•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Université Laval : relations interdites entre profs et étudiants

Le reportage de Maxence Bilodeau
Radio-Canada

Les relations intimes entre étudiants et professeurs en position d'autorité seront bientôt interdites à l'Université Laval, qui a dévoilé vendredi son projet de politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel.

L’Université Laval précise que des rapports intimes, tels qu’amoureux ou sexuels, seront permis entre un étudiant et un membre du personnel, à condition que ce dernier n’exerce pas de fonction « pédagogique ou d’autorité ».

Les employés en question devront faire preuve de transparence en informant l’Université de leur relation.

« Dès qu’il y a une relation d’autorité […] le jugement devient biaisé, souligne Lyne Bouchard, vice-rectrice aux ressources humaines. La qualité de l’apprentissage de l’étudiant est affectée. On souhaitera que le personnel se retire de la relation d’autorité si la personne souhaite continuer la relation personnelle. »

L'Université veut inciter à la dénonciation, en éliminant complètement le délai de prescription pour porter plainte, actuellement fixé à deux ans.

Centre d’intervention

La nouvelle politique, élaborée par la direction, le personnel et les associations étudiantes, prévoit la création d’un Centre d’intervention et de prévention des violences à caractère sexuel (CIPVACS).

Ce centre pourrait voir le jour au pavillon Desjardins, mais le local et le nombre de personnes qui vont y travailler restent à déterminer.

Sophie D'Amours
La rectrice Sophie D'Amours Photo : Radio-Canada

La rectrice, Sophie D'amours, confirme aussi que tous les membres du personnel et les étudiants devront se soumettre à une formation en ligne afin d'établir clairement la notion de consentement et ce qui constitue un comportement acceptable sur le campus.

Toutes ces mesures seront mises en oeuvre en septembre. « Notre objectif, c’est de mettre ça en place le plus rapidement possible », a affirmé la porte-parole de l’Université, Andrée-Anne Stewart.

L’Université Laval est le premier établissement universitaire à dévoiler une telle politique en vertu de la loi 151, qui vise à combattre les violences à caractère sexuel.

Situation préoccupante

L’an dernier, l’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire révélait que 40 % des étudiants de l’Université Laval rapportaient avoir subi une forme de violence sexuelle. Seulement 6 % avaient signalé ou dénoncé de telles situations.

Ces gestes allaient du regard offensant à la relation sexuelle imposée en passant par la menace de diffuser du contenu sexuel sur Internet.

Québec

Société