•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La durée d’une saison de grippe varie selon la taille de votre ville

La grippe : une maladie mais aussi une oasis dans le désert hivernal de nos obligations

Les chercheurs se sont penchés sur l'influence du milieu urbain sur la saison de la grippe.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'arrivée des températures plus froides de l'automne signale aussi le retour de la saison de la grippe. Une nouvelle étude montre que cette saison peut toutefois se dérouler de façons bien différentes selon qu'on habite une grande ville ou un plus petit centre urbain.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Le virus de la grippe est l’un des plus imprévisibles que l’on connaisse. Plusieurs facteurs jouent un rôle sur la transmission du virus tels que les variations dans le type de souche elle-même, le niveau de contact entre deux personnes, l’efficacité de leur système immunitaire ou le degré d’humidité dans l’air.

Les travaux d’une équipe de scientifiques américains (Nouvelle fenêtre) viennent de montrer que la taille des villes a aussi un rôle à jouer dans la progression des infections.

Selon leurs résultats, les régions moins densément peuplées sont les plus à risque de connaître des saisons grippales intenses et courtes, tandis que les grandes villes risquent de se retrouver aux prises avec des saisons beaucoup plus longues.

Les chercheurs ont fait ce constat en suivant les données de santé provenant de 603 villes à travers les États-Unis, entre 2002 et 2008.

Dans les villes de 100 000 habitants, la majorité des infections survenait sur une courte période de temps, généralement autour d’un pic à un moment précis au cours de l’hiver.

De leur côté, les grandes villes de plus d’un million d’habitants vivaient une saison plus diffuse dans le temps. Et si le nombre total d’infections était plus élevé pour l’ensemble de la saison, ces dernières ne survenaient pas toutes au même moment.

Ces résultats suggèrent que les petites villes sont plus susceptibles de vivre des épidémies où un grand pourcentage de la population sera infecté au cours d’une même période, ce qui risque de surcharger le réseau de la santé local. Pendant ce temps, les grandes villes connaîtront une saison beaucoup plus longue, mais avec moins d’épisodes intenses.

Temps sec et proximité

Le virus de l’influenza est capable de se propager facilement dans l’air. Son principal mode de transmission se retrouve dans du mucus ou de la salive transformés en aérosol par un éternuement ou de la toux.

Il peut alors voyager dans l’air sur une courte distance et se retrouver sur différentes surfaces en attente d’un contact humain.

Toutefois, la quantité de temps qu’il est capable de passer en dehors du corps sans être détruit varie énormément selon la température ambiante.

Des études ont déjà montré que le virus pouvait rester infectieux hors du corps pendant plus d’une journée lorsque l’air était sec, comme celui qui accompagne les températures plus froides. Par contre, le virus semble avoir de la difficulté à se propager dans des conditions plus humides.

Lorsqu’il se trouve dans un grand centre urbain densément peuplé, le virus n’a pas besoin d’attendre les grands froids de l’hiver pour commencer à circuler. La proximité des gens les uns avec les autres permet à la saison grippale de débuter à des moments où la température s’y prête moins et de se prolonger.

Par contre, dans les régions moins peuplées, le virus aura besoin de conditions propices à sa propagation pour favoriser ses chances d’entrer en contact avec une autre personne. C’est pour cette raison qu’un pourcentage plus important de la population va tomber malade à l’arrivée du temps froid et sec.

Pour les chercheurs, ces résultats montrent que les stratégies pour contrer la progression de la grippe doivent être adaptées à la densité de la population, y compris des méthodes pour réduire la contagion dans les grandes villes et de meilleures ressources pour faire face à des vagues d’infections dans les régions moins peuplées.

Maladie

Science