•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Affaire Cindy Gladue : des associations veulent changer les lois sur la prostitution

Des manifestants devant la mairie d'Edmonton avec des pancartes.
Comme jeudi devant la Cour suprême du Canada, des manifestants étaient présents à Edmonton, le 2 avril 2015, en mémoire de Cindy Gladue. Photo: La Presse canadienne / Topher Seguin
Radio-Canada

Au moment où la Cour suprême se penche sur l'affaire Cindy Gladue, une coalition nationale de groupes de femmes demande plus de mesures pour lutter contre la violence envers les femmes et dénonce un système judiciaire injuste.

« Nous sommes ici pour réclamer justice pour Cindy Gladue, pour toutes les femmes, qui sont aux prises avec un système de justice qui nie leurs droits », affirme Diane Matte, de l'association Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle.

Accompagnée d'autres responsables d'associations qui luttent contre les violences faites aux femmes dans tout le Canada, Diane Matte demande que la justice établisse la prostitution comme une forme de violence auprès des femmes.

« Aucune femme ne devrait avoir à subir ce que Cindy Gladue a subi, ni avoir à subir l'ultime acte misogyne qu'elle a subi, c'est-à-dire le meurtre d'une femme par un homme », dit-elle.

Servir d'exemple

Dans ce cas précis, il s'agit d'un acte lié au racisme vécu dans le pays par les femmes autochtones, selon les intervenantes qui ont pris la parole mercredi, à la veille de l'appel en Cour suprême de Bradley Barton, l'homme accusé du meurtre de Cindy Gladue.

La mort de Cindy Gladue doit servir d'exemple et rappeler que ce qui lui est arrivé n'est pas un événement isolé au Canada, selon la porte-parole de la maison d'hébergement Vancouver Rape Relief, Hilla Kerner.

« On est face à une affaire de prostitution à l.intérieur, dans un endroit sécurisé... Tous les facteurs qui sont censés protéger les femmes n'ont pas permis à Cindy Gladue d'éviter la mort », soutient-elle.

Ces associations de droits des femmes sont unanimes : « Il faut dire non à la prostitution. » Elles demandent au gouvernement fédéral des mesures immédiates afin d'améliorer la sécurité économique des femmes en difficulté, un plus grand nombre de programmes d'aide pour les femmes toxicomanes et de soutien pour aider les travailleuses du sexe de s'en sortir.

Des propos racistes durant le premier procès

Cindy Gladue, une travailleuse du sexe crie, avait été retrouvée morte dans un motel d'Edmonton en 2011. Elle venait d'avoir une relation sexuelle rémunérée avec Bradley Barton, un camionneur ontarien. Le rapport aurait été violent, mais consenti, selon Bradley Barton.

Il a été reconnu non coupable du meurtre en 2015, mais la Cour d'appel de l'Alberta a ordonné un nouveau procès en juin 2017, soulignant un vice de procédure.

Nayoung Kim, de l'association Les femmes asiatiques pour l'égalité, pendant la conférence de presse à Ottawa.Les propos racistes et misogynes durant le procès de 2015 auraient désavantagé Cindy Gladue, selon Nayoung Kim, de l'association Les femmes asiatiques pour l'égalité. Photo : CBC

En 2015, le jury était composé de neuf hommes et deux femmes, mais d'aucun Autochtone. Selon Nayoung Kim, de l'association Les femmes asiatiques pour l'égalité, des propos racistes auraient été tenus lors du procès.

« L'accusé a utilisé des arguments racistes et misogynes pour se défendre », explique-t-elle. « Son avocat a décrit à maintes reprises [et] de manière inappropriée Cindy Gladue comme une prostituée autochtone. »

Selon les organismes de défense de droits des femmes, cette manière de faire a désavantagé Cindy Gladue pendant le procès.

Alberta

Procès et poursuites