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Nombre de pompiers à Saint-Jean : le syndicat tire la sonnette d’alarme

Une tour en feu à la raffinerie de Saint-Jean.
L'incendie du 8 octobre 2018 à la raffinerie Irving de Saint-Jean. Photo: Facebook
Radio-Canada

Dans la foulée de l'incendie en début de semaine à la raffinerie de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le syndicat des pompiers affirme que les conséquences du sinistre auraient pu être bien pires.

Peter Alexander, président du syndicat, affirme qu’il est « miraculeux » que personne n’ait été tué lors de l’explosion et de l’incendie qui s’en est suivi.

Nous n’avons même pas le nombre de pompiers qu’il nous faut pour nous attaquer efficacement à un incendie ordinaire… Imaginez un incident majeur comme celui que nous avons connu lundi , lance-t-il.

Peter Alexander, président du syndicat des pompiers de Saint-Jean.Peter Alexander, président du syndicat des pompiers de Saint-Jean. Photo : Facebook

Le service d’incendie compte 151 pompiers à temps plein et 25 remplaçants. C’est 60 de moins – 15 de moins par quart de travail – qu’il y a 20 ans. L’effectif a été réduit lors de périodes de coupes budgétaires.

Dans le même temps, le nombre d’appels d’urgence a augmenté de 2500 par année.

Les appels ont augmenté de 300 %, mais notre personnel a diminué de 30 %, déplore Peter Alexander.

Les conséquences, dans le cas d’incendies industriels comme celui de lundi à la raffinerie, pourraient être catastrophiques, dit-il.

Près de 3000 personnes travaillaient à la raffinerie au moment de l’explosion. Un grand nombre de travailleurs contractuels étaient présents pour participer à une grande opération d’entretien de l’usine. Officiellement, seulement cinq d’entre eux ont subi des blessures, mineures dans tous les cas.

L’enquête se poursuit sur les causes précises de la déflagration, a priori provoquée par le dysfonctionnement d’une machine qui retire le soufre du diesel.

Il faut s'estimer heureux, selon Peter Alexander, que l’explosion n’ait pas déclenché une réaction en chaîne, considérant le volume de carburants et de gaz sur les lieux.

Une gerbe de flammes s'échappe de la raffinerie.L'explosion a été ressentie à des kilomètres à la ronde. Photo : Doug McLean

Les risques sont grands à Saint-Jean, ville industrielle

M. Alexander ajoute que la raffinerie n’est qu’une des usines dans la région de Saint-Jean. La ville portuaire et ses environs comptent aussi une centrale nucléaire, un port méthanier, une centrale thermique et une usine de pâtes et papiers.

Pensez au déraillement au Québec et ce qui est arrivé lorsque des wagons remplis de mazout se sont renversés, dit-il, en parlant de la tragédie de Lac-Mégantic qui a fait 47 morts en 2013. Ces wagons étaient d’ailleurs destinés à la raffinerie de Saint-Jean.

M. Alexander affirme qu’il faudrait 32 pompiers de plus à Saint-Jean, mais redoute que la Ville s’apprête plutôt à faire d’autres compressions, lors de son prochain budget.

Le maire Darling : un bilan somme toute satisfaisant

Le maire, Don Darling, a répondu par courriel, jeudi. Sans répondre directement aux préoccupations de Peter Alexander, il écrit que la lutte contre l’incendie s’est bien passée dans la mesure où il n’y a eu aucun mort, personne de sérieusement blessé et pas de dommages majeurs aux propriétés privées.

Un homme debout avec des réservoirs de pétrole en arrière-planLe maire de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, Don Darling Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Il réitère toutefois qu’il faudra réviser tous les aspects de cet incident et de la réaction des autorités. Il affirmait mardi que des discussions ciblées avec des représentants des industries locales s’imposaient et qu’on ne pouvait permettre que des événements comme celui de lundi deviennent routiniers.

Déjà, au début de l’année, un quartier résidentiel de Saint-Jean avait dû être évacué à la suite d’une fuite de butane qui avait duré quelques jours.

Les discussions ont commencé, affirme le maire Darling dans son courriel. Il promet de faire le point lorsque l’examen de l'incendie à la raffinerie sera terminé.

Avec les renseignements de Bobbi-Jean MacKinnon, CBC

Nouveau-Brunswick

Prévention et sécurité