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Le cannabis influe sur la conduite automobile jusqu'à cinq heures après sa consommation

Les explications de Pascal Robidas
Radio-Canada

Les jeunes qui conduisent sous l'effet du cannabis risquent davantage d'avoir un accident de la route, même plusieurs heures après en avoir consommé, révèle une étude de l'Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

L'étude, conduite sur une cinquantaine de jeunes de 18 à 24 ans à l’aide de simulateurs, a permis de constater que leurs facultés étaient encore affaiblies, même cinq heures après la consommation de l’équivalent d’un joint de cannabis.

Lors de cet essai clinique, les chercheurs ont noté « un déclin marqué des habiletés essentielles liées à la conduite », comme la vitesse de réaction, une plus grande distraction ou encore une difficulté à exécuter des manœuvres au premier essai.

Les facultés de conduite des participants se détérioraient dès qu'ils étaient exposés à des distractions comme celles qui se produisent inévitablement sur la route.

Extrait de l'étude

Fausses perceptions chez les jeunes

Du cannabis posé sur une table près de clés de voiture.Le cannabis rend les conducteurs moins aptes à réagir adéquatement en présence de distractions et de stimuli. Photo : iStock / 400tmax

Les auteurs de l’étude soulignent s’être intéressés précisément aux jeunes âgés de 18 à 24 ans après avoir pris connaissance des résultats d’un sondage mené par l'Association canadienne des automobilistes (CAA) qui révélait qu’un jeune Canadien sur cinq croyait être un aussi bon ou même un meilleur conducteur lorsqu’il était sous l’effet de la drogue plutôt qu’à jeun.

« Nous on veut faire tomber ce mythe-là, rappeler qu’il y a des dangers à consommer une substance comme le cannabis […] au même titre qu’il y a un risque lorsqu’on consomme de l’alcool, des médicaments ou qu’on est victime d’une extrême fatigue », explique Annie Gauthier, porte-parole du CAA-Québec.

L’étude clinique, financée d'ailleurs par la CAA, consistait d’abord à mesurer les réflexes des sujets lorsqu’ils étaient à jeun à l’aide de simulateurs de conduite et de tests du champ de vision utile.

On leur faisait ensuite inhaler avec un vaporisateur médical, une dose de 100 mg de fleurs de cannabis séchées à teneur en THC de 13 % avant de les soumettre aux mêmes épreuves.

Habituellement, un joint contient de 300 à 500 mg de cannabis.

Distractions et stimuli

Une adolescente conduit sur un simulateur en tenant un cellulaire. Une adolescente conduit sur un simulateur en tenant un cellulaire. Photo : Radio-Canada

Si les capacités de conduite des participants ne semblaient pas atténuées outre mesure par leur consommation de cannabis lorsqu’ils n’avaient qu’à se concentrer sur la conduite, la situation se compliquait rapidement dès que divers stimuli étaient ajoutés.

« Même si aucun effet notable n'a été remarqué en l'absence complète de distractions, les habiletés liées à la conduite diminuaient grandement dès que les conditions se rapprochaient davantage de la réalité par l'ajout d'éléments à analyser et l'insertion de distractions », ont constaté les chercheurs.

« Même cinq heures après avoir inhalé le THC, souligne Annie Gauthier, les sujets étaient encore incapables de faire des manœuvres de conduite de base régulière comme s’insérer entre deux véhicules, traverser une traverse piétonnière, éviter des piétons, des cyclistes. »

Qui plus est, souligne l’étude, une forte proportion des jeunes conducteurs évalués ont rapporté une diminution de leur sentiment de sécurité au volant lorsqu'ils étaient sous l'effet du cannabis, une impression qui était toujours présente cinq heures après la consommation.

Lorsqu'on se sent moins sûr à l'idée de prendre le volant, c'est qu'on ne devrait pas conduire.

Jeff Walker, gestionnaire stratégique principal de la CAA

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