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La légalisation du cannabis complique la vente d'accessoires qui y sont liés

Ils prennent la pose devant la vitrine de leur boutique où on peut lire en noir et vert : Amsterdam Rimouski
Karll Joseph Emond et son père Karll Emond devant leur boutique à Rimouski Photo: Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Le 17 octobre, le cannabis sera légal au Canada. C'est aussi à partir de cette date que la vente d'accessoires portant une feuille de marijuana sera interdite au Québec, une situation fâcheuse pour plusieurs détaillants de Rimouski.

Un texte de Catherine Poisson, avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

Une boutique de Rimouski vend des accessoires liés au cannabis en toute légalité depuis 1996.

Mercredi, le propriétaire, Daniel Grenier, devra pourtant arrêter de vendre certains de ces produits.

Pour les accessoires, c'est très complexe à gérer parce qu'on ne sait pas où on s'en va avec les nouveaux règlements. On a de la misère à savoir ce qui va être permis à cause des logos, la fameuse feuille, constate le commerçant.

On va arrêter de les vendre en attendant de savoir ce qui sera permis. La loi est dure à suivre pour l'instant, on attend des précisions du gouvernement, ajoute-t-il.

De petites pipes de verre colorées sont déposées sur une tablette.Des exemples d'accessoires en vente à la boutique Amsterdam Rimouski Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Daniel Grenier déplore que les détaillants qui ont pignon sur rue, comme lui, soient pénalisés tandis que les commerçants en ligne n'auront pas à se conformer aux mêmes règles.

C'est bizarre que ça ait toujours été permis et qu'aujourd'hui que la marijuana soit légalisée, on ne puisse plus vendre d'accessoires avec le logo de la marijuana. Les gens vont pouvoir les acheter quand même sur Internet ou dans les autres provinces.

Daniel Grenier, propriétaire de la boutique Achetons-Vendons

Comme Daniel Grenier, Karll Emond ne vend pas de cannabis, mais plutôt des accessoires pour le consommer.

Il a ouvert sa boutique cet été. Déjà, il se voit forcé de retourner certains produits.

Même en faisant notre inventaire, on a acheté plusieurs choses qu'on ne savait pas [qu'il était illégal de vendre]. Il faut reculer sur ce qu'on a fait, admet Karll Emond.

Que dit la loi?

Au Québec, les commerçants d'accessoires de cannabis doivent respecter les mêmes règles applicables aux accessoires du tabac prévues à la Loi concernant la lutte contre le tabagisme.

Il leur est interdit de vendre, donner ou échanger un produit qui n’est pas du cannabis et qui contient un nom, un logo, un slogan associé directement à la SQDC, à une marque de cannabis ou à un producteur autorisé.

Les contrevenants s'exposent à une amende allant de 2500 $ à 62 500 $.

Le commerçant garde néanmoins le sourire et assure que son objectif est de se conformer aux lois en place. C'est d'ailleurs pour cette raison que sa boutique est réservée aux 18 ans et plus.

C'est pas comme une tabagie où tous les jeunes peuvent entrer et sortir. J'espère qu'ils vont tenir compte de ça et, éventuellement, adapter les lois pour tenir compte du marché, avance-t-il.

Les inspecteurs vont passer à un moment donné et on se fie sur eux pour nous donner la bonne information et avoir la chance de rattraper les erreurs qu'on a pu faire, parce que c'est très coûteux si on a une amende, ça peut être 5000 $, des fois 10 000 $.

Karll Emond, propriétaire de la boutique Amsterdam Rimouski

Bien que l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec change la donne quant à l'application de la loi sur le cannabis dans la province, Karll Emond se réjouit d'avoir ouvert sa boutique à Rimouski.

Avec le changement de gouvernement, la loi devient plus floue, on ne sait pas exactement ce qui va se passer. Par contre, je suis très content d'être à Rimouski. Je trouve que le dossier est bien mené par le maire, on sent que les décisions sont prises sur la base de réflexions et non de préjugés, affirme-t-il.

Malgré ce flou, le commerçant voit grand pour l'avenir de son entreprise. Il a engagé une firme de Montréal pour l'aider à réaliser un projet qui comprendrait plusieurs franchises au Québec, ainsi que des centres de distribution et de création à Rimouski.

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