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Lait diafiltré : l’élimination de la classe 7 pourrait faire mal aux producteurs canadiens

Entrevue avec le professeur Daniel-Mercier Gouin
Radio-Canada

L'abolition de l'entente qui permettait au Canada d'abaisser le prix du lait diafiltré et la limitation des exportations canadiennes de produits laitiers partout dans le monde ne sont que deux des clauses qui irritent les producteurs laitiers canadiens à la suite de la conclusion de l'Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC), explique le professeur Daniel-Mercier Gouin, de l'Université Laval, en entrevue à RDI économie.

Dans le jargon des producteurs laitiers, ce qu'on appelait la classe 7 permettait d'abaisser le prix du lait diafiltré au pays afin d'inciter les transformateurs et producteurs de choisir un produit canadien. Le lait diafiltré est un produit très riche en protéines qui entre dans la fabrication du yogourt et du fromage.

En vertu de l'AEUMC, les transformateurs canadiens ne pourront plus acheter des producteurs canadiens une protéine moins cher que le prix américain, indique M. Gouin.

Même s'il n'a pas lu les textes finaux, M. Gouin ne sait pas trop comment la protéine canadienne pourra être vendue aux transformateurs canadiens.

L'apparition de la classe 7 dans l'AEUMC est paradoxale, explique le professeur, car il ne s'agit pas d'une « décision gouvernementale. C’est une négociation qui a eu lieu entre les transformateurs et les producteurs canadiens pour résoudre le problème des importations de protéines américaines ».

Le gouvernement fédéral signe l’abolition d’une classe 7, qui ne relève pas de sa juridiction.

Daniel-Mercier Gouin, professeur en agroéconomie, Université Laval

Peut-on contester cette portion de l'AEUMC devant les tribunaux? C’est au moins discutable sur les principes, commente le professeur de l'Université Laval.

Un homme en train de traire une vache.Le nouvel accord de libre-échange prévoit l'arrivée d'une grande quantité de produits laitiers américains au Canada. Photo : Radio-Canada

A-t-on mal négocié?

Il est également surprenant aux yeux de Daniel-Mercier Gouin que le Canada ait accepté de « limiter quantitativement ses exportations de produits laitiers ».

On aurait pu accepter de diminuer nos exportations vers les États-Unis, mais ce qui est dans l’entente est une limitation de nos exportations dans le monde entier, explique-t-il.

Une vache laitière en Pennsylvanie. Une vache laitière en Pennsylvanie. Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Hormones dans le lait américain

Même si les hormones de croissance injectées aux vaches pour augmenter leur production laitière sont interdites au Canada, elles sont autorisées chez le voisin américain. Il sera « très difficile » d’arrêter à la frontière le lait qui en contient, selon le professeur Gouin.

On peut interdire un produit si on est capable de prouver scientifiquement qu’il y a un danger pour santé humaine. Or au Canada, on a interdit ces hormones sur la base « du bien-être animal parce que ça diminue la longévité des vaches. On les booste un peu plus et elles vivent moins longtemps », ajoute M. Gouin.

Du lait américain déjà en vente au Canada?

C'est le cas, mais cela n’a aucun lien avec l’AEUMC, indique M. Gouin. « C’est une mesure temporaire », accordée à Coca Cola pour une période de 18 mois le temps que la multinationale construise une usine en Ontario. Actuellement, dit-il, « il y a surtout de la protéine laitière américaine » dans les produits consommés au Canada.

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