne envie de pleurer.

Tim Danson, avocat des familles French et Mahaffy

Ce n'est pas la première fois que Paul Bernardo demande une audience pour sa libération, mais chaque fois, il l'a fait reporter à une date ultérieure. Une façon, croit Tim Danson, de continuer de torturer les familles de ses victimes.

Crimes et délits

Justice et faits divers