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Première : des souriceaux nés de deux pères

Un bébé souris né de deux pères biologiques.

Un bébé souris né de deux pères biologiques.

Photo : Académie chinoise des sciences/Leyun Wang

Radio-Canada

Le recours à la correction de séquence génomique a permis pour la première fois de créer des souriceaux à partir du matériel génétique de deux mâles.

Aucune femelle n'a donc contribué à la constitution génétique des bébés rongeurs qui n’ont survécu que quelques jours, et n’ont donc pas pu se reproduire.

Cette reproduction inhabituelle réalisée par le généticien Zhi-Kun Li et ses collègues de l’Académie des sciences de Chine s’est déroulée dans un laboratoire.

L’équipe a recueilli les cellules souches de deux mâles et les a utilisées pour produire des embryons qui ont ensuite été implantés dans des femelles porteuses.

Un peu plus de 1 % des 1023 embryons ont produit des petits. Ces derniers étaient deux fois plus gros que des souriceaux normaux et sont morts peu après la naissance. Une deuxième génération obtenue en raffinant la technique a mené à la naissance de petits de taille normale, mais seulement deux d'entre eux ont survécu plus de 48 heures et aucun n'a survécu à l'âge adulte.

La même expérience réalisée avec deux femelles a mené à des résultats plus concluants.

Une souris et deux bébés dans les mains d'un chercheur.

Cette femelle adulte est née de deux mères biologiques. Elle a grandi et mis au monde sa proche progéniture.

Photo : Académie chinoise des sciences/Leyun Wang

Les rejetons obtenus avec le matériel génétique de deux femelles ont pu produire, à l’âge adulte, des souris saines qui ont ensuite eu leur propre progéniture. Elles présentaient quand même quelques défauts génétiques.

Ce n’était toutefois pas la première naissance d'une souris au matériel génétique exclusivement féminin, puisqu’une équipe japonaise avait réussi l’exploit en 2004.

Une percée chez les mammifères

Ces expériences ont été réalisées afin de mieux cerner la raison pour laquelle les mammifères ne se reproduisent que sexuellement, c’est-à-dire à l’aide de deux parents du sexe opposé.

Les auteurs de l'étude ont fait un pas très important pour comprendre pourquoi les mammifères peuvent uniquement se reproduire par voie sexuée.

Christophe Galichet, un généticien qui n’a pas participé aux présents travaux

Dans leurs travaux, les chercheurs ont utilisé l’instrument CRISPR/Cas9 qui se compare à un ciseau moléculaire capable de pénétrer directement dans une cellule vivante pour y corriger un gène.

Ils ont ainsi réussi à éliminer trois régions situées près de gènes importants de cellules souches qui ont ensuite été utilisées pour produire des embryons.

D'autres vertébrés, tels que des amphibiens, des serpents et des requins, se reproduisent à l’occasion avec un seul parent. Les femelles de ces espèces peuvent parfois amener un ovule non fécondé à produire une progéniture, un processus appelé parthénogenèse.

D’autres expériences ont déjà permis de créer des poissons-zèbres avec l'ADN d'un seul père. Jusqu'à présent, toutefois, aucun mammifère n’avait été produit uniquement avec des mâles, ou par androgenèse.

Loin des tests chez les humains

Cette technologie novatrice, qui pose de nombreuses questions éthiques, est encore loin d'être applicable à l'humain.

Des années de recherche sur les animaux sont encore nécessaires pour cerner tous les risques potentiels de cette méthode, notamment les anomalies.

Une chose est certaine, ces travaux améliorent nos connaissances génétiques et aident à mieux cerner des processus qui pourraient un jour permettre de corriger des malformations congénitales.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Cell Stem Cell (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Avec les informations de AFP, et Science Daily

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