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Véhicules électriques : les subventions lavalloises plus populaires que prévu

Une voiture électrique est rechargée.

Depuis avril, la Ville de Laval offre 2000 $ aux citoyens qui achètent un véhicule 100 % électrique.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le programme lavallois de subvention aux voitures et vélos électriques, financé par les promoteurs immobiliers de la ville, est si populaire que l'administration doit maintenant y injecter des fonds supplémentaires.

Surpris par l'engouement que suscite le programme, le conseil municipal a accepté au début du mois d’allonger 400 000 $ de plus à ce projet.

Unique au Canada, le programme permet aux citoyens lavallois d’obtenir un coup de pouce financier de 2000 $ à l'achat d'une voiture électrique. Cette somme s’ajoute à la subvention de 8000 $ que le gouvernement du Québec accorde déjà. Pour les vélos électriques, l’aide est de 400 $.

« Il y a un engouement, et on en est bien heureux d’augmenter la quantité de véhicules électriques en sol lavallois », a affirmé Virginie Dufour, conseillère municipale et membre du comité exécutif, à Gravel le matin, lundi.

En se basant sur les ventes de voitures électriques sur le sol lavallois l’année précédente, l'administration avait prévu accorder une centaine de subventions. Or, elle a déjà reçu plus de 163 demandes en six mois.

Ces véhicules « représentent une réduction annuelle de 455 tonnes de CO2 », a indiqué la Ville par voie de communiqué, lundi. « Ceci correspond à un gain environnemental équivalant au retrait de neuf camions lourds de la circulation, et ce, pendant un an. »

En ce qui concerne les vélos, 221 demandes ont été présentées jusqu'à maintenant. Les bicyclettes électriques sont surtout achetées par des personnes « qui n’utilisaient plus leur vélo à cause de l’âge, des distances ou de la vitesse », explique Mme Dufour.

Ces vélos permettent en outre à plusieurs personnes de faire de courts déplacements autrement qu’en voiture, dans une ville où les zones résidentielles et commerciales sont souvent distantes les unes des autres.

Un programme de compensation des GES

« Les frais ne sont pas assumés par les Lavallois, ce n’est pas payé par les taxes, explique Mme Dufour. C’est un programme de compensation qui est financé par les promoteurs immobiliers. »

En effet, depuis 2011, la Ville impose une tarification spéciale aux promoteurs pour tout projet de développement résidentiel, commercial ou industriel, afin de financer des initiatives environnementales.

Des « sommes considérables », soit environ 1,6 million de dollars, avaient été accumulées au fil des années, dit Mme Dufour.

Pour utiliser ces sommes à bon escient, « on cherchait des programmes », admet-elle. « On a été sur le marché du carbone, mais on n’avait rien qui était vraiment efficace pour avoir un impact en sol lavallois. »

Cherchant à minimiser les impacts des gaz à effet de serre sur son territoire, la municipalité – construite sur le modèle du tout à l’auto – a donc développé son propre projet.

Le programme lavallois se veut plus limitatif que celui du gouvernement, puisque seuls les véhicules 100 % électriques sont admissibles, et non les hybrides.

Le prix d'achat moyen des véhicules électriques pour lesquels une subvention a été accordée s'élève à 42 000 $. L'aide financière de 2000 $ octroyée par la Ville peut faire la différence dans la prise de décision afin d'effectuer un virage vert.

Communiqué de la Ville de Laval

Laval a également octroyé récemment un contrat pour faire installer cinq nouvelles bornes de recharge rapides sur son territoire, alors qu’elle n’en disposait que d’une seule auparavant. Il y a des bornes régulières sur le territoire, certaines exploitées par le privé, mais « la demande est pour des recharges rapides », dit Mme Dufour. Ainsi, la Ville ajoute des bornes chaque fois que des travaux sont faits dans ses bâtiments municipaux, soutient-elle.

L’administration du maire Demers a l’intention de reconduire le programme en 2019, sous réserve de son acceptation par le conseil municipal.

D'autres municipalités pourraient éventuellement adopter des programmes similaires. Sa voisine montréalaise, toutefois, n'envisage pas de mettre en place ce type de programme, a fait savoir l'attachée de presse du comité exécutif, Laurence Houde-Roy. La Ville a plutôt opté pour l'implantation d'un réseau de 1000 bornes de recharge sur rue pour accommoder les citoyens qui n'ont pas de case de stationnement où recharger leur voiture.

La demande supérieure à l'offre

Selon les plus récentes données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), il s’est vendu à travers la province plus de 13 600 véhicules 100 % électriques dans les six premiers mois de 2018. Il y a quatre ans, il n’y en avait eu que 1414 pour toute l’année.

Outre le prix, qui reste élevé pour bien des consommateurs, le problème de l’approvisionnement des véhicules électriques reste entier, commente pour sa part Martin Archambault, de l’Association des véhicules électriques du Québec. Les listes d’attente peuvent s'élever de deux à 10 mois selon les modèles.

« Les gens s'informent, ils vont chez le concessionnaire, qui n’a aucun véhicule à leur montrer. Il leur montre des dépliants, se désole M. Archambault. Les gens se retournent de bord, puis vont acheter une voiture qui n’est électrique parce qu'ils ne peuvent pas toujours attendre. »

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