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analyse

Trump punira-t-il ou pas l'Arabie saoudite dans le cadre de l'affaire Khashoggi?

Le prince héritier Mohammed Ben Salmane avec Donald Trump lors d'une visite à Washington le 20 mars 2018.

Le prince héritier Mohammed Ben Salmane avec Donald Trump lors d'une visite à Washington le 20 mars 2018.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Raphaël Bouvier-Auclair

Agents incontrôlables ou gouvernement saoudien? Au terme de la visite de son secrétaire d'État à Riyad, beaucoup se demandent à qui le président Trump attribuera la disparition et le possible meurtre de Jamal Khashoggi. À Washington, une autre question est sur toutes les lèvres : la Maison-Blanche acceptera-t-elle de punir son fidèle allié saoudien?

La semaine dernière, le président a catégoriquement écarté un scénario. Pas question pour Donald Trump d’abandonner des contrats de défense et de vente d’armes avec le Royaume saoudien qu’il évalue à 110 milliards de dollars.

Au-delà des considérations économiques, il y a également la géopolitique. Sous Donald Trump, les États-Unis se sont beaucoup rapprochés de l’Arabie saoudite, allié central au Moyen-Orient. C’est après tout ce pays qui a été choisi comme première destination étrangère visitée par le 45e président... rompant ainsi avec la tradition voulant que la première visite à l’étranger d’un nouveau président se fasse en sol canadien.

Washington et Riyad sont par exemple sur la même longueur d’onde à propos de l’attitude à adopter face à l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite.

Ce rapprochement s’est particulièrement illustré dans la relation qu’ont développée le gendre du président, Jared Kushner, et le puissant prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

L'Arabie saoudite était centrale dans la stratégie de l'administration au Moyen-Orient. C'était généralement une bonne idée pour limiter les ambitions de l'Iran dans la région. Le risque a toujours été que cet homme (Mohammed ben Salmane) est imprudent.

Marco Rubio, sénateur républicain de la Floride.

Margaux Ewen, directrice pour l’Amérique du Nord de Reporters sans frontière, croit que l’administration devrait justement profiter de cette bonne relation pour intervenir dans le dossier Khashoggi. Selon elle, « on a plus d’influence sur nos amis que sur nos ennemis ».

Margaux Ewen, directrice pour l'Amérique du Nord de Reporters sans frontières.

Margaux Ewen, directrice pour l'Amérique du nord de Reporters sans frontières.

Photo : Radio-Canada / Raphael Bouvier-Auclair

Un choix possiblement imposé

Cette fin de semaine, Donald Trump a affirmé qu’il y aurait de « sévères punitions » si la responsabilité de Riyad était démontrée dans la disparition ou la mort de Jamal Khashoggi. Lundi, le président a évoqué l’idée que des voyous, ou des éléments incontrôlables, aient pu agir sans l’aval du roi ou du prince héritier.

Au final, le président pourrait bien être forcé de punir son fidèle allié. Depuis plusieurs jours, des élus démocrates et républicains évoquent l’importance d’agir dans ce dossier. Or, quand vient le temps d’imposer des sanctions, le Congrès joue un rôle important et peut forcer la main de la Maison-Blanche.

Je vais adopter des sanctions d'enfer contre l'Arabie saoudite.

Lindsey Graham, sénateur républicain de la Caroline du Sud

En juillet 2017 par exemple, les représentants et les sénateurs avaient adopté avec une écrasante majorité une nouvelle série de sanctions à l’endroit de la Russie. Le président avait accepté de signer le projet de loi les mettant en œuvre. Dans les faits, le choix s’imposait, puisque les élus au Congrès en faveur de la législation étaient suffisamment nombreux pour renverser un éventuel veto présidentiel.

Un premier test dès cette semaine

Riyad, capitale de l'Arabie saoudite.

Plusieurs détonations ont été entendues dans la capitale, Riyad.

Photo : Reuters / Faisal Nasser

Une première décision devra être prise par l’administration d’ici la fin de la semaine.

Des représentants d’entreprises comme Ford et JP Morgan ont annoncé qu’ils annulaient leur présence à la conférence Future Investment Initiative présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Des groupes médiatiques comme le New York Times et Bloomberg ont également mis fin à leur partenariat avec cet événement qui se tiendra dans la capitale du royaume saoudien la semaine prochaine.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, lui, doit toujours y participer . « Il prendra sa décision, nous verrons qui ira », a déclaré le président Trump lundi.

Le choix qui sera fait à propos de ce déplacement pourrait donner une indication sur la suite des choses.

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