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Michel Courtemanche : le récit d'une carrière avortée... et des comptes à régler

Syndrome de bipolarité, problèmes de dépendance à l'alcool et aux drogues, épuisement professionnel : l'acteur et humoriste Michel Courtemanche raconte les circonstances qui ont mené à la fin abrupte de sa carrière sur scène dans sa biographie Face à faces, publiée le 17 octobre. Il en a discuté avec Guy A. Lepage lors d'une entrevue diffusée dimanche soir à Tout le monde en parle.

Il est monté sur scène pour la dernière fois en juillet 1997, lors d’une prestation improvisée qui devait durer trois heures, à Montréal. Pris de panique, Courtemanche a quitté la scène en catastrophe en plein milieu du spectacle. Il n’y est plus remonté par la suite.

« Ça a été le pire moment de ma vie, professionnellement, et je le regrette encore, a-t-il expliqué. Je regrette tout ce que j’ai pu dire et faire et ce que j’ai donné au public ce soir-là […]. C’était dégueulasse. »

Il lui était souvent arrivé de ne pas vouloir monter sur scène en raison de crises de panique, mais il finissait toujours par se calmer, et les spectateurs n’y voyaient que du feu. Ce soir-là, il avait omis de prendre son médicament pour combattre l’anxiété.

Au zénith de sa carrière, Michel Courtemanche a connu un véritable succès international, une première pour un humoriste québécois. Il a même été approché par le réalisateur George Lucas pour incarner le rôle de Jar Jar Binks dans un film de la saga Star Wars, projet qui ne s'est pas concrétisé, car le Québécois était trop petit.

Dans sa biographie, on apprend qu'une grande souffrance se cachait derrière ce succès éclatant. Il disait oui à tous les projets qu'on lui proposait, mais la pression était trop grande pour lui.

Quand tu es bipolaire et que tu es dans une phase maniaque, tu dis oui à tout. Et là, quand tu dois exécuter tes contrats et que tu es dans un creux, ça ne va pas bien.

Michel Courtemanche

Poussé à bout

L’entourage de Michel Courtemanche attendait beaucoup de ce jeune humoriste bourré de talent. Rétrospectivement, l’humoriste juge avoir été exploité.

« Il y a une fois, je me rappelle, où j’étais vraiment à bout et je n’étais plus capable de faire quoi que ce soit et, finalement, on m’a convaincu que si je décidais de lâcher, je le regretterais après et il serait trop tard. Ce qui fait que j’ai décidé de continuer plutôt que de suivre mon instinct. »

Il juge avoir été traité injustement par Juste pour rire, et plus particulièrement par son imprésario, François Rozon, qui, selon ce que Michel Courtemanche soutient dans sa biographie, prenait 50 % de ses revenus, quels qu’ils soient.

François Rozon s'est défendu après l’émission diffusée dimanche soir. « Michel et moi étions complices, amis et partenaires d’affaires, d’égal à égal, a-t-il écrit dans une déclaration transmise par courriel. Malheureusement, les souvenirs de Michel sont erronés, tant pour les aspects humains que financiers. »

« Chacun de nos contrats a été conclu en bonne et due forme et respecté fidèlement, affirme-t-il. Nous en avons bénéficié tous les deux à travers les succès et assumé les responsabilités des projets qui n’ont pas fonctionné. »

Rozon affirme également avoir essayé de l’aider du mieux qu'il le pouvait à l'époque pour l’empêcher de sombrer et avoir « été l’un des seuls à lui rendre visite et à l’aider à réorganiser sa vie à sa sortie » de maison de thérapie.

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