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Une étudiante dénonce les représailles subies après avoir dénoncé les agissements des policiers

La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam.
La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam. Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Une étudiante en techniques policières, Roxanne Mianscum-Lizotte, qui avait dénoncé des cas d'inconduites policières à Val-d'Or en 2015, déplore les représailles dont elle dit avoir été victime à la suite de sa dénonciation.

Un texte de Thomas Deshaies

Son témoignage écrit a été lu lundi lors de l’audience à la Commission sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (CERP).

Roxanne Mianscum-Lizotte avait ajouté sa voix à celles des femmes qui ont dénoncé des inconduites policières à Val-d’Or, en 2015, et qui sont à la l’origine de la commission d’enquête. Elle avait fait état de trois événements distincts impliquant un policier de la Sûreté de Québec.

L’étudiante en technique policière dit avoir vécu des moments très difficiles à la suite de sa dénonciation, comme l’a rapporté l’enquêtrice pour la commission d’enquête. Elle soutient subir encore aujourd’hui des actes de représailles.

Parfois, je marche dans la rue et j’ai peur. La plupart du temps, je ne me promène plus toute seule, parfois toujours avec mon conjoint [sic], a rapporté l’enquêtrice de la Commission Viens, en lisant la déclaration de Mme Mianscum-Lizotte lors de l’audience.

Je me faisais dévisager, lorsque je rentrais au Tim Hortons et les gens chuchotaient, me regardaient mal. Il y a eu quelques personnes qui m’ont dit qu’elles me trouvaient courageuse, mais sinon, c’était vraiment trop.

Extrait du témoignage écrit de Roxanne Mianscum-Lizotte, rapporté par l’enquêtrice de la commission d’enquête.

Elle avait hésité à dénoncer, notamment en raison dans son domaine d’étude. Dans son témoignage écrit, elle mentionne également qu’elle comprend les difficultés des policiers qui peuvent être obligées de prendre des décisions rapides et qui peuvent commettre des erreurs.

Elle estime toutefois qu’il était important de prendre la parole. C’est pour cela que je suis sortie publiquement, rapporte l’enquêtrice de la Commission Viens. Je trouvais important de nommer les choses.

Une solidarité inappropriée chez certains policiers

Mme Mianscum-Lizotte a dénoncé une solidarité malsaine au sein des corps de police, tel que l’a rapporté l’enquêtrice de la commission.

Il faut que ça cesse tout cela. C’est incompréhensible que je vive des représailles parce que j’ai dénoncé les comportements inadéquats des policiers. On est en 2018, il faut que la police évolue à un moment donné. Cette valeur de se tenir coûte que coûte ne devrait plus être, soutient-elle.

Je savais que ce serait difficile, car des policiers, ça se tient.

Extrait du témoignage de Roxanne Mianscum-Lizotte

Elle affirme notamment qu’un policier non autochtone œuvrant à Lac-Simon a été particulièrement dur avec elle. Il me regardait avec dégoût, a rapporté l’enquêtrice de la commission.

Elle a même remis en question son choix de carrière, mais a finalement décidé de poursuivre son cheminement.

Je voulais dire que mes grands-parents, mon frère, ont subi de la brutalité policière. Mais, ma fille, je ne veux pas qu’elle en subisse, et je vais tout faire pour pas que ça arrive.

Extrait du témoignage écrit de Roxanne Mianscum-Lizotte

Le bracelet 144

L’étudiante en technique policière a finalement souhaité que les policiers délaissent le bracelet 144, qui démontre la solidarité envers les policiers du poste 144, le poste de Val-d’Or.

Il s’agirait, selon elle, d’un premier pas vers la réconciliation.

Une demande qui a trouvé écho auprès du commissaire Jacques Viens.

J’espère depuis le début [des audiences] que les policiers décident d’eux-mêmes que ça cesse ou leur syndicat ou les autorités de la Sûreté du Québec ou que l’autorisé suprême dans la province décide de le faire, mais il n’y a rien de ça qui a été fait à date. J’ai encore de l’espoir, a déclaré Jacques Viens.

Abitibi–Témiscamingue

Forces de l'ordre