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Élections : 5 enjeux francophones à Toronto

Photo en mosaïque d'une femme et d'un homme
Les deux principaux candidats à la mairie de Toronto : Jennifer Keesmaat et John Tory. Photo: La Presse canadienne
Radio-Canada

Rêvez-vous de pouvoir inscrire votre enfant en français à un cours de natation à Toronto? Ou aimeriez-vous que la Ville Reine ait finalement un centre culturel francophone? Radio-Canada a demandé à des Franco-Torontois quelles étaient leurs priorités et en a parlé aux deux principaux candidats à la mairie, John Tory et Jennifer Keesmaat.

Un texte de Michel Bolduc

1) Toronto, ville bilingue?

Toronto est la métropole d'un pays bilingue. Pourtant, les services en français s'y comptent sur les doigts de la main. La Ville devrait être parfaitement bilingue, selon Léonie Tchatat, présidente de l'organisme La Passerelle-I.D.É. et membre sortante du comité français de Toronto. Le français, c'est plus qu'un atout, c'est une opportunité, dit-elle, notamment pour recruter des immigrants.

Mme Tchatat en entrevue.Léonie Tchatat, fondatrice et présidente de la Passerelle Photo : Radio-Canada / Guillaume Cottin

Sans promettre de faire de Toronto une ville officiellement bilingue comme Ottawa, la candidate à la mairie de Toronto Jennifer Keesmaat, qui ne parle pas français, s'engage à accroître l'accès aux services en français, si elle est élue le 22 octobre.

Pour sa part, l'équipe de campagne du maire sortant John Tory n'a pas répondu directement à la question sur le bilinguisme posée par Radio-Canada, mais affirme que M. Tory, qui se débrouille en français, a été un militant pour le français au cours des quatre dernières années.


2) Plus de services en français

Portrait d'enfants joyeux au bord de la piscine.Ouverture des plages et des piscines extérieures à Ottawa et à Gatineau Photo : Getty Images / Wavebreakmedia

À défaut de devenir une ville officiellement bilingue, Toronto pourrait à tout le moins bonifier son offre de services en français sur Internet, où ce serait plus pratique, souligne le résident Daniel Cayen. Des parents aimeraient, par exemple, que la Ville offre un portail en français pour l'inscription de leurs enfants aux activités sportives et culturelles. Selon M. Cayen, la Ville pourrait par ailleurs établir des partenariats avec la province et le fédéral pour offrir des services de vaccination et de santé publique en français pour les enfants et les aînés.

Mme Keesmaat pense elle aussi qu'Internet est la façon la plus facile et rapide d'accroître l'accès en français aux services de la Ville. Elle entrevoit un site web multilingue, citant l'exemple de nombreuses compagnies qui ont un site où l'internaute peut cliquer sur la langue de son choix. L'ancienne urbaniste en chef assure que la Ville pourrait trouver des fonds afin d'offrir un portail multilingue et traduit professionnellement.

Pour sa part, la campagne de M. Tory n'a pas précisé quels services en français il ajouterait, s'il est réélu.


3) Des communications en français

En 2016, le français n'apparaissait pas dans le calendrier de la collecte des déchets distribué aux résidents par la Ville, même s'il contenait des informations en cinq langues. L'année suivante, une lettre d'information sur le recyclage omettait elle aussi le français au profit du mandarin, du tamoul, de l'espagnol et du portugais. La raison : ces langues sont parlées par un plus grand nombre de Torontois que le français. Mme Tchatat, du comité français, qualifie la situation de grosse déception.

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur les élections municipales en Ontario

M. Tory est bien au courant de la situation et affirme ceci : le français, en tant que langue officielle du Canada, devrait toujours figurer dans les communications de la Ville qui sont traduites dans plusieurs langues. Les fonctionnaires municipaux étudient la question, ajoute sa campagne, en prévision d'une refonte de la politique linguistique de Toronto.

Pour sa part, Mme Keesmaat privilégie les communications par Internet. Nous n'avons pas besoin de choisir une langue plutôt qu'une autre à l'ère d'Internet, dit-elle.

Gilles Marchildon, directeur général du groupe Reflet Salvéo, souhaite, lui, que ce soit des traductions en bonne et due forme par des professionnels et non pas grâce à un logiciel de traduction instantanée.

Où habitent les francophones à Toronto?

Carte montrant la densité de la population francophones à TorontoOù habitent les francophones à Toronto? Photo : Radio-Canada

(Source : Recensement 2011 de Statistique Canada et Wellbeing Toronto)

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

4) Une Maison de la francophonie

À Toronto, les francophones sont éparpillés un peu partout dans la ville, soulignent Mme Tchatat et M. Cayen, selon qui les Franco-Torontois ont besoin d'un lieu de rassemblement. Ils sont tous deux en faveur du projet de Maison de la francophonie.

Ce serait un lieu de rassemblement culturel et social. Il pourrait aussi y avoir des bureaux d'affaires, de quoi créer un quartier francophone. Ce serait un peu comme le quartier grec ou italien. Ça aiderait beaucoup à développer un visage francophone à la ville de Toronto.

Daniel Cayen, Franco-Torontois

Mme Tchatat ajoute qu'il est essentiel d'avoir une identité francophone visible et bien affichée à Toronto. Selon elle, le projet pourrait être mené de pair avec celui de l'Université de l'Ontario français.

Car le projet de Maison de la francophonie, lancé il y a plus de dix ans, avance lentement jusqu'à maintenant.

M. Tory appuie le projet, indique son équipe, qui précise que les fonctionnaires municipaux ont été chargés de trouver un emplacement pour le futur établissement. Pour le maire sortant, il s'agit d'avoir sous un même toit un collège francophone, les bureaux d'organisations sans but lucratif et des salles de réunion permettant aux représentants d'organisations francophones de se rencontrer et de travailler ensemble.

Mme Keesmaat, elle, dit que le projet de Maison de la francophonie est une excellente idée. Elle affirme que le projet s'inscrit bien dans son plan d'ouvrir cinq autres centres culturels, mais à l'extérieur du centre-ville.


5) Un comité français plus influent

Les francophones ont un comité consultatif à l'Hôtel de Ville de Toronto, qui a pour mission de faire avancer les priorités de la communauté. Aboli par l'ancien maire Rob Ford, le comité français a été formé à nouveau sous John Tory. Toutefois, ses membres, qui représentent différents organismes francophones, ne se sont réunis que deux fois durant la dernière année, soulevant des questions sur sa raison d'être.

Tout comme Mme Tchatat, Gilles Marchildon, un autre membre sortant du comité, affirme qu'il faut plus de réunions. Ce dernier pense aussi que le comité devrait peut-être se rapporter directement au maire à l'avenir, pour assurer que les préoccupations de la communauté sont entendues.

Gilles Marchildon votera pour Jennifer Keesmaat

M. Tory se dit en faveur de la tenue d'un plus grand nombre de réunions du comité français.

Quant à Mme Keesmaat, elle promet si elle est élue de discuter avec les francophones durant ses cent premiers jours au pouvoir du meilleur modèle à adopter pour que leurs besoins soient entendus à l'Hôtel de Ville.

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