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Cannabis : « Notre territoire, nos lois », dit la Première Nation de Sakimay

La chef de la Première Nation de Sakimay, Lynn Acoose, veut que sa communauté élabore sa propre réglementation sur le cannabis.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Première Nation de Sakimay ne reconnaîtra pas l'autorité du gouvernement provincial entourant la production et la vente du cannabis, même s'il est inscrit dans la loi fédérale sur le cannabis que ce champ de compétence revient aux provinces, aux territoires ainsi qu'au fédéral.

La chef Lynn Acoose affirme que sa communauté est en train de mettre au point sa propre réglementation concernant la marijuana.

« Nous sommes au début du processus. On a discuté longuement avec les membres de notre Première Nation sur les limites qu’on veut établir en matière de production, de vente et de consommation du cannabis », raconte-t-elle.

La chef affirme que, par le passé, les Autochtones ont accepté de faire des concessions entourant l'autorité de leur territoire, mais que cette relation a toujours été unilatérale.

« On a fait des compromis, notamment en ce qui a trait à la réglementation des jeux de hasard et du tabac, mais on ne souhaite plus avoir une telle dynamique, où c’est le gouvernement qui a tout le pouvoir », tranche Lynn Acoose.

Pour sa part, David Pratt, un vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan appuie la démarche de la Première Nation de Sakimay. « Nous avons la juridiction sur notre territoire. Les Premières Nations ont l’autonomie, la souveraineté sur leurs terres. Les gouvernements provinciaux n’ont pas à réglementer nos communautés », déclare-t-il.

Nous ne demanderons pas à la province la permission de faire pousser du cannabis. Nous allons simplement le faire.

Lynn Acoose, chef de la Première Nation de Sakimay

Pour sa part, le gouvernement fédéral a affirmé par courriel qu’il respecte la souveraineté des Premières Nations. Il mentionne toutefois l’importance de respecter la loi fédérale et provinciale sur le cannabis à usage récréatif.

Retombées économiques et santé

La Première Nation estime aussi qu'elle pourrait produire son propre cannabis. Selon la chef Lynn Acoose, il s’agit d’une occasion pour créer des emplois au sein de sa communauté.

Le fait de faire pousser de la marijuana nous permettra de développer un savoir-faire, de créer des emplois, d’étudier le marché pour ce produit et de créer des dérivés, comme l’huile de cannabis.

Lynn Acoose, chef de la Première Nation de Sakimay

En plus des retombées économiques, Lynn Acoose s’intéresse aux propriétés médicales de la marijuana. « Nous croyons que le cannabis peut être un bon moyen de lutter contre les dépendances aux opioïdes. C’est une meilleure façon de faire que la méthadone », estime-t-elle.

« [Le cannabis] peut aider les personnes qui vivent avec les conséquences de pensionnats autochtones, mais aussi ceux qui vivent le traumatisme intergénérationnel de ces établissements-là. On a tendance à croire qu’avec le temps les problèmes causés par les pensionnats s’effacent, mais nous remarquons qu’ils ont plutôt tendance à s’accumuler », ajoute la chef.

Avec les informations d'Olivia Stefanovich

Saskatchewan

Autochtones