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La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys pourrait cesser d'admettre de nouveaux élèves

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys dit accueillir 50 nouveaux élèves par semaine depuis la rentrée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les écoles de l'ouest de l'île de Montréal débordent, déplore la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), si bien qu'il ne sera bientôt plus possible, pour les enfants des nouvelles familles qui arriveront dans la région au cours des prochains mois, de trouver une place.

En poste depuis 2005, la présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, est peu présente dans les médias – beaucoup moins, en tout cas, que son homologue de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon. Mais cette fois, la situation est exceptionnelle.

« C'est du jamais vu », soupire-t-elle. « C'est une situation qui est très difficile à vivre, et pour les élèves, et pour le personnel. »

Car la CSMB est aux premières loges d'un important problème : celui de la surpopulation dans les écoles. Depuis la rentrée, 2700 élèves de plus que prévu y ont été admis.

« Dans nos bâtiments, il n'y a plus d'espace », avertit Mme Lamarche-Venne. « On a agrandi tout ce qu'on pouvait de l'intérieur; on a ajouté des classes modulaires cette année; on construit, on fait des demandes de construction, d'agrandissement; et malgré tout ça, on reçoit plus d'élèves que prévu. »

On reçoit plus d'élèves que les prévisions du ministère et, en ce moment, on n'est plus capable de trouver des locaux pour accueillir des groupes.

Diane Lamarche-Venne, présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

Depuis la rentrée, la CSMB accueille pas moins de 50 nouveaux élèves par semaine dans ses écoles primaires et secondaires, une situation inédite, selon sa présidente, qui parle d'une « année record ».

Mme Lamarche-Venne demande une rencontre d'urgence avec le futur ministre de l'Éducation, qui devrait être connu jeudi prochain. Elle aimerait notamment le convaincre de simplifier le processus réglementaire pour construire de nouvelles écoles.

En attendant, la présidente de la CSMB aimerait pouvoir louer des locaux dans les écoles des commissions scolaires anglophones – une demande qui a déjà été formulée dans le passé par la CSDM, mais qui avait été mal accueillie par une partie de la communauté anglo-montréalaise.

Une élève de dos devant un écran.

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys dit accueillir 50 nouveaux élèves par semaine depuis la rentrée.

Photo : Radio-Canada

L'année scolaire vient à peine de commencer que déjà 12 des 14 écoles secondaires de la CSMB ont excédé leur capacité d'accueil fonctionnelle.

C'est le cas par exemple de l'École secondaire Saint-Laurent, fréquentée cette année par 700 élèves. Les cours de théâtre doivent être donnés au café étudiant, lui-même construit dans une ancienne garderie que l'école a dû annexer. Dehors, des classes modulaires ont aussi été ajoutées.

Enseignante de français et d'entrepreneuriat, Nathalie Dubois estime que la surpopulation de cette école de l'arrondissement Saint-Laurent compromet la qualité de l'enseignement.

C'est comme de dire : "On a une douzaine d'oeufs et on va essayer d'ajouter des oeufs dans la douzaine d'oeufs". À un moment donné, ça craque, ça casse. Ça ne fonctionne pas.

Nathalie Dubois, enseignante à l'École secondaire Saint-Laurent

Mais la situation n'est pas qu'inconfortable : elle est même dangereuse, selon elle.

« Ce n'est pas sécuritaire du tout », prévient l'enseignante. « Le nombre de conflits, on le voit, augmente. »

Pour éviter tout débordement, le conseil des commissaires a adopté une résolution pour faire en sorte que plus aucun nouveau groupe ne soit formé dans les écoles de son territoire.

C'est donc dire qu'à partir de maintenant, les élèves seront ajoutés au compte-gouttes, dans des groupes déjà existants.

« Il y a quand même des places-élèves disponibles sur le territoire de Marguerite-Bouregoys », admet Diane Lamarche-Venne. Mais « probablement que d'ici le mois de janvier, on va frapper un mur », prévient-elle.

Avec la collaboration de Nancy Caouette et Jean-Sébastien Cloutier

Grand Montréal

Éducation