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Les agriculteurs rêvent d’un meilleur accès aux chemins de fer canadiens

Un train avec des wagons à grain devant un élévateur à grain de l'entreprise Viterra.
Le nombre de barils de pétrole transporté chaque jour par rail est passé de 28 000 à 200 000 depuis 2012. Photo: La Presse canadienne / Troy Fleece
Radio-Canada

Les producteurs de grain du pays doivent de plus en plus se battre afin d'avoir accès aux rails du Canadien National (CN) et du Canadien Pacifique (CP), car le nombre de wagons accaparés par le pétrole des sables bitumineux augmente. Jeudi et vendredi, à Calgary, l'avenir du transport par rail faisait d'ailleurs l'objet d'une conférence à laquelle ont participé de nombreux agriculteurs.

Un texte de François Joly

« Les dernières années ont été difficiles, raconte le président de l'Association canadienne des producteurs de grain, Jeff Nielson. Certains clients se sont détournés du Canada. »

Les agriculteurs de l’Ouest canadien se plaignent depuis longtemps qu’il est difficile pour eux d’exporter leurs produits en raison du manque d’espace à bord des trains exploités par le CP et le CN.

Plan serré de Jeff Nielson au podium de la conférence sur le transport ferroviaire.Jeff Nielson rappelle que les producteurs disposent d'une courte fenêtre pour acheminer leur grain à l'étranger. Photo : Radio-Canada / François Joly

Ceux-ci sont de plus en plus accaparés par le transport du pétrole extrait des sables bitumineux. Selon les données de l’Office national de l’énergie, le nombre de barils de pétrole transportés chaque jour sur les chemins de fers canadiens est passé de moins de 30 000, en 2012, à plus de 200 000, en juillet 2018. Cette augmentation devrait continuer de s’accélérer. Un rapport rédigé par des économistes de la Banque Scotia prévoit que le débit quotidien pourrait atteindre 300 000 barils d’ici la fin de l’année.

Équilibrer la balance

Jeff Nielson espère que la réforme de la loi sur les transports, adoptée en mai dernier, donnera davantage d’outils aux agriculteurs au moment de négocier avec le CN et le CP. Les deux entreprises ferroviaires se retrouvent en situation de monopole dans plusieurs régions du pays, ce qui complique la vie des fermiers qui tentent d’expédier leur grain.

Ces derniers pourront plus facilement en appeler devant le gouvernement fédéral s’ils jugent que les transporteurs ne leur offrent pas un service adéquat. La nouvelle loi écourte également le délai accordé à l’Office des transports du Canada pour entendre ces plaintes.

Le président de la Fondation Van Horne, qui organisait la conférence, accueille favorablement plusieurs des changements, mais croit qu’ils ne régleront pas tous les problèmes des agriculteurs. « Tant qu’on aura une limite à la capacité d’exportation du pétrole, la demande demeurera élevée pour transporter du pétrole par train. »

Plan serré d'Alexander Phillips en entrevue devant la porte de la salle de réunion.Le président de la Fondation Van Horne, Alexander Phillips, est d'avis que seule la construction de nouveaux pipelines permettra de désengorger les chemins de fer. Photo : Radio-Canada

Des trains plus efficaces

D'ici là, la technologie, notamment l'intelligence artificielle, pourrait rendre les trains plus performants. Depuis plusieurs années, le CN et le CP cherchent à s’inspirer des compagnies aériennes en maximisant l’utilisation de leurs trains.

« C’est vraiment une poussée pour l’intégration de la technologie à bord des locomotives et pour la gestion de réseau, explique le vice-président aux opérations du Port de Montréal, Daniel Dagenais. On veut donc générer de la capacité sans avoir à agrandir la base d’infrastructures, sans prendre plus de mètres ou de kilomètres carrés pour faire des voies ferrées. »

Jeff Nielson dit quant à lui attendre la fin de la saison de récoltes pour voir si les changements promis par Ottawa accéléreront le transport des produits agricoles.

« Nous avons une petite fenêtre pour amener nos produits à l’étranger, explique-t-il. Dès janvier, le grain de l’Argentine et du Brésil va faire son entrée sur les marchés. »

C’est donc une course contre la montre qui s’annonce encore cette année pour les agriculteurs canadiens.

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