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Vente de cannabis : les conseillers devront avertir les clients des dangers potentiels

Un homme tient un joint de cannabis entre ses doigts et il le montre devant de lui.
Il n'y aura pas de vente sous pression, assure la Société québécoise du cannabis. Photo: iStock
Radio-Canada

Malgré la légalisation du cannabis, il n'y aura pas de vente sous pression dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC). Sans décourager la consommation, les conseillers auront pour mandat de limiter les quantités de cannabis acheté et de promouvoir les produits moins puissants.

Un texte de Davide Gentile

Dans un résumé du guide de formation des futurs conseillers, on détaille d'abord les deux principaux composants du cannabis : le THC, qui induit l'euphorie, et le CBD, qui a plutôt des propriétés apaisantes. La SQDC propose donc aux conseillers de promouvoir les produits dont la teneur en CBD est plus élevée.

« Tout consommateur doit être encouragé à choisir des produits avec une concentration en CBD plus importante et en THC plus faible, afin de limiter les risques d'effets indésirables. » Même prudence en ce qui a trait aux doses proposées aux clients. « Toujours conseiller au consommateur de débuter par de faibles doses », indique-t-on dans le document de formation.

Une image représentant une future succursale de la Société québécoise du cannabis. La Société québécoise du cannabis veut éviter de projeter « une image négative » du cannabis. Photo : Courtoisie

Les conseillers devront multiplier les mises en garde quant aux risques du cannabis pour la santé. Ainsi, selon le guide, on conseillera aux clients d'attendre « d'être plus âgés avant de commencer à prendre du cannabis ». En effet, on reprend ici l'assertion des psychiatres qui affirment que la consommation de cannabis peut entraver le développement du cerveau chez les moins de 25 ans. Et on rappelle aussi les risques que comporte le cannabis pour la santé mentale de certaines personnes et ses répercussions potentielles sur les performances scolaires.

Les conseillers de la SQDC vont donc conseiller aux clients de « réduire la fréquence d'usage du cannabis » et d'éviter de jumeler alcool et tabac.

« L'alcool intensifie l'effet d'euphorie du cannabis. L'un peut augmenter l'effet de l'autre », indique-t-on dans le document. Les conseillers avertiront aussi les consommateurs que cannabis et conduite ne font pas bon ménage. « On rappelle qu'il est formellement interdit au Québec de conduire après avoir consommé du cannabis », peut-on y lire.

Détente, euphorie et meilleures expériences sexuelles

Cependant, il souligne aussi l'importance de ne pas projeter une image négative du cannabis. La SQDC affirme même vouloir faire tomber les tabous liés à la consommation du cannabis.

Consommer des produits du cannabis ne doit pas être présenté comme un vice ou une maladie.

Extrait du résumé du guide de formation de la SQDC

Quant aux effets potentiels, on informe les futurs conseillers que le cannabis peut induire « la détente, l'euphorie, de meilleures expériences sociales, sexuelles ou spirituelles ».

Mais du même souffle, la SQDC rappelle à ses employés que leur rôle n'est pas de promouvoir le cannabis ou d'essayer de stimuler les ventes. On interdit aux vendeurs ou aux conseillers de suggérer des produits supplémentaires ou de faire la promotion des vertus du cannabis.

Les vendeurs devront éviter de discuter de leur vécu avec les clients. Il leur sera interdit « de partager des expériences personnelles de consommation ou d'usage de cannabis ».

Pour limiter les risques, les conseillers de la SQDC proposeront des modes de consommation autres que le fait de fumer du cannabis.

En effet, la SQDC vendra aussi des gélules et des huiles de cannabis. Là encore, on fera preuve de prudence, puisque les produits ingérés peuvent faire effet pendant 4 à 12 heures. « Il faut donc absolument aviser les consommateurs du long délai d'action afin d'éviter des effets indésirables et inattendus. »

À noter : chacune des succursales de la Société québécoise du cannabis qui ouvrira ses portes mercredi prochain aura un agent de sécurité.

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