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Affaire Khashoggi : des multinationales se distancient de Riyad

Le drapeau saoudien flotte au-dessus du consulat saoudien à Istanbul, où le journaliste Jamal Khashoggi a été vu pour la dernière fois le 2 octobre dernier.

L’affaire du journaliste saoudien disparu Jamal Khashoggi continue de susciter de vives réactions à l'échelle internationale.

Photo : Getty Images / Yasin Akgul

Radio-Canada

Plusieurs multinationales et entreprises médiatiques occidentales prennent leurs distances avec l'Arabie saoudite en raison de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. La Banque JP Morgan, le constructeur automobile Ford et Viacom, notamment, ont annulé leur participation au sommet Future Investment Initiative, qui doit avoir lieu du 23 au 25 octobre à Riyad.

Chroniqueur très critique du prince héritier Mohammed ben Salmane, M. Khashoggi a été aperçu la dernière fois le 2 octobre lorsqu’il entrait dans le consulat saoudien à Istanbul, en Turquie, où il devait récupérer un document nécessaire à son futur mariage.

Quatre jours plus tard, des responsables turcs cités par les médias ont affirmé qu'il avait été tué dans ce bâtiment, des allégations aussitôt qualifiées d'« infondées » par l'Arabie saoudite.

L’affaire continue de susciter de vives réactions sur la scène internationale, notamment dans le monde des affaires avec le retrait de plusieurs grandes personnalités et multinationales d’un important sommet sur les investissements à Riyad.

Baptisé le « Davos du désert », le sommet Future Investment Initiative a pour but affiché d’attirer les capitaux internationaux au royaume wahhabite.

Des médias comme le New York Times, CNN, Bloomberg, Financial Times et CNBC ont déjà annoncé qu’ils ne prendraient pas part à l’événement. Fox Business Network, qui représente la seule compagnie médiatique occidentale à ne pas se retirer du sommet, a cependant affirmé à l’agence Reuters qu’elle étudiait encore sa position.

Du côté des gens d’affaires, le patron de la banque américaine JP Morgan, Jamie Dimon, a annoncé dimanche qu’il annule sa participation au sommet.

Bill Ford, coprésident du conseil d’administration du constructeur automobile américain Ford, a également annulé une tournée au Moyen-Orient qui devait le mener à Riyad, où il était attendu au sommet. Les deux hommes n'ont toutefois pas précisé les raisons motivant leur décision.

Le chef d’Uber Technologies, Dara Khosrowshahi, le PDG de Viacom, Bob Bakish, et Steve Case, un des fondateurs d’AOL, ont eux aussi annoncé l’annulation de leur participation à l’événement.

Du côté européen

Le géant allemand Siemens, dont le patron Joe Kaeser est également invité au sommet, n'a pour l'instant pas annulé sa présence, mais le groupe a fait savoir à l'AFP qu'il « surveillait la situation de près ». Même chose du côté des dirigeants des banques françaises BNP Paribas et Société Générale.

Plus tôt cette semaine, le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, a annoncé sa décision de geler plusieurs projets d'affaires avec le royaume, qui lui avait pourtant donné un poste de conseiller dans le tourisme et promis d'investir un milliard de dollars dans ses projets de tourisme spatial.

« Si ce qui a été rapporté à propos de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi est véridique, cela changerait radicalement les perspectives d'affaires de tous les Occidentaux avec le gouvernement saoudien », a souligné M. Branson dans un communiqué publié jeudi dernier.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, tout en se disant « horrifiée » par l'affaire Khashoggi, a maintenu sa venue au sommet.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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