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Le premier ministre du Yémen limogé sur fond de grave famine

Un enfant souffrant de malnutrition est soigné dans un hôpital de Sanaa au Yémen.

Photo : Reuters / Khaled Abdullah

Radio-Canada

Tandis que le Yémen traverse la pire famine du siècle, selon les Nations unies, le président du pays, Abd Rabbo Mansour Hadi, a limogé son premier ministre à cause de sa « mauvaise gestion » économique.

Le président du Yémen a aussi justifié le licenciement du premier ministre, Ahmed ben Dagher, par « sa piètre performance pour soulager les souffrances de [leur] peuple ».

Or, selon l’ONU, 13 millions de personnes risquent de mourir de faim. Et les enfants sont les premières victimes.

L'ONG Save the Children a estimé qu'un million d'enfants supplémentaires risquaient de souffrir de la famine dans ce pays, ce qui porte à 5,2 millions le nombre total d'enfants menacés par le manque de nourriture.

« Il y en a déjà 2200 qui sont morts. Onze millions d’enfants – ce sont 80 % des enfants du Yémen – ont besoin d’aide humanitaire. Save the Children dit que c’est une guerre contre les enfants », rapportait le journaliste Léo Kalinda à RDI lundi.

Depuis trois ans, le Yémen est ravagé par une guerre qui a fait quelque 10 000 morts. Elle oppose les forces du président Hadi, appuyées par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, à des rebelles houthis soutenus par l'Iran.

« Autrement dit, l’Arabie saoudite et l’Iran se font la guerre par des alliés interposés. Techniquement, les Houthis sont des chiites, et les forces gouvernementales sont sunnites », précise M. Kalinda.

De l'aide et des armes

Pour Philippe Bolopion, directeur adjoint de l'organisation Human Rights Watch, cette guerre décime la population civile yéménite.

« Les trois quarts de la population sont sous assistance humanitaire. C’est la communauté internationale qui paye dans une large mesure le prix de cette guerre », a-t-il souligné en entrevue à l'émission 24/60.

« Mais ce qui est inexplicable, c’est que non seulement l’Arabie saoudite continue, mais les pays qui la soutiennent – notamment les États-Unis et le Royaume-Uni ou la France, qui lui vendent des armes – continuent à détourner le regard et faire comme s’ils ne réalisaient pas la catastrophe qu’ils contribuent à créer », a-t-il ajouté.

Il dénonce l'image de réformateur du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane et il espère que la clameur publique autour de la disparition du chroniqueur Jamal Khashoggi contribuera à sortir cette catastrophe de l'ombre.

Cela fait plus de deux ans que nous appelons la communauté internationale à imposer un embargo sur les armes à l’Arabie saoudite, à imposer des sanctions individuelles contre Mohammed ben Salmane, qui est l’architecte de la guerre au Yémen.

Philippe Bolopion, directeur adjoint du plaidoyer mondial Human Rights Watch

La dernière tentative de l'ONU d'organiser des pourparlers de paix avait tourné court.

Avec les informations de Agence France-Presse

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