•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment parler de cannabis avec ses enfants

Du cannabis séché dans un bocal ouvert
Le cannabis sera légal au Canada le 17 octobre Photo: Radio-Canada
CBC

À l'aube de la légalisation de la marijuana récréative au pays, nombreux seront les parents à vouloir entamer une discussion à ce sujet avec leurs enfants.

Le gouvernement fédéral rendra légale la consommation de marijuana le 17 octobre prochain. En Ontario, l’âge légal de consommation est fixé à 19 ans, alors que c’est 18 au Québec, du moins pour l’instant.

Le psychologue et professeur à l’Université d’Ottawa Darcy Santor dit que les parents qui souhaitent consommer du cannabis auront du mal à ne pas le normaliser aux yeux de leur enfant.

Si vos enfants vous voient en fumer, ils risquent de se dire que c’est acceptable d’en fumer.

Darcy Sanctor, psychologue et professeur à l'Université d'Ottawa

M. Darcy croit cependant qu’il n’est pas souhaitable que le cannabis soit soudainement perçu comme étant inoffensif. Il n’y a absolument aucune bonne raison de normaliser la consommation de cannabis pour les jeunes. Ce n’est tout simplement pas une bonne idée.

Mettre l’accent sur ce qui est bon pour la santé

Les parents devront se fier à leur instinct afin de créer des règles pour leur enfant, croit Maggie Mamen, psychologue familiale.

Un guide de discussion sur le cannabis du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substancesLe Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances a élaboré un guide de discussion sur le cannabis. Photo : Capture d'écran

Il vaut mieux mettre l’accent sur ce qui est bon pour la santé, plutôt que sur ce qui est légal, soutient la psychologue.

Il n’y a rien d’illégal à jouer aux jeux vidéo, mais la plupart des gens ne laissent pas leurs enfants le faire tout le temps, ajoute-t-elle. Je pense que les parents doivent avoir le courage d’établir des règles.

Mme Mamen rappelle que le plus gros problème du cannabis est qu’il fait diminuer la motivation, ce qui peut mener à des problèmes scolaires ou encore à une apathie généralisée.

Il y a également des études qui associent la consommation de cannabis à une augmentation du risque de souffrir de dépression, d’anxiété ou de schizophrénie, souligne Darcy Sanctor.

Il croit donc qu’il est primordial que les parents s’engagent dans une discussion franche plutôt que de se contenter d'émettre des avertissements.

C’est très facile de dire ‘’ne fais pas ci, ne fais pas ça, c’est mauvais pour toi ou ça va ruiner ta vie’’, mais ce n’est pas une façon efficace d’entamer une conversation.

Darcy Sanctor, psychologue et professeur à l’Université d’Ottawa

M. Sanctor suggère aux parents de tenter une entrée en matière en proposant aux enfants de l’information de source neutre, comme un article journalistique ou scientifique.

La comparaison avec l’alcool

L’alcool étant légal, certains font parfois des rapprochements entre les deux substances. Pour Amy Porath, directrice de la recherche au Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, cela ouvre la porte à des discussions entre parents et enfants sur les dépendances en général.

Amy Porath, directrice de la recherche au Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substancesAmy Porath, directrice de la recherche au Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances Photo : CBC

Le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances a par ailleurs élaboré un document (Nouvelle fenêtre) pour aider les échanges, soit un guide de communication sur le cannabis pour les alliés des jeunes.

Les enfants souhaitent pouvoir poser leurs questions sans avoir peur que leurs parents supposent qu’ils ont l’intention ferme de consommer du cannabis.

Amy Porath, directrice de la recherche au Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances

Mme Porath estime que les parents devraient discuter plus largement de l’usage de substances comme l’alcool, les opioïdes et le cannabis. Je pense que la légalisation se présente simplement comme une occasion de discuter.

Ottawa-Gatineau

Santé publique