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Rencontre avec sœur Florence Vuignier, l'une des dernières Chanoinesses

Sœur Florence Vuignier

Sœur Florence Vuignier avait 6 ans lorsqu'elle a intégré le pensionnat du couvent géré par les Chanoinesses.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après plus d'un siècle de présence à Notre-Dame-de-Lourdes, la congrégation des Chanoinesses n'a plus aucune représentante dans ce village francophone situé à 100 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg. Voici l'histoire de Florence Vuignier : devenue Chanoinesse à l'âge de 19 ans, elle est l'une des dernières religieuses à avoir quitté Notre-Dame-de-Lourdes.

Tranche de vie est une chronique signée Abdoulaye Cissoko

C'est au musée des pionnières et des Chanoinesses à Notre-Dame-de-Lourdes que j'ai rencontré la religieuse. À 78 ans, les souvenirs de sœur Florence Vuignier sont presque intacts.

Cette native de Notre-Dame se plaît à raconter qu'elle est la plus jeune des sœurs du Sauveur, dont la plus âgée a aujourd'hui 94 ans. Elle poursuit avec un brin d'humour : « Je fais partie d'une espèce en voie d'extinction ».

Tranche de vie est un nouveau rendez-vous mensuel auquel vous convie Abdoulaye Cissoko. Dans le cadre de cette chronique, il rencontrera des Manitobains et se penchera sur divers aspects de la vie au Manitoba.

Si l'expression peut prêter à sourire, elle n'est pas dénuée de sens. Car sœur Florence Vuignier est l'une des huit sœurs qui sont encore membres de la congrégation des Chanoinesses Régulières des Cinq Plaies – devenue les sœurs du Sauveur en 1967.

La dernière religieuse qui y habitait encore a quitté Notre-Dame-de-Lourdes en février dernier.

 Sœur Florence Vuignier

Le regard nostalgique de sœur Florence Vuignier devant cette horloge qui a rythmé sa vie de pensionnaire au couvent.

Photo : Radio-Canada

Sœur Florence se souvient pourtant, que par moment, la congrégation comptait jusqu'à une centaine de membres. Aujourd'hui, les huit sœurs du Sauveur résident dans des foyers pour personnes âgées dans le quartier Saint-Boniface, à Winnipeg.

Sa première rencontre avec les Chanoinesses

Sa première rencontre avec les Chanoinesses remonte à 1946. Florence Vuignier avait 6 ans lorsqu'elle a intégré le pensionnat du couvent géré par ces religieuses.

Cette aînée d'une fratrie de sept enfants y passera ses trois premières années scolaires. « On nous enseignait surtout l'anglais. On apprenait le français seulement à la fin des cours réguliers. Les sœurs n'avaient pas le droit d'enseigner le français autrement, car c'était interdit », se souvient-elle.

Elle a fréquenté plus tard l'école Beausale à Notre-Dame-de-Lourdes, avant de retrouver la vie du couvent jusqu’en neuvième année. « J'ai beaucoup aimé être pensionnaire. Je connaissais presque toutes les sœurs, c'était comme une grande famille », souligne-t-elle.

Entrée au couvent comme postulante en 1959, elle devient religieuse trois ans plus tard. Un choix qui, dit-elle, cadrait avec ses convictions.

Même avant d'intégrer la congrégation, j'aimais beaucoup les sœurs et la vie de prière. Sur le plan spirituel, ça m'a marquée. Il y avait aussi la joie de vivre.

Sœur Florence Vuignier

Après deux années au Québec, la religieuse est retournée au Manitoba en 1965 pour y suivre une formation d'infirmière auxiliaire.

À la fin de ses études, elle a intègré le foyer Notre-Dame à Notre-Dame-de Lourdes, puis l'infirmerie des sœurs du Sauveur. « J'ai travaillé dans un premier temps dans les foyers et par la suite j'étais responsable du couvent », se souvient-elle.

Florence Vuignier

Florence Vuignier a résidé à Notre-Dame jusqu'en 2013 avant de s'installer à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

L'établissement a fermé ses portes en 2004. Une résidence pour personnes de 55 ans et plus a été construite à l'emplacement de l''ancien couvent et un monument a été érigé sur le lieu à la mémoire de la congrégation.

Après la fermeture du couvent, sœur Florence est restée à Notre-Dame jusqu'en 2013 avant de déménager à Saint-Boniface.

Quand on lui demande ce qu'elle pense de cette transition et de la fin de la congrégation, elle répond avec philosophie: « C'est la vie. Il faut savoir s'adapter aux circonstances de la vie. Le bon Dieu ne nous a pas permis d'avoir une vie éternelle comme communauté, mais comme individu, on a accompli notre mission », dit-elle.

Une fois par semaine, les sœurs du Sauveur se rencontrent pour échanger et se remémorer leur vie de religieuses à Notre-Dame-de-Lourdes.

L'arrivée des Chanoinesses au Canada

Venue de Lyon, en France, les Chanoinesses sont arrivées à Notre-Dame-de-Lourdes en 1895 à la demande de Dom Benoît, fondateur de la Paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes, et de Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface.

Le 18 juin de la même année, Mère Honorine Chanut et les sœurs Octavie Montet et Marie-Jospeh Bontron foulèrent le sol de Notre-Dame. Le 1er juillet, elles enseignaient à une trentaine de jeunes.

Les Chanoinesses vont aussi prendre soin des personnes âgées et travailler dans les hôpitaux comme infirmières et accompagnatrices de malades, en plus d'œuvrer pour la promotion de la vie artistique et culturelle à Notre-Dame.

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