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« Cessons de diaboliser le cannabis », dit une psychologue

Du cannabis à usage récréatif sur une table.
La légalisation du cannabis entrera en vigueur le 17 octobre. Photo: Radio-Canada / Daniel Coulombe
Radio-Canada

La légalisation du cannabis n'entraînera peut-être pas le chaos que plusieurs appréhendent. Une psychologue croit même qu'elle pourrait contribuer à mieux lutter contre les problèmes de dépendance.

Un texte de Louis Gagné

« On va enfin pouvoir mieux connaître nos consommateurs, mieux connaître la dépendance, faire des recherches vraiment plus facilement », affirme en entrevue à Radio-Canada Candide Beaumont, directrice clinique à l’Association des intervenants en dépendance du Québec.

« Il va bien sûr y avoir de bons et de mauvais côtés, probablement pour certaines personnes, mais on aura la chance de mieux les traiter, de mieux les rejoindre et peut-être aussi de faire une meilleure prévention auprès des jeunes et de la population en général », ajoute la psychologue.

Sans minimiser les risques associés à la consommation de cannabis, notamment sur la santé mentale et la capacité de conduire, Candide Beaumont soutient qu’ils sont sans commune mesure avec ceux liés à l’absorption d’alcool.

Candide Beaumont accorde une entrevue à l’animateur du Téléjournal Québec Bruno Savard.Candide Beaumont, psychologue Photo : Radio-Canada

« L'alcool est la première drogue dangereuse de nos consommateurs. C'est elle qui fait le plus de ravages. Le cannabis […] n'atteint jamais les niveaux de dangerosité de l'alcool, tant au plan physique, social et travail », insiste-t-elle.

Il faut aussi aller voir ce qu’il y a en arrière. Quel est le contexte de la consommation, sa dangerosité, l'état mental de la personne qui en prend et tout ça, et non pas seulement diaboliser des substances.

Candide Beaumont, psychologue

Adaptation

On ignore pour l’instant si la légalisation du cannabis aura une incidence à la hausse sur la consommation de la substance.

Quoi qu’il advienne, Candide Beaumont assure que les psychologues appelés à traiter les problèmes de dépendance seront en mesure d’affronter la situation. Le problème, dit-elle, n’est pas la légalisation, mais la surconsommation.

Elle mentionne qu’elle et ses collègues sont formés pour déceler les problèmes liés à la consommation de cannabis ou de toute autre substance.

C'est une adaptation qu'on a à faire, mais le cannabis légal, ce n'est pas un monstre.

Candide Beaumont, psychologue

Signe que la légalisation est au goût du jour, Candide Beaumont et le psychiatre Didier Jutras-Aswad ont présenté un séminaire sur le cannabis et la santé mentale, jeudi, dans le cadre du 25e congrès de l’Ordre des psychologues du Québec.

L’événement se déroule jusqu’à samedi au Centre des congrès de Québec.

Avec les informations recueillies par Bruno Savard

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