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Facebook supprime des comptes de propagande liés aux militaires du Myanmar

Un soldat du Myanmar

Ils ont transformé le réseau social en un outil de nettoyage ethnique, selon d'anciens responsables militaires, chercheurs et responsables civils du pays, rapporte le « New York Times ».

Photo : Reuters / Reuters Photographer

Radio-Canada

Le réseau social Facebook a annoncé lundi avoir supprimé 13 pages et 10 comptes de propagande haineuse liés aux militaires du Myanmar et dont l'existence a été révélée plus tôt dans la journée par le New York Times.

« Environ 1,35 million de personnes uniques ont suivi au moins une de ces 13 pages », précise Facebook.

La direction du réseau social explique que sa décision fait suite à une enquête qui a permis de découvrir que ces comptes et pages « de beauté et d'information apparemment indépendantes » étaient trompeurs puisqu'ils étaient en fait « liés aux militaires du Myanmar ».

« Ce genre de comportement n'est pas autorisé sur Facebook en vertu de notre politique de fausse déclaration », a fait savoir la direction par communiqué.

Nous ne voulons pas que des personnes ou des organisations créent des réseaux de comptes pour induire les autres en erreur sur qui ils sont ou ce qu'ils font.

La direction de Facebook

Les données et le contenu de ces comptes et de ces pages seront conservés, mentionne-t-on.

Ces suppressions s'ajoutent à celles d'autres comptes et pages au Myanmar, pour un total de 18 comptes et 52 pages Facebook, suivis par près de 12 millions d'utilisateurs.

La direction de Facebook remercie le New York Times, qui a mis au jour l'utilisation faite du réseau social au profit de la propagande militaire, expliquant que cela a facilité l’enquête et le démantèlement.

Le chef de la cybersécurité de Facebook, Nathaniel Gleicher, a déclaré qu'il avait trouvé « des tentatives claires et délibérées de diffusion secrète de propagande qui étaient directement liées aux militaires du Myanmar ».

Dans sa livraison du lundi, le quotidien new-yorkais révélait que des internautes travaillant au profit des militaires birmans se faisaient passer pour des fans de stars de la pop et des héros nationaux, puis inondaient Facebook de messages de haine.

Le journal cite quelques exemples, comme l'un d’entre eux qui a « dit que l'islam était une menace mondiale pour le bouddhisme », alors qu’un autre a raconté une histoire fausse au sujet du viol d'une femme bouddhiste par un musulman.

Ils ont transformé le réseau social en un outil de nettoyage ethnique, selon d'anciens responsables militaires, chercheurs et responsables civils du pays, rapporte le New York Times.

La minorité rohingya visée

Pendant plusieurs années, les militaires du Myanmar ont été les principaux acteurs d'une campagne systématique sur Facebook ciblant la minorité rohingya, qui est majoritairement musulmane.

Des réfugiés rohingyas près des rizières après avoir fui le Myanmar pour aller vers Palang Khali, près de Cox's Bazar, au Bangladesh.

Des réfugiés rohingyas près des rizières après avoir fui du Myanmar vers Palang Khali, près de Cox's Bazar, au Bangladesh.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

L'armée a exploité la grande portée de Facebook dans ce pays de 53 millions d'habitants, qui compte quelque 18 millions d'internautes, dont beaucoup confondent la plateforme du réseau social avec Internet.

Les groupes de défense des droits de la personne accusent la propagande anti-Rohingyas d'inciter au meurtre, au viol et à la plus grande migration forcée de l'histoire récente.

Facebook a déjà procédé au démantèlement de comptes officiels des hauts responsables militaires du Myanmar en août dernier, mais le réseau semble ne pas avoir mesuré l'ampleur de la campagne de propagande menée au moyen de faux noms et de faux comptes.

Sous couvert de l’anonymat, cinq personnes ont confié au New York Times que la campagne impliquait des centaines de militaires qui ont créé des comptes de trolls et des pages de nouvelles et de célébrités sur Facebook, avant de les inonder de commentaires incendiaires coordonnés.

Ces officiers, dont l’activité était secrète, opéraient essentiellement depuis la capitale birmane, Naypyidaw. Ils étaient également chargés de recueillir des renseignements sur les comptes populaires et de critiquer systématiquement les postes défavorables à l'armée.

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