•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le pasteur Andrew Brunson prie pour Donald Trump à la Maison-Blanche

Andrew Brunson et Donald Trump prient ensemble dans le bureau du président.
Le pasteur Andrew Brunson a demandé à Dieu de conférer à Donald Trump une « sagesse surnaturelle ». Photo: Reuters / Mike Theiler
Radio-Canada

Donald Trump a reçu à la Maison-Blanche le pasteur Andrew Brunson au lendemain de sa libération après deux ans de détention. Le président des États-Unis prédit des relations « bonnes, voire excellentes » entre son pays et la Turquie après la résolution de cet important conflit diplomatique.

M. Trump a d'ailleurs remercié son homologue, le président turc Recep Tayyip Erdogan, « pour son aide ». De tels propos sont aux antipodes de ceux tenus précédemment par le président à l'endroit du chef d'État turc.

M. Erdogan a rapidement esquivé les compliments de Donald Trump, rétorquant que la libération d’Andrew Brunson découlait d’une décision indépendante du système judiciaire turc, sans son intervention.

Après un arrêt médical en Allemagne, le pasteur Brunson a atterri samedi à Washington en compagnie de son épouse, Norine, et a ensuite rendu visite au président américain dans le bureau ovale de la Maison-Blanche en après-midi.

Le pasteur a affirmé avoir demandé à Dieu de conférer une « sagesse surnaturelle » à Donald Trump. Il a aussi dit au président : « Vous vous êtes vraiment battu pour nous. »

« Ce sera magnifique de le voir et de le rencontrer. C'est un grand chrétien qui a vécu une expérience tellement difficile », écrivait Donald Trump sur Twitter avant la rencontre.

L'ambassadeur américain Richard Grenell l'a accueilli pendant son escale. Le diplomate a tweeté que le pasteur était « presque à la maison » grâce à Donald Trump.

Quand je lui ai présenté le drapeau américain, il l'a immédiatement embrassé.

L'ambassadeur américain Richard Grenell

M. Brunson, qui vivait en Turquie depuis plus de 20 ans, a été emprisonné pendant 21 mois puis transféré en résidence surveillée en juillet dernier. Son histoire a créé une crise diplomatique entre Ankara et Washington.

Il était accusé d'entretenir des liens avec des séparatistes kurdes et des partisans de Fetullah Gülen, un opposant turc réfugié depuis 1999 aux États-Unis et auquel Ankara impute le coup d'État manqué de juillet 2016.

Entouré de médias et de gardes de sécurité, le pasteur américain Andrew Brunson se déplace vers l'aéroport d'Izmir, en Turquie.Le pasteur américain Andrew Brunson se déplaçant vers l'aéroport d'Izmir, en Turquie, après sa libération. Photo : Getty Images / Bulent Kilic

« Un pas nécessaire, mais insuffisant »

Les tensions avec les États-Unis ont eu des effets dramatiques récemment en Turquie. La crise financière a été aggravée par une dévaluation rapide de la lire, la monnaie du pays, et un apaisement des relations avec la puissance américaine devrait avoir un effet positif sur l'économie.

Du côté américain, la libération du pasteur Brunson permettra certainement à Donald Trump et au Parti républicain de marquer de très importants points auprès des chrétiens évangéliques, à quelques semaines des élections de mi-mandat.

Outre l'affaire Brunson, les relations entre les deux États membres de l'OTAN ont été mises à mal par le soutien américain aux rebelles kurdes du nord de la Syrie, mais aussi par la commande turque d'un système de défense antimissile russe et l'arrestation aux États-Unis d'un banquier turc soupçonné de violations des sanctions imposées à l'Iran. Ankara exige par ailleurs l'extradition de Fetullah Gülen.

Pour Jon Alterman, directeur de la section Moyen-Orient au Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, la libération du pasteur est « un pas nécessaire, mais loin d'être suffisant pour combler le fossé qui s'est creusé entre les États-Unis et la Turquie ».

Un ancien membre de la NASA possédant les nationalités turque et américaine est toujours détenu en Turquie pour terrorisme et trois employés locaux du consulat américain ont également été arrêtés.

« Nous espérons que le gouvernement turc libérera rapidement les autres citoyens américains détenus et le personnel @StateDept employé localement », a écrit le secrétaire d'État Mike Pompeo sur Twitter.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

Justice

International