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Uber : Québec prolonge le projet pilote pour une troisième année

Le logo de l'application de service de voiture Uber sur un téléphone intelligent.
Uber roulera en toute légalité au Québec pour une troisième année, jusqu'à la mi-octobre 2019. Photo: Getty Images / NICOLAS MAETERLINCK

Le ministre des Transports, André Fortin, a pris une dernière décision avant de céder sa place au gouvernement élu de la Coalition avenir Québec : prolonger pour une troisième année le projet pilote permettant aux chauffeurs d'Uber de rouler en toute légalité sur les routes du Québec. Ce projet pilote devait prendre fin dimanche.

L'arrêté ministériel (Nouvelle fenêtre) a été publié dans la Gazette officielle du Québec dans son édition de vendredi matin.

La prolongation d’une année « vise à permettre la collecte et l’analyse d’informations additionnelles sur les services offerts [...], de même qu’à poursuivre l’étude des impacts sur les services de transport par taxi », a indiqué le gouvernement par voie de communiqué.

Lancé officiellement en octobre 2016, le projet pilote avait été renouvelé l'automne dernier, ce que permettait l'arrêté ministériel du précédent ministre, Laurent Lessard.

Le gouvernement Legault approuve

Bien qu'aucun ministre des transports n'ait encore été nommé au sein du futur gouvernement de François Legault, le cabinet du nouveau premier ministre s'est déclaré vendredi matin en faveur du prolongement du projet pilote qui maintiendra Uber en service au Québec pendant encore un an.

Selon Ewan Sauves, attaché de presse de la CAQ, le parti « a toujours été en faveur du progrès, de l’innovation et de l’économie de partage et collaborative ».

« Nous sommes d’avis qu’Uber est un service qui doit être encadré », ajoute M. Sauves.

La prolongation d’une année du projet pilote vise justement à nous donner le temps de faire les choses dans l’ordre et de créer un environnement plus sain et équitable pour toute l’industrie du transport rémunéré de personnes, au bénéfice des consommateurs.

Ewan Sauves, attaché de presse de la Coalition avenir Québec

Selon M. Sauves, un ou une ministre responsable de ce dossier sera nommé dès le 18 octobre prochain.

Les chauffeurs de taxi se disent trahis par Legault

Cet appui de la CAQ à une prolongation d'un an du projet pilote a fait bondir les chauffeurs de taxi, qui accusent Uber de mener une concurrence déloyale depuis plusieurs années en exploitant des taxis hors des normes sécuritaires, fiscales et commerciales qui leur sont imposées.

Dans un communiqué intitulé « Nouveau gouvernement, même angle mort », les membres du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) et des Taxis du Grand Montréal et Rive-Sud (TGM) ont exprimé leur déception face à la décision du futur gouvernement caquiste qui ne s'est pas donné la peine, selon eux, de consulter l'industrie du taxi avant d'appuyer la mesure libérale.

François Legault s'était pourtant engagé auprès d'eux à le faire lors de la campagne, soulignent les chauffeurs de taxi.

Lors de notre rencontre du 28 septembre dernier, dans son autobus, à Québec, François Legault a pris l’engagement d’être équitable envers notre industrie et de nous consulter avant d’en modifier le cadre. Il n’a pas perdu de temps pour faire le contraire.

Abdallah Homsy, Regroupement des intermédiaires de taxi du Québec

Selon les deux regroupements de chauffeurs de taxi, en autorisant les 10 000 chauffeurs d'Uber à exercer leurs activités au Québec pendant deux ans sans vérifications sécuritaires de leur dossier ni de leur véhicule, le gouvernement libéral a relégué au second plan la sécurité des Québécois et c'est, selon eux, ce que s'apprête à faire aussi le gouvernement Legault en approuvant la prolongation du projet d'un an.

« En renouvelant le projet pilote, François Legault maintient l’impunité pour des chauffeurs délinquants qui n’ont jamais été vérifiés par un corps de police », dénoncent la RITQ et le TGM.

Qu'adviendra-t-il des dédommagements?

Selon des données transmises par le gouvernement Couillard à l'époque, la première année du projet pilote autorisant Uber à exercer ses activités a engendré des pertes de 500 millions de dollars pour les chauffeurs de taxi de la province.

Or, les libéraux, qui s'étaient engagés à dédommager les propriétaires de taxi pendant ce projet pilote, ne leur ont versé qu'environ 250 millions de dollars, déplorent les deux organismes qui se demandent si la CAQ maintiendra cette politique de dédommagement.

Le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) représente plus de 1000 chauffeurs de la région de Québec alors que les Taxis du Grand Montréal et Rive-Sud réunissent plus de 5000 chauffeurs de Montréal et de la Rive-Sud.

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