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Immobilier, crime, transports : deux candidats, deux visions différentes pour Saint-Boniface

Un montage de deux portraits : à g., un homme plus jeune, devant l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface et à d., un homme plus âgé, devant un site de construction.

Mathieu Allard (à gauche), et Marcel Boille (à droite) sont les deux candidats dans le quartier de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Crimes contre la propriété, projets immobiliers, services récréatifs et autobus : dans le quartier de Saint-Boniface, les enjeux sont nombreux. Deux Bonifaciens de longue date, aux visions différentes, s'affrontent à ces élections municipales.

Un texte de Camille Gris Roy

Mathieu Allard, qui tente de se faire réélire pour un deuxième mandat, constate que les sujets de conversation sur le seuil des portes ne sont pas tout à fait les mêmes qu’il y a quatre ans.

« La dernière élection, c'était les routes, et on nous demandait d'améliorer [l'obligation de rendre des comptes] à l'Hôtel de Ville », se rappelle le candidat, qui a grandi et vit toujours à Saint-Boniface.

« Cette année, les enjeux sont plus divers. C’est les crimes contre la propriété et la crise de la méthamphétamine et des opioïdes, qui touche tout le Canada, mais en particulier Winnipeg », constate le candidat.

« Et il y a vraiment un lien entre la santé mentale, la dépendance et les crimes contre la propriété, finalement. Ce sont en général des crimes qui permettent aux gens de retirer quelques dollars pour ensuite alimenter leur dépendance », note-t-il.

Un homme, souriant, sur le boulevard Provencher à Saint-Boniface.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« J'aimerais pouvoir continuer le travail que j'ai commencé. Si on regarde des projets comme la promenade Taché, un projet de réhabilitation et qui va rendre plus beau le nord de Saint-Boniface : j'aimerais continuer dans cette direction », lance Mathieu Allard, qui est candidat à sa réélection.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Le candidat propose de travailler davantage avec les organismes communautaires, ainsi que sur l’aspect de la santé mentale. « Moi, j’ai appuyé le [centre de lutte contre les dépendances] Bruce Oake, j’appuie des groupes comme St. Boniface Street Links et Morberg House. »

La densification du quartier est un autre thème important de la campagne de Mathieu Allard. « J’aimerais voir la Ville miser davantage sur le développement intercalaire », consistant à construire dans les endroits disponibles dans les quartiers existants, plutôt que d'étendre l'empreinte de la ville.

En consultation avec la communauté [j'aimerais] voir comment on peut bâtir le Saint-Boniface de nos rêves, où il y a une diversité de logements, que ce soit la location, des condos, le logement unifamilial...

Une citation de : Mathieu Allard, candidat dans Saint-Boniface

Après un plan secondaire pour le nord de Saint-Boniface, le candidat aimerait voir un plan semblable pour le Saint-Boniface central, situé au nord de la rue Marion.

Au fond, une pancarte verte pour le candidat Matt Allard, et au premier plan, une pancarte bleue pour Marcel Boille.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les pancartes électorales ont envahi les pelouses à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

« Gaspillage d'argent »

Son adversaire dans la course, Marcel Boille, pense au contraire que les habitants de Saint-Boniface ne veulent pas davantage de densification et craignent que le quartier ne perde son caractère. « Saint-Boniface a toujours été une ville bien distincte, et le monde veulent pas que ça change juste pour satisfaire la Ville. »

Originaire de Saint-Claude, Marcel Boille habite à Saint-Boniface depuis 37 ans. Sa raison de se présenter? « Je veux laisser Saint-Boniface en meilleure condition pour mes petits-enfants, je ne veux pas qu'ils soient forcés de déménager ailleurs. Le commentaire que je reçois du monde, c'est que Mathieu Allard, c'est un bon gars, mais il n’écoute personne. »

Un homme sort de sa voiture et tient une pancarte électorale qui dit « Marcel Boille for/pour Councillor- St. Boniface ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marcel Boille se présente dans la course pour, dit-il, « laisser Saint-Boniface en meilleure condition pour mes petits-enfants ».

