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Faut-il encadrer les sondages électoraux?

Des chiffres dans un tableau d'une firme de sondage indiquant les intentions de vote pour les différents chefs de partis québécois.

Les prédictions des firmes de sondage étaient très différentes des résultats des élections québécoises de 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'écart entre le résultat de l'élection québécoise et les prédictions des maisons de sondage n'a jamais été si grand : s'il ne s'agit pas de la première erreur de sondages au pays, on s'interroge toujours sur leur influence sur l'électorat et sur la nécessité de mieux les encadrer.

Un texte de Michel Marsolais

Les sondeurs n'avaient pas de quoi pavoiser au lendemain de l'élection du 1er octobre.

On parle de la pire erreur de l'histoire des sondages politiques au Québec, qui remonte à 1959. Les maisons de sondage font leur examen de conscience.

« Ce qui affecte beaucoup les résultats, c'est le taux de participation », explique Sébastien Dallaire, directeur général de la firme Ipsos au Québec. « Quand les taux de participation sont faibles comme c'était le cas à la dernière élection, c'est là qu'on a tendance à être moins précis. Mais il faut porter beaucoup plus attention aux changements de dernière minute qui sont beaucoup plus importants qu'ils l'ont été. »

Un homme portant un complet avec une cravate regarde le journaliste lors d'une entrevue dans les bureaux d'une firme de sondage.
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Sébastien Dallaire, directeur général de la firme Ipsos au Québec

Photo : Radio-Canada

Mais les sondages servent-ils vraiment à quelque chose, et faut-il tenter de les encadrer comme le font certains pays?

Un exercice inutile qui comporte plus de risques que d'avantages, pense Claire Durand, professeure à l'Université de Montréal.

« Les gens qui regardent les sondages ont moins tendance à changer d'idée que ceux qui ne les regardent pas et ceux qui les regardent ont plus tendance à aller voter, c'est le contraire de ce qu'on pense. C'est la seule information scientifique que j'ai durant la campagne », dit celle qui préside aussi la World Association of Public Opinion Research.

Pour elle, les sondages permettent de savoir ce que les autres régions pensent. La solution de rechange aux sondages, c'est la rumeur, ou pire : les faux sondages!

Une femme portant des lunettes rondes regarde le journaliste lors d'une entrevue devant une fenêtre de sa maison.
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Claire Durand, professeure à l'Université de Montréal

Photo : Radio-Canada

Béquilles pour les journalistes

Pour l'ancien ministre péquiste Pierre Duchesne, les sondages servent surtout à alimenter les médias et les chroniqueurs qui n'ont plus le temps d'aller prendre le pouls du public. Il déplore que les coups de sonde polarisent l'opinion des électeurs, même s'ils sont souvent imprécis.

« En période électorale, les médias et les citoyens qui cherchent à s'informer n’ont pas réussi à trouver les outils pour capter la réalité, pour savoir où en sont les partis politiques », pense l’ancien journaliste qui est maintenant professeur de sciences politiques à l’UQAM. « Et on se sert des sondages comme le seul repère, et ça devient effectivement une béquille. »

Un homme regarde le journaliste lors d'une entrevue dans sa maison devant un mur en bois.
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Pierre Duchesne, professeur de sciences politiques à l'UQAM

Photo : Radio-Canada

«  »

— Une citation de  Pierre Duchesne, professeur de sciences politiques à l'UQAM

On peut reprocher bien des choses aux sondages, mais il est difficile de les encadrer à l’ère des médias sociaux.

Dans les États qui les interdisent juste avant l'élection, on peut quand même en retrouver sur Internet, diffusés à partir de pays voisins.

« Aux dernières élections françaises, les sondages sont interdits une journée. Cette journée-là, il y a eu un sondage publié en Belgique et un autre en Suisse qui donnait Fillion gagnant », raconte d'ailleurs Claire Durand.

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