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Ces petites élections que l’Europe ne peut ignorer

Des affiches électorales dans la vitre d'un petit commerce en Belgique.

Les petites élections locales en Belgique attirent l'attention de la classe politique européenne.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Yanik Dumont Baron

Les citoyens d'au moins deux pays européens sont appelés à voter ce dimanche lors d'élections régionales ou municipales. Des scrutins d'ordinaire ignorés hors de ces communautés, mais pas cette fois. Au travers de ces choix, c'est de l'identité de l'Europe qu'il est question.

Le scrutin régional de Bavière en Allemagne est présenté comme un référendum sur les politiques migratoires de la chancelière Angela Merkel. Fallait-il ouvrir les portes à des centaines de milliers de migrants?

Les sondages anticipent une réponse négative. Le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne, AfD) semble récolter des voix qui allaient traditionnellement à l’Union chrétienne-sociale (CSU) de la chancelière.

L’AfD, qui dénonce l’euro, l’islam et l’immigration, pourrait récolter suffisamment de sièges pour faire perdre sa majorité au CSU. Ce n’est pas rien : en plus de 50 ans, le parti conservateur a toujours été majoritaire en Bavière, à une seule exception près.

À gauche, les Verts pourraient aussi en profiter en recevant le vote de Bavarois qui préfèrent une position très ferme en faveur de l’immigration et de l’ouverture aux étrangers.

Bref, c'est un scrutin où les positions extrêmes se renforcent mutuellement. Un scrutin dans lequel se reflètent les grandes tendances qui bouleversent l’échiquier politique européen depuis plus de deux ans.

La charia comme programme politique

En Belgique, les élections sont communales (municipales) ce dimanche. Et les propositions dont il a beaucoup été question sont celles, bien controversées, d’un petit groupuscule politique : le parti Islam.

Le parti n’a que deux élus communaux, mais il a beaucoup fait parler de lui en Belgique. Et pour cause : plusieurs de ses idées dérangent, jouent sur les craintes liées aux musulmans et à l’arrivée de migrants.

Le parti propose de suivre les principes de la charia (la loi islamique) pour améliorer la constitution belge. Ainsi, les tatouages et le tabac seraient interdits. On vendrait moins d’alcool. L’euthanasie serait interdite et la polygamie, légalisée.

Des affiches électorales, dont celles du parti Islam, qui se dit « l’alternative par excellence ».

Le controversé parti Islam a beaucoup fait parlé de lui malgré sa petite taille.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Le président du parti assure vouloir « améliorer les conditions de nos concitoyens ici en Belgique ». Ses suggestions ont été accueillies par une levée de boucliers un peu partout dans le pays.

D’abord, par les politiciens de droite, qui ont appelé à l’interdiction pure et simple du parti Islam. Pour la droite, ce groupe représente un possible début de transformation de la société belge en société islamique. Un message de peur pour motiver les électeurs inquiets.

La gauche n’est pas très réceptive non plus; on juge leurs idées nuisibles à l’importante minorité musulmane de Belgique. Des gens déjà victimes de préjugés dans une société déchirée, encore marquée par les attentats récents (une partie des auteurs des massacres au Bataclan a grandi en banlieue de Bruxelles).

Un vote identitaire

Le parti Islam ne semble pas avoir les appuis pour réaliser ses ambitions, mais un autre parti qui mise sur les questions identitaires pourrait faire sa marque. Le parti Be.One, un nouveau regroupement qui parle « d’égalité radicale ».

Ses propositions visent une égalité économique et sociale, sans distinction pour le genre ou l’origine socioculturelle. Ce n’est pas un parti de migrants, assure-t-on, même s’il est, entre autres, question de quotas à l’embauche d’immigrants dans la fonction publique.

Ce sont les performances de ce parti qui intéressent davantage la politologue Caroline Torrekens, de l'Université libre de Bruxelles. Elle croit qu’il existe un « réservoir de votes » pour un parti qui s’attaque aux discriminations. Tant que son message n’est pas extrémiste.

Une troisième voie, peut-être, plus modérée, entre les traditionnelles droite et gauche.

Sans nul doute, les résultats de ces scrutins régionaux seront observés avec une loupe identitaire par des politiciens européens. Ils y trouveront sûrement des leçons pour leur propre campagne, au printemps prochain.

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