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

« Autre chose, c’est le gaspillage d’argent », lance-t-il, en référence au projet de promenade Taché, en cours de réalisation. « C’est un trottoir » qui va coûter des millions de dollars, dit-il. « En même temps on dit aux jeunes de Saint-Boniface que l’aréna va être fermé pour l’hiver. Ça n’a pas de bon sens. »

Les infrastructures de loisirs – comme l’aréna Notre-Dame qui n’a pas de glace cette année, et la piscine de Norwood menacée de fermeture – seront parmi ses priorités.

« Si je suis élu, je vais m'assurer que l'aréna reste ouvert et la piscine aussi : le monde tiennent à ce qu'ils ont et veulent les garder. »

Lui aussi constate que la criminalité est une inquiétude dans le quartier. « Là où je reste, dans les dernières deux semaines, on a eu au-dessus de 10 break-in [...]. Moi-même, j'ai été victime d'une invasion de domicile récemment, ça a pris 36 heures à la police pour se montrer. »

Il considère qu’il faut concentrer les ressources policières davantage sur ce type de crimes plutôt que sur le trafic routier.

Je voudrais voir plus d'autos de police sur les rues au lieu de faire du radar photo ou de régler les lois de circulation. Certainement, il faut en faire des deux côtés. Mais, si on n'est pas en sécurité dans nos maisons et nos rues, ça ne marche pas.

Une citation de : Marcel Boille, candidat dans Saint-Boniface

Ce que les candidats pensent...

- de la place du français à Winnipeg :

Mathieu Allard (M. A.) : « Je pense que le français au niveau du conseil municipal est à la meilleure place qu’il n’a jamais été : on a eu un maire qui apprend le français, plusieurs conseillers qui l'apprenaient ou le comprenaient. On a établi un système d'interprétation au conseil municipal. On est aussi membres du Réseau des villes francophones et francophiles des Amériques... Le travail continue, mais les choses avancent. »

Marcel Boille (M. B.) : « Moi-même, je suis très fier d'être francophone. Il n’y a aucune place à Winnipeg où j’aimerais rester plutôt qu'à Saint-Boniface. Il faut qu'on se batte pour conserver notre milieu français : c'est notre communauté. »

- du transport en commun et du transport rapide par autobus :

M. A. : « Pour une ville qui va compter 1 million de personnes d'ici 2035, il faut trouver des solutions autres que simplement demander à tout le monde d’acheter son propre véhicule. On voit que la congestion devient de plus en plus un enjeu important. Miser sur le transport actif et le transport en commun est la solution pour construire une ville qui est viable. »

M. B. : « Le rapid transit c'est une perte d'argent, on a des meilleures places où mettre l'argent. Il faut d'abord arranger le système de transport qu'on a maintenant, pour qu'il soit efficace pour encourager les gens à s'en servir. »

Vue du terre-plein au centre du boulevard Provencher. Des voitures circulent de chaque côté.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le boulevard Provencher, à Saint-Boniface, deviendra-t-il un corridor de transport rapide par autobus? Des discussions qui reviendront sur la table lors des prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

- des chemins de fer à Saint-Boniface :

M. A. : « J'ai l'oreille ouverte. Si on veut voir un niveau d'action important sur le dossier, ça doit inclure les gouvernements provincial et fédéral, mais la province a annulé une étude. Au niveau de projets, s’il y a une opportunité de relocaliser une partie des voies ferrées, je suis toujours intéressé. »

M. B. : « C’est pas quelque chose qui est seulement à Saint-Boniface. Est-ce que ça a du sens d'essayer de tout déménager? C'est bien beau de le vouloir, mais qui va payer ça? »

- de Portage et Main :

M. A. : « Je vais voter oui, mais je veux que ce soit évident pour les gens que c’est aux Winnipégois de décider ce qu’ils veulent faire. »

M. B. : « Non! C’est un attrape-nigaud. Quand les gens parlent de Portage et Main, ils ne regardent pas ce que la Ville est en train de faire. »

- des candidats à la mairie :

M. A. : « Je pense que le maire Bowman est bien placé pour gagner, mais moi, je mène ma propre campagne, qui est indépendante. »

M.B. : « Je supporte Jenny Motkaluk : je n'ai pas aimé les derniers quatre ans, nos taxes montent de plus en plus, ça prend des nouvelles idées. »

Pour en lire plus sur les élections municipales au Manitoba : consultez notre page spéciale

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