•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De nouveaux chiens renifleurs pour la nouvelle loi sur le cannabis

Un policier tient un chien en laisse devant une voiture de police.
Le policier Jeff Rotinsky travaillera plus régulièrement avec Ivy, un malinois d'un an et demi, qui est dressé pour ne pas détecter le cannabis. Photo: Radio-Canada / Holly Caruk
Radio-Canada

À l'aube de la légalisation du cannabis, un changement sociétal et législatif important, les membres du Service de police de la Ville de Winnipeg se préparent en formant de nouveaux policiers à quatre pattes qui doivent être entraînés pour ne pas détecter le cannabis.

L'unité canine du service de police de Winnipeg doit changer la manière dont les chiens renifleurs de drogue sont formés afin qu'ils ne signalent plus la présence de marijuana et évitent d'éventuelles complications juridiques.

« Si j'utilise ma chienne qui a appris à détecter la marijuana après le 17 octobre et qu’elle détecte la substance, nous pourrions nous retrouver en situation de fouille illégale », affirme Jeff Rotinsky, un maître-chien de la police de Winnipeg.

Il explique que sa chienne, Mya, peut détecter toutes sortes de narcotiques et de stupéfiants comme la méthamphétamine, le fentanyl, l’héroïne, le crack, la cocaïne, l’ecstasy et le cannabis ou ses produits dérivés comme le haschich.

Cet ensemble de compétences pose quand même un problème. À partir du 17 octobre, il ne sera plus évident si elle a trouvé de la marijuana légale ou une substance illicite.

Elle ne peut pas soulever une patte et dire que c'est de la marijuana, et soulever l'autre patte et dire que c'est de la cocaïne.

Jeff Rotinsky

Si un chien renifleur détectait de la marijuana légale et que les policiers procédaient à une fouille, les preuves amassées dans ce contexte pourraient être rejetées devant le tribunal.

Nouveaux chiens pour une nouvelle loi

Selon Jeff Rotinsky, il serait difficile de tenter d’entraîner les chiens actuels pour qu'ils cessent de repérer la marijuana et leur utilisation serait facile à contester par un avocat de la défense.

Pour répondre à ce problème, le maître-chien a commencé à travailler avec un deuxième chien, Ivy, durant cette année. Il s’agit du premier chien renifleur de drogues du Service de police de la Ville de Winnipeg à être entraîné à ne pas reconnaître l’odeur du cannabis.

Selon lui, il faudra dresser davantage de chiens ainsi.

Chaque chien coûte environ 40 000 $ à acquérir et à entraîner, mais il peut travailler de 10 à 12 ans.

« Nous [les policiers] travaillons pour le chèque de paie, mais les chiens le font pour obtenir une balle », affirme-t-il.

Un chien tient une balle dans sa bouche.La chienne Mya peut détecter toute sorte de narcotique et stupéfiants comme la méthamphétamine, le fentanyl, l’héroïne, le crack, la cocaïne, l’ecstasy, le cannabis ou ses produits dérivés comme le hachich. Photo : Radio-Canada / Holly Caruk

D’autres activités pour les chiens

La police de Winnipeg compte à l’heure actuelle 12 chiens renifleurs. De ce nombre, 10 sont formés à la détection de drogues ainsi qu’à d'autres tâches, comme la recherche de suspects.

Après la légalisation, Mya ne sera utilisée que dans certaines situations où ses compétences en matière de détection d'autres substances illicites seront requises.

Elle est la seule chienne au Manitoba à avoir été entraînée à détecter du fentanyl, ce qui est important dans les situations où la sécurité des policiers pourrait être menacée.

Elle vieillit un peu, mais elle aime toujours travailler et elle est très douée.

Jeff Rotinsky

Ivy, âgée d'un an et demi, travaillera avec Jeff Rotinsky et Mya dans les cas où l'entraînement au cannabis de Mya présenterait un problème juridique.

Jeff Rotinsky souhaite garder Mya après sa retraite. Il lui en coûtera 1 $ pour l'acheter au service de police.

« Elle fait partie de la famille, mes enfants jouent avec elle tout le temps, raconte-t-il. Ces chiens sont aussi importants pour nous que n'importe qui d'autre, ce sont nos coéquipiers, ils sont notre gagne-pain. Je prendrais une balle pour ma chienne, car je sais qu'elle m'aiderait aussi. »

D'après les informations d'Holly Caruk.

Manitoba

Drogues et stupéfiants