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Le mode de scrutin préférentiel encore nébuleux pour les électeurs de London

Un homme dépose son bulletin dans une boîte de scrutin.
Les électeurs de London classeront les candidats par ordre de préférence. Photo: La Presse canadienne / Chris Young

La Ville de London utilisera le système préférentiel pour les prochaines élections municipales du 22 octobre prochain. Les électeurs pourront donc classer en ordre de préférence les candidats à la mairie et au poste de conseiller de quartier. Mais pour plusieurs électeurs de London, ce nouveau système est loin d'être clair.

Un texte de Rose St-Pierre

Plusieurs citoyens de London doutent que le nouveau mode de scrutin ait un véritable impact.

Certains, dont Philippe Morin, se demandent si les électeurs ne s’en tiendront pas à leurs habitudes de ne voter que pour un candidat. D’après moi, dit-il, ça ne va rien changer.

En effet, ceux qui se présenteront au bureau de scrutin dans deux semaines ne seront pas obligés d’effectuer trois choix. On peut s’en tenir à un seul choix, comme dans le cas des votes uninominaux à un tour, précise la greffière de la Ville de London, Cathy Sanders.

Pierre-Yves Béliveau, résident de London depuis 30 ans, compte d’ailleurs ne choisir qu’un seul candidat pour le poste de conseiller de son quartier.

C’est toute une mécanique qui n’est pas toujours claire. Mais ce qui est clair c’est que je ne suis pas obligé de faire trois choix. Et ça fait mon bonheur parce que je ne suis pas certain que je peux mettre trois choix.

Pierre-Yves Béliveau, résident de London

Il doute que les citoyens comprennent bien le nouveau système. Plusieurs seront perplexes le jour du vote, s’inquiète-t-il.

Dur changement d’habitudes

Pour les experts, cet ajustement est tout à fait normal.

Selon Michael Morden, directeur de la recherche au Centre Samara pour la démocratie, c’est toujours un défi de changer un mode de scrutin, en particulier dans le cas d’élections municipales.

Les villes ont de petits budgets, peu d’attention médiatique… c’est beaucoup plus complexe pour les citoyens de s’adapter.

Michael Morden, directeur de la recherche pour le Centre Samara pour la démocratie

M. Morden précise néanmoins que le mode de scrutin préférentiel est en général rapidement adopté des électeurs. Les recherches montrent que lorsque les citoyens sont exposés à ce mode de scrutin, ils aiment le système.

Avantages et inconvénients

Le mode de scrutin préférentiel est souvent présenté comme plus démocratique par les politologues.

Sous le système uninominal à un tour, il est possible d’élire des candidats avec de faibles taux, beaucoup plus bas que 50 % , explique Peter Graefe, professeur au département de science politique de l’Université McMaster.

C’est un système qui rend le gagnant plus légitime.

Peter Graefe, professeur à l’Université McMaster

Par contre, dans le cas d'élections municipales, le mode de scrutin préférentiel pourrait favoriser les élus sortants. Le citoyen qui doit faire une liste de préférences ne connaîtra pas nécessairement beaucoup de candidats, souligne-t-il. Même si le candidat sortant n’est pas le préféré de l'électeur, il risque de se retrouver en deuxième ou troisième choix.

Une inspiration pour Kingston et Cambridge?

Depuis 2016, les villes ontariennes peuvent choisir le mode de scrutin qu’elles préfèrent dans le cas d’élections municipales. Pour l’instant, seule la Ville de London a changé son mode de scrutin.

Les villes de Kingston et Cambridge tiendront un référendum sur la question lors du scrutin du 22 octobre.

Cependant, le taux de participation à ces référendums doit être d’au moins 50 % pour que le mode de scrutin municipal soit changé.

Aux élections municipales de 2014, 39,5 % des citoyens de Kingston ont voté. À Cambridge, le taux de participation était de 30 %.

Vote préférentiel

  • Le vote préférentiel permet d’éviter que des candidats soient élus avec moins de 50 % des voix.
  • Sur leur bulletin de vote, les électeurs sont invités à sélectionner les candidats par ordre de préférence.
  • Si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix, le dernier est éliminé et ses voix sont reportées sur les autres candidats, jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue.

Toronto

Politique municipale