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La popularité du vote électronique monte en flèche en Ontario

Une électrice vérifie qu'elle se trouve sur la liste d'électeurs pour voter.
Les municipalités qui organisent un vote électronique ont mis en place un centre d'aide pour les électeurs. Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel
Radio-Canada

Cette année, les électeurs d'au moins 179 municipalités ontariennes peuvent voter par Internet. Cela représente environ 40 % de toutes les municipalités de la province et une augmentation significative comparativement aux élections de 2014. Bien que ce mode de scrutin gagne en popularité, il demande aussi un ajustement de la part des résidents.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

À Collingwood, le centre d’aide des élections municipales est très achalandé alors que les résidents se familiarisent pour la première fois avec le vote électronique ou téléphonique.

Là-bas, des ordinateurs et des tablettes ont été installés pour permettre aux gens qui n'ont pas accès à Internet de venir voter.

Elizabeth et Lauren Winkler s’y sont rendus afin d’être accompagnés par des employés municipaux.

Lauren et Elizabeth Winkler étaient satisfaits d'avoir voté par Internet.Lauren et Elizabeth Winkler étaient satisfaits de leur expérience. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

« Le moment était venu. C’est une technologie à jour », lance M. Winkler après avoir voté.

Dans une municipalité comme Collingwood, où l'on retrouve de nombreux propriétaires de chalets, la résidente Paulette Clément croit que le vote électronique présente un avantage important.

C’est l’avenir. S’ils veulent que les gens votent, il faut qu’ils nous donnent des outils faciles. Ça en est un.

Paulette Clément, résidente
La résidente Paulette Clément se réjouit du nouveau système de vote.La résidente Paulette Clément se réjouit du nouveau système de vote. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

La tendance est très répandue du côté des municipalités qui sont connues pour leurs nombreuses résidences d’été, comme Owen Sound, Muskoka Lakes, Huntsville et la région de la péninsule de Bruce.

Une popularité croissante

Le vote électronique a commencé à se répandre en 2003, en Ontario.

Lors des élections municipales de 2014, 97 municipalités ont utilisé cette technologie.

Cette année, ce nombre a presque doublé, avec au moins 179 municipalités, dont 80 % ont complètement abandonné les bulletins de vote de papier.

Newmarket, LaSalle et Thunder Bay sont quelques-unes des municipalités qui, comme Collingwood, offrent le vote électronique à leurs résidents pour la toute première fois.

Les municipalités organisent pour la plupart des visites dans les foyers de personnes âgées. Sur demande des résidents, des employés municipaux peuvent même se rendre directement à domicile pour offrir de l’aide, comme c’est le cas à Newmarket.

Les électeurs peuvent se présenter à un centre d'aide pour voter à l'aide d'un ordinateur portable ou d'une tablette.Les électeurs peuvent se présenter à un centre d'aide pour voter à l'aider d'un ordinateur portable ou d'une tablette. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

De façon générale, la mise en place du vote électronique mène à une légère hausse du taux de participation.

La professeure agrégée en sciences politiques à l'Université Brock et directrice du Centre for e-Democracy, Nicole Goodman, constate que ce taux augmente d’environ 3,5 % et qu’il est même plus élevé dans les municipalités qui n’utilisaient pas de système de vote par la poste avant de faire la transition.

Les limites du vote électronique

Toutefois, à la lumière de ses recherches, Mme Goodman fait remarquer que les normes à respecter varient d’une municipalité à l’autre. Selon elle, il serait essentiel qu’un ensemble de lignes directrices soit mis en place au Canada.

Avec nos différents ordres de gouvernements au Canada, les choses sont un peu plus complexes. Je crois qu’il serait important d’avoir certaines directives en place.

Nicole Goodman, directrice du Centre for e-Democracy

Le chargé de cours en génie logiciel à l’Université Western, Aleksander Essex, est du même avis. Il se dit par ailleurs très préoccupé de la direction qu'ont prise les municipalités au sujet de l’utilisation du vote électronique.

Je ne suis pas satisfait de ce qui se passe en Ontario. Je crois qu’on devrait [établir] un consensus canadien sur la définition d’un vote électronique sécuritaire.

Aleksander Essex, chargé de cours en génie logiciel à l’Université Western

M. Essex a fait part de ses préoccupations liées à la sécurité et à la protection de la vie privée au conseil municipal de Guelph, l’an dernier. Les élus ont par la suite voté contre l’utilisation du vote électronique pour les élections de 2018, et cela, même si la Ville avait utilisé la technologie en 2014.

Au Canada, seuls l’Ontario et la Nouvelle-Écosse ont un cadre législatif autorisant les municipalités à adopter un règlement pour la tenue d’un vote électronique lors d’élections municipales.

Toronto

Politique municipale