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« Les Québécois ne s’attendent pas à ce que l’on soit parfait », lance François Legault

François Legault.
L'équipe de Francois Legault a été assermentée mardi après-midi à l'Assemblée nationale. Photo: The Canadian Press / Jacques Boissinot

Au terme de l'assermentation des 74 députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), le premier ministre désigné François Legault a vivement félicité son équipe, évoquant la « grande aventure » qui débute pour son parti. Il a également reconnu que des erreurs sont possibles.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

« Il y a une leçon que j’ai tirée de cette campagne électorale, c’est qu’on peut reconnaître qu’on fait une erreur », a affirmé François Legault, dans une référence non voilée à ses nombreuses approximations concernant l'immigration au cours des semaines précédant le scrutin.

Dans son discours de clôture, le député de L'Assomption, doyen de l'Assemblée nationale, a ainsi adressé un mot de bienveillance aux élus de son parti, dont 50 d'entre eux n'ont jamais siégé dans les bancs parlementaires.

C’est vrai pour moi, c’est vrai pour vous. Les Québécois ne s’attendent pas à ce que l’on soit parfait, ils s’attendent à ce qu’on les écoute, puis qu’on fasse de notre mieux, qu’on s’améliore, qu’on se retrousse les manches pour les aider. On a le droit de faire des erreurs.

François Legault, premier ministre désigné

Muet depuis son retour d'Arménie où il assistait, avec Justin Trudeau, au Sommet de la Francophonie, le chef caquiste s'est aussi engagé à être « un mentor, un guide » pour ses élus, tel que l'a été pour lui Lucien Bouchard, l'ancien premier ministre péquiste.

Assurant diriger « l’équipe du changement », François Legault a promis un autre style de gouvernance. « On est d’abord une équipe intègre, qui va faire plus, qui va faire mieux, en étant plus efficace, mais aussi plus humaine », a-t-il clamé, tout en promettant de s'« élever au-dessus des considérations partisanes ».

Promesse d'un changement de ton

À l'issue de cette assermentation, François Legault ne s'est pas adressé aux médias. Cette mission a été laissée à Samuel Poulin et Sonia LeBel, deux nouveaux élus de la CAQ.

Ces derniers ont promis un « changement de ton » à l'Assemblée nationale. Des décisions se prendront avec un consensus des partis politiques représentés, a avancé le député de Beauce-Sud, ancien attaché de presse du parti créé à la fin de 2011.

L'interdiction des signes religieux pour les personnes en situation d'autorité, voulue par François Legault, pourrait notamment être un exemple de cette collaboration. La CAQ a la « volonté de consulter les partis d’opposition », a réitéré l'ancienne magistrate Sonia LeBel.

« Être ouvert ne veut pas dire que l’on recule, mais on ne sera pas un gouvernement fermé, qui va faire fi des opinions des autres », a-t-elle spécifié, mentionnant que la CAQ « sera un gouvernement transparent ».

Samuel Poulin et Sonia LeBel.Samuel Poulin et Sonia LeBel sont deux nouveaux députés élus de la CAQ. Photo : Radio-Canada

Trois priorités pour la CAQ

Sonia LeBel a mis de l'avant trois priorités qui formeront la « toile de fond des premiers jours » du prochain gouvernement caquiste : l'économie, pour « remettre de l'argent dans les poches des Québécois », la mise en place de « services de santé de qualité » et l'amélioration du système d'éducation.

Le prochain Conseil des ministres au cœur des discussions

Un « casse-tête s'en vient », a affirmé François Legault, tout sourire devant les députés et leurs familles présents dans le Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Alors que le prochain Conseil des ministres sera annoncé jeudi, sa formation était au cœur des discussions dans les couloirs du parlement. La plupart des élus sont néanmoins restés prudents, et seul François Paradis s'est avancé.

Le député de Lévis a confirmé sa volonté de devenir le 46e président de la plus importante institution parlementaire de la province. Comme le rapportait Radio-Canada lundi, François Legault lui a proposé de succéder au libéral Jacques Chagnon, en fonction depuis 2011, ou d’intégrer son futur Conseil des ministres.

L’ancien animateur de 61 ans privilégie nettement la première option. « C’est un beau défi », a-t-il révélé, en expliquant vouloir « changer » et « moderniser » cette présidence, tout en apportant davantage de « transparence » pour éliminer le « cynisme récurrent » sur le « travail des politiciens ».

François Paradis.François Paradis a confirmé qu'il pourrait devenir le prochain président de l'Assemblée nationale. Photo : Radio-Canada

Un hommage à Mario Dumont

Se disant « immensément fier de mettre fin à 50 ans de dualité politique », François Bonnardel a assuré vouloir « savourer le moment ».

Leader parlementaire de la deuxième opposition de 2014 à 2018, le député de Granby n’a pas voulu s’avancer sur son avenir, tout en promettant d’accepter « les propositions » du premier ministre François Legault.

Il a également adressé un mot au parti ayant formé le précédent gouvernement. « Loin de moi de penser que le Parti libéral est mort. Ils seront prêts pour une prochaine bataille », a-t-il avancé, tout en assurant que la CAQ a « beaucoup de boulot devant » elle.

 François Bonnardel.Cette assermentation est « un moment de vie incroyable », selon le député de la CAQ François Bonnardel. Photo : Radio-Canada

Éric Caire a tenu sensiblement le même discours. En poste depuis 2007, le député de La Peltrie a rendu hommage au fondateur de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, « le pionnier de la troisième voix ». « Une partie de ce succès lui revient », a-t-il clamé.

François Legault a par ailleurs aussi eu un mot pour les quatre députés caquistes, présents en 2007 avec l'ADQ (François Bonnardel, Éric Caire, Marc Picard et Sébastien Schneeberger).

« C’est vous qui avez un peu montré la voie, a-t-il rappelé. Ça n’a pas toujours été facile, vous avez persisté. Bravo. [...] Je ne vous oublierai jamais. »

Des finances « laissées en bon état »

Homme fort de l’escouade économique du chef caquiste, Christian Dubé a de son côté assuré n’avoir eu aucun appel pour le moment. « Je vais rester très zen », a dit en souriant l’ex-vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

L’ancien homme d’affaires, déjà élu en 2012 et 2014 avant de démissionner quatre mois après sa réélection, a souligné que les finances publiques ont été « laissées en bon état » par le Parti libéral du Québec (PLQ). « On peut toujours continuer de s’améliorer », a-t-il précisé.

Pressentie comme ministre de la Santé, la gestionnaire Danielle McCann « attend » elle aussi « des nouvelles » de François Legault. « J’aimerais jouer un rôle en santé. [Il] le sait », a-t-elle mentionné.

L'assermentation des 74 députés de la CAQ a eu lieu dans le Salon rouge de l'Assemblée nationale.L'assermentation des 74 députés de la CAQ a eu lieu dans le Salon rouge de l'Assemblée nationale. Photo : Radio-Canada

Une semaine d’assermentation

Le 1er octobre, la CAQ a réussi à faire élire 74 députés, dont 28 femmes, sur les 125 sièges du Parlement. Le parti formera le prochain gouvernement majoritaire du Québec.

Lundi, les 29 élus du PLQ ont prêté serment. L’événement a notamment été marqué par des positions contradictoires sur le port des signes religieux entre Alexandre Taillefer, ex-directeur de la campagne, Pierre Arcand, chef intérimaire, et la députée Marwah Rizqy.

Mercredi, ce sera au tour des 10 députés de Québec solidaire de prêter serment. Vendredi, les 10 élus du Parti québécois feront de même.

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