•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des employeurs se préparent à la légalisation du cannabis

Le reportage de Marlène Joseph-Blais
Radio-Canada

À quelques jours de la légalisation du cannabis, des employeurs rappellent à leur personnel que les drogues n'ont pas leur place au travail. Dans les derniers mois, des patrons ont élaboré de nouvelles mesures pour s'assurer que leurs employés ne se présenteront pas au travail sous l'effet du cannabis.

Un texte de Laurence Royer avec les informations de Marlène Joseph-Blais

Que se passera-t-il si une personne consomme légalement du cannabis à la maison tout juste avant de se rendre au travail? Des entreprises réfléchissent depuis longtemps à cette question. Des employeurs souhaitent encadrer l'utilisation de cette substance pour éviter que ses effets affectent les travailleurs.

Beaucoup d'entreprises et d'organismes publics ont déjà une politique qui interdit de posséder, de consommer ou de vendre de la drogue sur les lieux de travail. Malgré sa légalisation, le cannabis restera interdit dans leurs installations.

C’est notamment le cas de l'entreprise Produits forestiers Résolu, affirme son porte-parole, Karl Blackburn. Que ce soit pour l'alcool et la drogue, c'est tolérance zéro, précise-t-il. On travaille dans un environnement où il y a des équipements qui comportent un risque et, pour nous, la sécurité, c'est non négociable. 

Karl BlackburnLe porte-parole de Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn Photo : Radio-Canada

Hydro-Québec interdira également à ses employés de travailler sous l'effet du cannabis, mentionne la porte-parole Julie Dubé.

De la même façon qu'on n'accepterait pas quelqu'un avec les facultés affaiblies par l'alcool, on n'acceptera pas les gens qui ont les facultés affaiblies par le cannabis.

Julie Dubé, porte-parole d'Hydro-Québec

La Ville de Baie-Comeau soumettra ses employés à la même règle. Le coordonnateur aux communications de la Municipalité, Mathieu Pineault, note que le travail sous l'influence d'une drogue peut être particulièrement risqué au volant d'un véhicule ou aux commandes d'équipement lourd.

Des employés de la Ville de Baie-Comeau Des employés de la Ville de Baie-Comeau Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Les employés qui travaillent sur appel devront aussi s’abstenir de consommer du cannabis. Dans les tempêtes de neige, on ne sait pas vraiment à quel moment les gens peuvent être appelés, ajoute Mathieu Pineault. Ça fait partie de la responsabilité. Il faut que les gens s'assurent d'être en état quand ils viennent travailler. 

Opération de déneigement à Baie-Comeau, mars 2017.Opération de déneigement à Baie-Comeau, mars 2017 Photo : Radio-Canada

Tests de dépistage

Des entreprises effectuent des tests de dépistage de drogues lors de l'embauche. À Hydro-Québec, par exemple, des examens médicaux sont imposés aux candidats qui souhaitent occuper un emploi jugé critique, comme dans une centrale hydroélectrique.

À l'approche du 17 octobre, la société d’État a montré à tous ses employés une capsule d'information sur le cannabis. Les gestionnaires d’Hydro-Québec ont aussi reçu des formations pour qu'ils puissent reconnaître une personne dont les capacités sont affaiblies par le cannabis.

Produits forestiers Résolu fera également des tests de dépistage quand elle aura des doutes sur les habitudes de consommation de ses travailleurs, affirme Karl Blackburn.

Lorsqu'il y aura des présomptions de comportements suspicieux ou d'habitudes un peu bizarres auprès de certains de nos travailleurs, nous aurons la capacité de les interpeller directement, dit-il. À force de pousser notre évaluation, on pourra demander de passer des tests de dépistage. 

Des sanctions sont prévues si les travailleurs ont bel et bien consommé.

Cannabis en milieu scolaire

Pour d'autres organisations, la réflexion par rapport au cannabis se poursuit. C'est le cas à la Commission scolaire de l'Estuaire, qui compte environ 1000 employés de Tadoussac à Baie-Trinité.

L’agente aux communications à la Commission scolaire, Patricia Lavoie, mentionne qu’une nouvelle politique est en préparation pour encadrer les droits des travailleurs et pour pouvoir sévir à leur endroit si l’employeur le juge nécessaire.

C'est vraiment de s'adapter, de se donner des outils pour gérer ce changement-là dans la société, mais ce n’est absolument pas problématique chez nous, actuellement.

Patricia Lavoie, agente aux communications à la Commission scolaire de l'Estuaire
Une enseignante dans une classe de primaireLa Commission scolaire de l'Estuaire prépare une politique pour encadrer la consommation de cannabis de ses employés. Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Accompagner les travailleurs dans leurs dépendances

Les dirigeants d'entreprise veulent offrir un environnement de travail sécuritaire à leurs employés, mais ils souhaitent aussi accompagner ceux qui ont un problème de consommation.

À Hydro-Québec, notamment, les employés ont le devoir d'informer leur employeur quand ils souffrent d'une dépendance à l'alcool ou aux drogues.

Côte-Nord

Drogues et stupéfiants