•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les rivières, ces « autoroutes » de la nation huronne-wendat

L'autoroute Dufferin-Montmorency vue d'une rive de la rivière Saint-Charles à Québec
La rivière Saint-Charles à Québec Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les rivières du Cap-Rouge, Beauport, Montmorency et Saint-Charles étaient « nos autoroutes », rappelle la nation huronne-wendat. La communauté va s'assurer que la présence historique des autochtones sur le territoire de la Ville de Québec sera mise en valeur par le projet « Rêvons nos rivières ».

Un texte de David Rémillard

Pendant que les urbanistes de la Ville plancheront sur différents aménagements pour faciliter l'accès à ces cours d'eau, le Conseil de la Nation huronne-wendat sera en train de fouiller dans ses archives, de faire appel à ses historiens et ses anthropologues.

« On est le chien de garde de notre histoire, de notre patrimoine, de l'histoire qui entoure ces quatre rivières-là », soutient d'emblée Louis Lesage, directeur au Bureau du Nionwentsïo du Conseil de la Nation huronne-wendat.

Nionwentsïo signifie « notre magnifique territoire », en langue wendat. Un territoire chargé d'histoire, dont certains pans sont parfois oubliés, selon lui.

« On était là quand Donnacona a accueilli Jacques-Cartier [à l'embouchure de la rivière Saint-Charles]. C'est un incontournable qu'on va mettre de l'avant », a dit M. Lesage. Il rappelle également l'importance « mythique » de la chute Montmorency pour les Hurons, notamment ses pêcheurs.

Quand tout ça va être terminé,qu’il y aura une bonne signature huronne-wendat pour ces quatre rivières-là.

Louis Lesage, directeur au Bureau du Nionwentsïo

Les rivières étaient « les autoroutes d'autrefois », poursuit M. Lesage. « C'était la Capitale, Henri-IV, Laurentienne. C'est carrément ça. C'étaient nos voies de navigation. » 

Que ce soit pour se diriger vers Québec pour le commerce ou remonter vers « le Bouclier canadien » pour la chasse et la pêche, les rivières étaient intrinsèquement liées au mode de vie traditionnel.

Le Conseil n'a pas encore statué sur la façon d'intégrer son histoire dans le cadre de « Rêvons nos rivières ». Chose certaine, « il y aura une bonne signature huronne-wendat ».

« Ces rivières-là ont toutes des toponymes hurons-wendat, nos ancêtres les ont baptisées selon ce qu'elles veulent dire », cite M. Lesage à titre d'exemple.

Le Bureau du Nionwentsïo détient de vieilles cartes « datant de 1820 » et d'autres archives qui serviront à définir leur apport au projet.

Une relation à fêter

Louis Lesage estime que l'occasion est aussi belle pour s'adonner à un peu de « pétage de bretelles ». Wendake et Québec évoluent selon lui « en symbiose », ce qui n'est pas le cas pour l'ensemble des communuautés autochtones au pays.

Et pourquoi ne pas profiter de « Rêvons nos rivières » pour s'en vanter.

De manière contemporaine, c'est de dire que les Hurons sont encore là, on est encore présents. On est une nation qui a une relation absolument remarquable et harmonieuse avec la Ville de Québec.

Louis Lesage

La Ville de Québec a confirmé qu'elle consultait Wendake depuis le lancement de « Rêvons nos rivières », en 2016.

Des échanges plus concrets devraient avoir lieu lorsque le projet en sera à des étapes plus avancées.

La Ville prévoit former un comité consultatif en 2019. D'autres consultations publiques sont aussi prévues. Toutefois, aucun échéancier n'a été établi pour la réalisation des travaux.

Québec

Autochtones