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Un hôpital de Toronto ouvre une maternité pour Autochtones

Une cérémonie autochtone dans une chambre d'hôpital décorée de symboles autochtones.
La chambre autochtone, une première en Ontario, a été inaugurée jeudi. Photo: Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau
Radio-Canada

À Toronto, l'Hôpital Michael Garron dans l'est de la métropole a inauguré jeudi dans son aile pédiatrique une salle de convalescence selon les traditions autochtones. Il s'agit d'une première en Ontario.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La salle de convalescence ressemble à une chambre de maternité conventionnelle, si ce n’est que les murs ont été peints selon les traditions autochtones : le jaune pour l’est, le rouge pour le sud, le noir pour l’ouest et le blanc pour le nord. Ces quatre couleurs représentent aussi les peuples d’Asie, des Amériques, d’Afrique et d’Europe.

Les signes des trois grands ensembles autochtones du Canada y sont également représentés : le cercle aux quatre couleurs ceinturé de plumes pour les Premières Nations, le huit blanc renversé à l’horizontal pour les Métis du Canada et l’inukshuk pour les Inuits.

Des animaux sont peints sur les murs ainsi qu'au plafond.Des animaux sont peints sur les murs ainsi qu'au plafond. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Les esprits de sept animaux révérés qui ont été dessinés sur les murs complètent l’imagerie. Rien n’a été laissé au hasard, puisque le plafond a été peint aux couleurs du ciel avec un aigle qui surplombe le centre de la pièce.

Tous les dessins ont été peints à la main par des membres de la communauté, dont Ernest Matton qui est le responsable du programme de guérison autochtone dans cet hôpital.

M. Matton, qui se prénomme Petit Ourson brun dans sa nation ojibwée, est donc guérisseur. C’est lui qui a béni la pièce lors d’une cérémonie émouvante à laquelle une quinzaine de personnes ont participé.

Cette chambre aidera les nouvelles mères à se remettre de leur accouchement et transmettra aux générations futures notre mode de vie ancestral.

Petit Ourson brun

La chambre honore les sept vertus cardinales de sa nation : l’amour, la bravoure, l’honnêteté, l’humilité, le respect, la sagesse et la vérité.

Du cèdre, du tabac, du foin d’odeur et de la sauge ont été accrochés au mur, toujours selon les points cardinaux. Ce sont les quatre herbes médicinales sacrées des Premières Nations. Si on prend le cèdre par exemple, on peut en faire du thé avec de l’eau et cela donne une nouvelle sensation dans notre corps, ce qui nous permet de marcher avec fierté dans le droit chemin, explique Petit Ourson brun.

Petit Ourson brun et Sarah Downey, présidente de l’Hôpital Michael Garron devant un mur décoré de cerfsPetit Ourson brun et Sarah Downey, présidente de l’Hôpital Michael Garron Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Réconciliation

L’Hôpital Michael Garron affirme que l’initiative était appropriée dans la perspective de la réconciliation nationale avec les peuples autochtones. Sa présidente, Sarah Downey, parle d’un long voyage d’apprentissage. Il fallait comprendre les barrières, les situations qui se présentent où les personnes autochtones ne se sentaient pas à l’aise... comment les accueillir, comment incorporer leurs traditions de vie au sein d’un milieu médical.

Mme Downey rappelle en outre que les Autochtones forment 1,5 % de la population du quartier que son établissement dessert dans East York.

Il était important de reconnaître cette communauté, parce que ses membres ont besoin d’un accès à des services de santé pour leurs enfants et de créer un lieu qui leur était familier.

Sarah Downey, présidente, Hôpital Michael Garron
Deux ours peints sur un mur.Tous les dessins ont été peints par des membres de la communauté. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

La chambre de guérison n’est toutefois pas uniquement réservée aux femmes autochtones de l’établissement. M. Matton explique que la culture autochtone est très inclusive.

Mme Downey précise par ailleurs qu’il est tout à fait possible de marier la science moderne et le mode de vie ancestral des Autochtones. Il y a de nombreuses façons d’y parvenir, comme offrir un entraînement aux professionnels de la santé pour qu’ils sachent créer un tel environnement, mais aussi un lieu physique qui apporte les esprits, les animaux ou la philosophie de vie des Autochtones au sein du milieu où ils vont recevoir des soins.

D’autres projets du genre sont à l’étude. Les Autochtones du quartier ont par exemple demandé à l’administration de l’hôpital de créer une salle de purification à l’encens comme il en existe déjà à l’hôpital de Penetanguishine.

La population amérindienne affiche le taux de croissance le plus rapide parmi tous les Canadiens. Selon Statistique Canada, ce segment de la population a augmenté de 42,5 % depuis 2006.

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