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Du mouvement #moiaussi aux Derniers dieux, le roman de Simone Chaput

Portrait d'une dame d'âge mûr, aux cheveux mi-longs blonds et aux yeux bleus, qui sourit.
Avec « Les derniers dieux », l'écrivaine franco-manitobaine Simone Chaput en est à son dixième ouvrage sur environ 30 ans de carrière. Photo: Éditions du Blé
Radio-Canada

Avec son roman qui paraît ce mois-ci, l'écrivaine franco-manitobaine Simone Chaput met le doigt sur l'un des thèmes au cœur de l'actualité, le rapport entre les sexes, par un retour aux mythes fondateurs de la Grèce antique.

Un texte de Mathilde Monteyne

Qu’est-ce que cela fait, lorsqu’on est un homme, d’occuper le corps d’une femme? C’est cette question que l’auteure pose, dans cette dixième oeuvre, par le biais de Thierry, son personnage principal transformé en femme à la suite d’une punition divine.

« J’ai volé un récit des Métamorphoses d’Ovide, parce que j’ai toujours voulu écrire une version moderne d’un ancien mythe grec », explique Simone Chaput au micro de Martine Bordeleau, à l’émission L’actuel.

Thierry, dit-elle, fait référence à la figure mythologique de Tirésias, transformé en femme pour avoir troublé l’accouplement de serpents.

« Les thèmes de la mythologie grecque sont universels, mais je voulais voir la résonance de l’un d’entre eux en particulier au 21e siècle », indique l’auteure. C’est la raison pour laquelle elle s’est tournée vers les Éditions du Blé. La maison manitobaine a directement accepté de publier son roman, avant Leméac, son éditeur montréalais, qui voulait attendre que l’auteure soit davantage connue dans l’est du Canada.

À une époque où les allégations d’agression sexuelle se succèdent et où le mouvement #MeToo a pris une ampleur internationale, Simone Chaput estime qu’il est important de pouvoir se mettre l’un à la place de l’autre.

Sur un fond vert qui représente une feuille d'arbre est inscrit Les derniers dieux.Couverture du livre Les derniers dieux de l'écrivaine franco-manitobaine Simone Chaput Photo : Éditions du Blé

Dans la mythologie grecque, les dieux transforment souvent les humains pour les punir. Cependant, ce qui arrive à Thierry « est aussi un cadeau », affirme sa créatrice.

Une lecture qui fait voyager

Dans Les derniers dieux, le lecteur est invité au bord de l’océan et à New York. Si Simone Chaput se dit inspirée par les terres étrangères, sur lesquelles se déroulent bon nombre de ses romans, elle précise toutefois que le point de départ de ses récits est rarement un lieu mais, plus souvent, un personnage.

Dans son processus d’écriture, elle aime aussi « faire la part belle à l’imprévu ». Simone Chaput avoue d’ailleurs encore vivre ce processus comme de l’exploration : « Je pars avec quelque chose de très petit, puis je me laisse aller, je fais confiance à la langue. »

L’élégance du français

Et pour ce qui est de la langue, même si Simone Chaput a écrit deux ouvrages en anglais, elle a choisi la langue française. « J’ai choisi mon parti », dit-elle, ma langue d’écriture est le français. L’anglais, c’est une langue qui se prête très bien à la métaphore, c’est une langue sensorielle, tandis que le français est une langue beaucoup plus cérébrale, plus nuancée et très très élégante. »

Manitoba

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