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Les lézards ont tout ce qu’il faut pour rêver

Les lézards, tout comme les mammifères et les oiseaux, possèdent deux états de sommeil, confirment les travaux de neuroscientifiques français.

Les présents résultats obtenus auprès du lézard tégu argentin (Salvator merianae) confirment d’autres constats établis en 2016 au sujet du dragon barbu (Pogona vitticeps).

Un lézard. Un tégu argentin (« Salvator merianae ») Photo : Paul-Antoine Libourel

L'étude actuelle menée par Paul-Antoine Libourel et ses collègues du Centre de recherche en neurosciences de Lyon révèle quand même certaines différences entre les espèces et mène à de nouveaux questionnements sur l'origine des phases de sommeil.

Un sommeil réparateur

Il est bien établi que, pendant les heures de sommeil, l'organisme réalise plusieurs tâches vitales qui lui permettent de :

  • consolider les connaissances apprises pendant la journée;
  • nettoyer le cerveau des déchets du métabolisme;
  • produire des hormones;
  • réguler la température;
  • reconstituer ses réserves énergétiques.

Le sommeil est un phénomène physiologique qui serait apparu au début de l'évolution et qui semble partagé par tout le règne animal.

Or, les scientifiques ont longtemps estimé que seuls les mammifères terrestres et les oiseaux possédaient deux états de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal.

Celui-ci, associé aux rêves, est une phase complexe qui plonge le corps dans un état ambigu, entre sommeil et éveil.

L’étude de 2016 publiée dans la revue Science montrait donc que le dragon barbu passait par deux états distincts de sommeil. Les chercheurs émettaient ainsi l'hypothèse selon laquelle les phases de sommeil seraient apparues chez un ancêtre commun aux mammifères et aux reptiles, il y a 350 millions d'années.

Les présents travaux

L'équipe de recherche a réitéré l'expérience faite sur le dragon barbu. Elle a ensuite mené une nouvelle étude sur le tégu argentin et confirmé que les deux lézards manifestent deux états de sommeil distincts, partageant des similitudes avec le sommeil lent et le sommeil paradoxal.

Des différences

L’analyse montre cependant des différences non seulement entre le sommeil des lézards et celui des mammifères et oiseaux, mais également entre les deux espèces de lézards.

Le sommeil paradoxal des humains présente des activités cérébrales et oculaires semblables à celles de l'éveil dans un corps ensommeillé. Celui des lézards se distingue par une activité des yeux plus lente et, pour le tégu, une activité cérébrale bien différente de celle associée à l'éveil.

Les différences observées montrent donc une réalité plus complexe de ce qu'est le sommeil paradoxal dans le règne animal et ouvrent, selon les chercheurs, de nouvelles perspectives dans notre compréhension de l'origine des rêves, de notre propre sommeil et de celui des lézards.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Biologie

Science