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Pour Legault, francophonie rime avec économie

Legault en mission pour l'économie

François Legault assure être « très content » de ce qu'il a accompli au sommet de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), où il dit avoir expliqué « la priorité [qu'il] compte donner au développement économique » de la province au cours des quatre prochaines années.

Un texte de François Messier

Le premier ministre désigné du Québec affirme qu’il a martelé son message économique lors de chacune des rencontres bilatérales qu’il a pu avoir au cours du sommet, tenu à Erevan, en Arménie.

Il y a notamment rencontré le premier ministre canadien Justin Trudeau, le président français Emmanuel Macron ainsi que les dirigeants de la Suisse, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.

Chacun d’eux a eu droit au même message, a résumé M. Legault : le Québec souhaite « augmenter les échanges commerciaux » avec eux, question de réduire sa dépendance au marché américain, qui absorbe bon an, mal an 70 % de ses exportations.

« Bien sûr, il y a l’Europe; bien sûr, il y a l’Asie; mais si on a une vision le moindrement à moyen terme, l’Afrique va avoir un rôle important à jouer dans le développement économique mondial des 25 prochaines années », a-t-il observé.

Dans cet esprit, le premier ministre désigné a profité de l’occasion pour annoncer un nouveau programme d’échange destiné aux « nouveaux entrepreneurs de la Francophonie », qui sera géré par les Offices jeunesse internationaux du Québec. Son gouvernement investira 4,5 millions sur quatre ans pour « couvrir une partie des coûts » qui y seront associés.

« Je suis très content de ce programme qui va permettre à des jeunes entrepreneurs de la Francophonie de venir utiliser les services de certains incubateurs qu’on a au Québec dans plusieurs grandes villes », a-t-il précisé. Des Québécois pourront aussi faire de même dans des pays de la Francophonie.

Ce sera l’occasion dans plusieurs domaines, incluant bien sûr le numérique et l’intelligence artificielle, d’avoir des échanges avec des jeunes entrepreneurs de la Francophonie.

François Legault

« Je vais m’attendre qu’avec l’Afrique, on puisse augmenter de façon importante les échanges commerciaux, a encore dit M. Legault. C’est une opportunité exceptionnelle, à cause de la Francophonie, de pouvoir partager avec ces gens-là, et de développer des marchés qui ont un potentiel énorme pour les prochaines années. »

L’économie et le français d’abord, les droits de la personne ensuite

François Legault dit être « assez d’accord » avec le président Macron, selon qui l’OIF doit d’abord s’investir dans la promotion du français et dans le développement des échanges économiques dans l’espace francophone. « Je pense que ça vient ensemble », a-t-il commenté.

« Quand on crée dans un pays une bonne classe moyenne, il y a une évolution du côté de la démocratie, des droits humains, a-t-il fait valoir. Oui, l’OIF a une responsabilité » en matière de promotion des valeurs démocratiques, « mais je souhaite quand même qu’on se concentre beaucoup sur le français et l’économie ».

Évidemment que la question démocratique, les questions de l’égalité entre les hommes et les femmes, les questions des droits humains, on doit continuer de s’y pencher, mais pas au détriment du français et de l’économie.

François Legault

M. Legault n’a pas caché qu’il avait « un certain malaise » face au fait que la nouvelle secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, soit issue d’un pays où le français a été éliminé des programmes scolaires au profit de l’anglais et où les droits humains sont parfois bafoués.

« Mais c’est des enjeux que j’ai abordés avec le président du Rwanda [Paul Kagamé], s’est-il défendu. Je pense qu’il faut tenir compte de l’amélioration qui s’est faite depuis 1994. Je pense qu’il y a encore de l’amélioration à faire. »

M. Legault s’est donc rallié au consensus qui s’est dégagé autour de la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, au détriment de la présidente sortante, l’ex-gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean.

« L’avenir de la Francophonie passe par l’Afrique. Donc, à partir du moment où il y a un consensus des pays africains, je pense qu’on se devait d’appuyer ce consensus », a-t-il déclaré.

Un administrateur québécois à l'OIF

M. Legault doit vraisemblablement faire preuve de diplomatie dans ce dossier, dans la mesure où il souhaite que Mme Mushikiwabo, qui « connaît très bien le Québec », selon lui, accepte qu’un Québécois devienne administrateur de l’OIF. Il dit avoir abordé le sujet avec le président Kagame et la nouvelle secrétaire générale de l’organisation.

On [le] souhaiterait. On ne veut pas l’imposer. […] On a commencé à proposer des noms. On va probablement continuer à le faire.

François Legault

« Je pense que cette personne-là devrait être en place quelque part au mois de mars, donc, on a quelques mois devant nous, a-t-il ajouté. Mais il faut aussi que la secrétaire générale soit à l’aise avec le principal administrateur [ou] la principale administratrice qui sera choisie. On souhaiterait que ce soit quelqu’un du Québec. »

L'OIF est la seule organisation gouvernementale multilatérale dont le Québec est membre à part entière.

À Paris l'an prochain

Le premier ministre désigné a aussi annoncé que le président Macron l’a invité à venir le rencontrer à Paris l’an prochain, une offre qu’il a acceptée avec « beaucoup de plaisir ».

Il a par ailleurs annoncé en fin de conférence que l'ex-ministre libérale Line Beauchamp, qui est déléguée générale du Québec à Paris depuis un peu plus de deux ans, a tout son soutien.

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