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  • Le génie spatial canadien à l’honneur avec les Canadarm

    Vue du bras canadien dans l'espace attaché à la navette Columbia avec la Terre en arrière-plan.
    Le bras canadien sort pour la première fois dans l'espace le 13 novembre 1981 sur la navette Columbia. Photo: Radio-Canada / Reportage de l'émission Navette spatiale Columbia du 13 novembre 1981

    Le Canadarm, une invention canadienne à la fine pointe de la technologie, a permis au pays de s'illustrer comme un joueur important dans la conquête spatiale. Ce bras robotique équipe les navettes américaines dès 1981. Il permet notamment la mise en orbite et la réparation de satellites. Nos archives retracent les grands moments de cette invention robotique canadienne.

    Une conception canadienne à l’honneur

    En 1974, le gouvernement fédéral souhaite une plus grande contribution du Canada dans l’exploration spatiale. Jusqu’à cette date, les États-Unis et l’URSS mènent sur ce front.

    Le projet du bras canadien est donc accueilli avec ferveur.

    Le Canada s’engage à accorder une subvention de 100 millions de dollars. La conception innovante et la fabrication du bras robotique sont attribuées à la société Spar Aerospace de Toronto.

    En juillet 1975, la NASA et le Conseil national de recherches du Canada signent un contrat. Selon l'accord, le Canada doit concevoir, mettre au point et essayer un premier télémanipulateur spatial avant 1980.

    La NASA s'engage, en contrepartie, à acheter trois autres exemplaires de l'engin après la livraison du prototype.

    Il est prévu que le gigantesque bras artificiel sera installé à bord de la navette Columbia. Il permettra de déplacer des objets et des charges dans l'espace.

    Dans un reportage du 5 avril 1975, le journaliste Bernard Faucher se rend dans les laboratoires de North York, en Ontario, pour voir le prototype du bras télémanipulateur.

    Reportage, 5 avril 1975

    La fabrication du premier bras canadien est achevée après sept années de travail, qui ont mobilisé plus de 600 spécialistes et ingénieurs.

    Spar Aerospace livre son premier bras robotisé à la NASA en février 1981 et le baptise Canadarm. Il n’entrera toutefois en service qu’en décembre 1982.

    La réussite du premier mouvement

    Le déploiement du bras canadien permet dès lors de nouvelles manipulations qui jusque-là impliquaient beaucoup de temps et d’argent lors de missions autour de la Terre.

    Des satellites peuvent désormais être lancés en orbite de l’espace. Il est également possible de récupérer et de réparer des satellites dysfonctionnels. Et enfin, le bras permet d’inspecter les navettes spatiales.

    Une fois déplié, il peut saisir des charges de la taille d'un autobus. Une caméra au bout du bras et une autre au coude aident les astronautes, opérant depuis l'intérieur de la navette, à manipuler le robot.

    Ces caméras diffusent les premières images du bras le 13 novembre 1981, lors des premiers essais dans l’espace.

    Arrimé à la navette américaine Columbia, le Canadarm est déplié et manipulé par des astronautes américains. Ils testent les modes manuel et automatique du robot.

    Les journalistes Donald Dodier et Raymond Saint-Pierre commentent en direct les images de la sortie du bras canadien lors de l’émission spéciale Navette spatiale Columbia du 13 novembre 1981.

    Le physicien Marcel Sicotte, qui a travaillé sur le bras robotique pendant quatre ans, les accompagne.

    Navette spatiale Columbia, 13 novembre 1981

    La sortie dans l’espace se révèle un succès phénoménal pour l’équipe canadienne derrière l’invention. D’autant plus que les mouvements du bras s’avèrent encore plus souples que lors des simulations en laboratoire.

    La première véritable mission du bras télémanipulateur se déroule en décembre 1984. Il accomplit une grande première pour la NASA, soit la réparation dans l’espace du satellite Solar Max. L’exploit n’avait jamais été tenté auparavant.

    Le 14 novembre 1995, le spécialiste de mission Chris Hadfield est le premier Canadien à piloter le Canadarm sur la station spatiale russe Mir.

    Un deuxième bras plus moderne

    La fin de l'année 1998 marque le début de la construction de la Station spatiale internationale.

    À cet effet, les États-Unis demandent au Canada de concevoir et de fabriquer un bras robotisé perfectionné qui s’adjoindra à la station.

    Cette version améliorée, surnommée Canadarm2, est conçue par la société MD Robotics de Brampton, en Ontario. Elle permettra l'assemblage et la réparation de la station spatiale internationale.

    L’imposant robot est livré à la NASA en octobre 1998 au coût de 600 millions de dollars. Il est deux fois plus long que le premier bras et quatre fois plus lourd. Cela ne l’empêche toutefois pas d’être beaucoup plus mobile et flexible.

    L'émission Les Années lumière du 22 avril 2001 rapporte les faits marquants de l'importante mission de la navette Endeavour. Le journaliste Dominique Lapointe explique le rôle du Canadarm2 sur la Station spatiale internationale.

    Les Années lumière (audio), 22 avril 2001

    C’est à l’astronaute canadien Chris Hadfield que revient la mission d’installer le Canadarm2 sur la station spatiale. Près de 20 ans se sont écoulés depuis le déploiement du premier bras robotique.

    L’installation dure près de sept heures et est couronnée de succès. Avec cette mission, Chris Hadfield devient ainsi le premier astronaute canadien à marcher dans l’espace.

    Quelques jours plus tard, soit le 28 avril, les deux bras robotiques canadiens se donnent une poignée de main historique.

    Le 3 décembre 2018, l’astronaute canadien David Saint-Jacques s’envolera vers la Station spatiale pour une mission au cours de laquelle il manipulera le Canadarm2.

    Le Canada dans l’espace

    • Après les États-Unis et l'URSS, le Canada est le troisième pays à se lancer dans la conquête de l'espace. En septembre 1962, il lance le satellite Alouette 1.
    • Depuis le début des années 1980, le Canada est reconnu mondialement dans trois domaines de l'aérospatiale : la conception et la fabrication de satellites de télécommunications, la robotique spatiale et la télédétection par satellites.
    • Entre 1972 et 1983, les dépenses annuelles du Canada pour la conquête de l'espace passent de 30 à 130 millions.
    • En remerciement pour le bras télémanipulateur, la NASA offre au Canada trois places d'astronautes dans son programme spatial.
    • Selon l'Agence spatiale canadienne, la participation du Canada à la Station spatiale internationale génère des investissements de 6 milliards de dollars et crée environ 70 000 emplois.
    • La Station spatiale internationale se situe à 400 kilomètres de la surface de la Terre.
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