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Wilson, le robot-nettoyeur des mers, s'attaque à l'île de plastique du Pacifique

Un bateau quitte le port de San Francisco.
Le bateau Ocean Cleanup a tiré le dispositif Wilson jusqu'à l'immense île de plastique qui pollue l'océan Pacifique. Photo: Associated Press / Lorin Eleni Gill

Surnommé Wilson, le premier dispositif de nettoyage des océans au monde amorce mardi sa mission, soit ramasser tout le plastique qu'il rencontrera dans l'océan Pacifique. Composé d'un tuyau de 610 mètres de long (2000 pieds) en forme de U et flottant à la surface de l'océan, ce robot des mers s'attaque à la plus grande des cinq îles de plastique recensées sur la planète.

Parti le mois dernier de San Francisco, Wilson arrivera à destination au cours de la journée et il se mettra au travail peu de temps après. Il s’attaquera à cet immense dépotoir flottant du Pacifique, recouvrant l'océan sur une superficie deux fois de la taille du Texas, situé entre San Francisco et Hawaï.

Lancée par la fondation Ocean Cleanup, l’immense puise est composée d’un grand tuyau en U auquel est rattaché un filet qui ratisse l’océan jusqu’à trois mètres de profondeur pour y prendre les débris. Les déchets seront capturés au milieu du tuyau en forme de U et emprisonnés dans le filet du dispositif.

Un bateau vidangeur visitera ensuite Wilson tous les deux mois pour le soulager des débris qu’il aura accumulés, un peu comme le font les camions à ordures sur la terre ferme.

Muni de satellites qui communiquent avec le siège social de la fondation aux Pays-Bas et de caméras situées au centre du U, le dispositif de nettoyage est contrôlé à distance. Wilson relaie également des données au siège social de l’organisme.

L’équipe espère que Wilson réussisse à ramasser 50 tonnes de déchets d’ici avril prochain et qu’il retirera 90 % du plastique océanique de la planète d’ici 2040.

Recycler les débris

L’objectif de l’organisme, outre d’assainir les mers, est de recycler le plastique ramassé pour en faire de nouveaux produits.

Une multitude de déchets plastiques rejetés sur une plage du Panama par l'océan Pacifique.Les déchets en plastique colonisent les océans, jonchent les rivages et altèrent la faune sous-marine. Photo : Reuters / Carlos Jasso

L’initiative de la fondation Ocean Cleanup contribuera à réduire la masse de 150 millions de tonnes de plastique – une masse qui devrait tripler au cours de la prochaine décennie – flottant à la surface des océans de la planète. Elle pourrait avoir de réels impacts sur la lutte contre les changements climatiques, la sécurité de la vie marine et l’industrie de la pêche et du tourisme.

« Ce plastique sera encore là dans un an. Il sera toujours là dans dix ans », avance le fondateur et PDG de Ocean Cleanup, Boyan Slat, 24 ans. « Il sera probablement encore là dans 100 ans; cette quantité de plastique ne diminuera seulement que si on nettoie tout ça. »

Les bémols des experts

Aussi immense qu'elle puisse sembler être à l’échelle humaine, la puise demeure minuscule face à l’immensité des océans. Certains experts s’interrogent ainsi sur l’impact réel d’un tel système sur les vastes étendues des océans.

Wilson est également critiqué pour son incapacité à récolter les petits débris et pour les risques que comporte son filet pour la vie marine.

D’autres critiques se questionnent sur les effets que pourraient avoir d’éventuelles pannes ou dysfonctionnements du système d’exploitation du robot, sans compter les tempêtes qu’il pourrait rencontrer.

De l’efficience de la prévention

Gestionnaire du programme des débris marins à la Commission des côtes californiennes, Eben Schwartz confie que sa principale préoccupation réside dans le pourcentage du plastique qui pourrait être recueilli de cette façon. Il croit que cette proportion sera trop faible pour faire une réelle différence.

Des morceaux de plastique flottent dans un océan.Le plastique dans les océans est un véritable problème environnemental. Photo : iStock

M. Schwartz estime qu'il serait plus efficace de se concentrer sur la réduction des déchets à la source, soit grâce à des efforts terrestres. « Il est beaucoup plus efficace, sur le plan des coûts et de la prévention, d'empêcher les déchets d'entrer sur le marché », prétend M. Schwartz.

M. Schwartz ajoute que son groupe de bénévoles pour le nettoyage de l'eau et des plages a recueilli 7 à 10 fois plus de déchets que Wilson ne compte en ramasser d’ici le printemps 2019. « Nous l'avons fait en trois heures et pour une fraction du coût du projet de nettoyage de l'océan », poursuit-il.

Bien qu’il croie que le nettoyage des océans est important, il estime que l'attention portée au projet pourrait freiner d'autres efforts visant à réduire la production de déchets. « Si cela donne aux gens l'impression qu'ils n'ont pas besoin de s'inquiéter du recyclage parce que cette chose existe, c'est une conséquence négative grave », a-t-il dit.

Ce n'est peut-être pas le seul effort qu’il sera nécessaire de faire pour nettoyer les océans, convient M. Slat, mais ce dernier croit que son tuyau fera une grande différence.

« À l'époque, les gens disaient : « Il n'y a aucun moyen de nettoyer ça. La meilleure chose que nous puissions faire, c'est de ne pas empirer les choses », soutient-il.

« Mais pour moi, c'est un message très peu inspirant. Tout le monde veut que l'avenir soit meilleur que le présent, et c'est ce que nous espérons faire. »

Avec les informations de CNN

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